« Sans les autres, je ne se­rais rien »

Beau­coup de sé­ré­ni­té chez l’ou­vreur de L’ASM qui réa­lise une très grande sai­son

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Top 14 Finale - En­tre­tien réa­li­sé par Ch­ris­tophe BU­RON

On a ap­pris hier que vous ne par­ti­riez fi­na­le­ment pas en tour­née avec le XV de France la se­maine pro­chaine, pour quelle rai­son ? Dé­jà, ce­la ne change rien à la pré­pa­ra­tion de cette fi­nale. On a eu une dis­cus­sion à trois, avec le staff tri­co­lore, ce­lui de Cler­mont et moi. J’ai joué 31 matchs cette sai­son... En plus, je vais en pro­fi­ter pour avoir une in­ter­ven­tion chi­rur­gi­cale, ça reste per­son­nel et ce se­ra pro­fi­table pour moi.

Beau­coup d’ob­ser­va­teurs ont dé­cla­ré que vous aviez fran­chi un pa­lier cette sai­son, est-ce votre sen­ti­ment ? Je ne sais pas, c’est sym­pa de l’en­tendre. J’ai eu la chance, en ar­ri­vant à Cler­mont il y a trois ans, de jouer dès la pre­mière sai­son des phases fi­nales, si­tua­tion que je ne connais­sais pas. Quand on joue ces matchs de haut ni­veau, à forte in­ten­si­té et en­jeux, mal­gré des ré­sul­tats pas tou­jours po­si­tifs, on se construit en tant que joueur et on aborde en­suite ces ren­dez-vous dif­fé­rem­ment. Je me sens plus confor­table au­jourd’hui, c’est cer­tain.

Qu’est ce que vous en­ten­dez par plus confor­table, sur le plan men­tal ou stra­té­gique ? C’est es­sen­tiel­le­ment sur l’as­pect psy­cho­lo­gique. Je me mets moins de pres­sion. Même s’il n’y a ja­mais de fa­ci­li­té dans l’ap­proche de ces matchs, je suis plus à l’aise, plus se­rein. In­con­tes­ta­ble­ment en­tré dans une nou­velle di­men­sion cette sai­son, Ca­mille Lo­pez a prou­vé sur tous les matchs de phases fi­nales de son club de­puis le quart eu­ro­péen face à Tou­lon, qu’il avait la poin­ture pour as­su­mer le rôle de joueur dé­ci­sif. Ce soir, tou­jours face aux Tou­lon­nais, Cler­mont comp­te­ra sur l’homme de Mau­léon, qui joue­ra sa qua­trième fi­nale avec L’ASM, comme ti­tu­laire, de­puis son ar­ri­vée à l’été 2014.

Est-ce qu’il y a un match cette sai­son où vous vous dites que vous avez réel­le­ment pro­gres­sé ? C’est dif­fi­cile à sor­tir un match par­ti­cu­lier. Et puis, mon cas per­son­nel reste se­con­daire. Si j’ai pu m’ex­pri­mer, c’est parce que l’équipe m’a mis en avant aus­si, per­mis de faire de bonnes choses. Sans les autres au­tour, je ne se­rais rien. J’ai fait des bons matchs parce que l’équipe de Cler­mont a tour­né cette sai­son de belle ma­nière. On pour­rait ci­ter tous les joueurs sur la qua­li­té de cette sai­son.

Être de­ve­nu cette sai­son le nu­mé­ro 1 in­con­tes­table à Cler­mont vous a-t-il li­bé­ré ? Oui, j’en avais par­lé en dé­but de sai­son, le dé­part de Brock James a eu un ef­fet. In­cons­ciem­ment, le fait qu’il ne soit plus là m’a cer­tai­ne­ment li­bé­ré. Il était quel­qu’un d’im­por­tant dans le groupe et dans le club, il in­ter­ve­nait beau­coup, ce qui était lo­gique. Même si j’avais du temps de jeu, j’ai sans doute eu un peu ten­dance à m’ef­fa­cer.

Pou­voir en­chaî­ner avec le XV de France, mal­gré des ré­sul­tats en dent de scie, vous a-t-il ai­dé éga­le­ment ? For­cé­ment. Quand le staff de l’équipe de France te re­nou­velle sa confiance d’un match à l’autre sur l’in­té­gra­li­té d’une com­pé­ti­tion comme le Tour­noi, c’est tou­jours bé­né­fique. Ce­la m’a per­mis de tra­vailler dans la sé­ré­ni­té et d’em­ma­ga­si­ner de la confiance, c’est évident. Pour moi, c’est hy­per po­si­tif. En club, j’ai éga­le­ment cette confiance, c’est im­por­tant pour abor­der les grosses échéances sans stress.

En no­vembre der­nier, face à l’aus­tra­lie, vous en­trez en jeu et à la der­nière se­conde vous ra­tez le drop de la vic­toire. Vous aviez alors fa­ci­le­ment re­bon­di en sui­vant, est-ce que ce­la au­rait été le cas une ou deux sai­sons au­pa­ra­vant ? Peut-être, je ne sais pas. A l’époque, j’avais dit que c’était un fait de jeu. C’était tout bon ou tout mau­vais. Là, j’ai eu faux, mais je ne me suis pas ar­rê­té des­sus. Je me suis dit qu’il fal­lait conti­nuer à tra­vailler. Le fait d’en­chaî­ner de suite m’a per­mis d’éva­cuer fa­ci­le­ment. Il y a deux ans, ce­la au­rait été plus com­pli­qué, c’est vrai..

Vous avez tou­jours dit avoir be­soin d’une com­pli­ci­té avec Mor­gan Par­ra (de­mi de mê­lée), vous vous êtes dit quoi cette se­maine ? Rien de plus qu’une autre se­maine. On n’a rien chan­gé dans notre fonc­tion­ne­ment ni notre re­la­tion. De­puis que je suis à Cler­mont, on échange avec Mor­gan, aux en­traî­ne­ments, sur le ter­rain, en de­hors... Même si on joue une fi­nale, on n’a pas cher­ché à faire dif­fé­rem­ment.

Cler­mont a vrai­ment be­soin de va­li­der po­si­ti­ve­ment son par­cours... Si on est là, c’est pour va­li­der par un titre notre sai­son. On a dé­jà connu une dé­faite ici, il y a deux ans, l’en­vie est forte bien sûr d’en ga­gner une car, à un mo­ment, en res­tant po­li, tu te dis « y en a plein le c... » Après, quel que soit le ré­sul­tat, en pre­nant du re­cul, on se di­ra qu’on a quand même fait une belle sai­son. On a at­teint les deux fi­nales, beau­coup de joueurs et de clubs ai­me­raient les jouer. Tout ne se­ra pas à je­ter non plus.

Per­son­nel­le­ment, à quand re­monte votre der­nier titre ? Hou­là... c’est vieux. Il re­monte à dix ans, en 2007 donc, cham­pion de France en Ba­lan­drade (moins de 18 ans) avec Mau­léon.

« On a at­teint deux fi­nales, beau­coup de joueurs et de clubs ai­me­raient les jouer »

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