L’in­dus­trie lai­tière en quête de bras

Ré­seau de for­ma­tion l’an­fo­peil re­ven­dique des em­plois et de la for­ma­tion

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Ré­gion ac­tua­li­té - Pierre Cham­baud pierre.cham­baud@cen­tre­france.com

L’an­fo­peil, ré­seau de for­ma­tion pour l’in­dus­trie lai­tière, a ras­sem­blé plu­sieurs Enil (Écoles na­tio­nales de l’in­dus­trie du lait), les pro­fes­sion­nels et les an­ciens élèves, dans une as­sem­blée gé­né­rale à Au­rillac. Au pro­gramme : les dif­fi­cul­tés de la fi­lière à re­cru­ter, alors que l’as­so­cia­tion pro­pose des for­ma­tions.

«Il ne se passe pas une se­maine sans qu’il n’y ait un re­por­tage à charge… » C’est ain­si que Vé­ro­nique Drouet, se­cré­taire gé­né­rale de l’an­fo­peil (As­so­cia­tion na­tio­nale pour la for­ma­tion et le per­fec­tion­ne­ment des per­son­nels en in­dus­trie lai­tière et agroa­li­men­taire) et di­rec­trice de l’école na­tio­nale de l’in­dus­trie du lait et de la viande (Enilv) de La­roche­sur­fo­ron (Haute­sa­voie), ex­plique les dif­fi­cul­tés de la fi­lière in­dus­trielle du lait à re­cru­ter.

Car les offres ne manquent pas se­lon Di­dier Jou­bert, pré­sident de l’an­fo­peil. Il re­ven­dique ain­si une cen­taine d’em­plois non pour­vus sur la pla­te­forme d’em­ploi mai­son, enil­job.com. Mais en face de ces offres, les bras ne viennent pas. « On paye l’image de l’agroa­li­men­taire, ana­lyse Vé­ro­nique Drouet. Alors que les pro­duits lai­tiers ont une bonne image, les jeunes pensent qu’il n’y a plus de re­la­tion avec le pro­duit. C’est faux. »

Le pré­sident in­siste de son cô­té sur la di­ver­si­té des offres d’em­plois pro­po­sées, dans des struc­tures dif­fé­rentes : de la pe­tite struc­ture à la grosse, des pe­tites qua­li­fi­ca­tions jus­qu’aux cadres, de fro­ma­ger à tech­ni­cien de la­bo­ra­toire.

En face, le ré­seau An­fo­peil met en place trois types de for­ma­tion. Les Enil, ou Enilv si l’en­sei­gne­ment in­tègre la viande, s’oc­cupent des for­ma­tions ini­tiales, pour les jeunes : il y en a six en France, dont une à Au­rillac, au sein du ly­cée Georges­pom­pi­dou.

Il existe aus­si des for­ma­tions à la carte, au sein d’en­tre­prises qui ont des de­mandes par­ti­cu­lières, et en­fin des stages cer­ti­fiants, pour de la for­ma­tion conti­nue. Ces en­sei­gne­ments sont réa­li­sés par les pro­fes­seurs des Enil sur le ter­ri­toire, une ma­nière de « don­ner de la co­hé­rence au ré­seau », ex­pli­ que le pré­sident. Mais en face de cette offre de for­ma­tion (5.000 per­sonnes concer­nées par an, pour 1.000 jours de for­ma­tion), le pu­blic a chan­gé. « La nou­velle gé­né­ra­tion for­mule en­core plus l’at­ta­che­ment au pro­duit, ex­plique Vé­ro­nique Drouet. Ils disent : “On veut avoir les mains dans la cuve !”, et pensent que ce n’est qu’à la ferme qu’ils pour­ront faire ce­la. »

« Nous tra­vaillons avec du vi­vant »

Et évi­dem­ment, pour l’an­fo­peil, c’est une er­reur : « Nous tra­vaillons avec du vi­vant », rap­pelle Di­dier Jou­bert. « Nous ne for­mons pas des per­sonnes qui ap­puient sur un bou­ton, même s’il y a de l’au­to­ma­ti­sa­tion », ter­mine Vé­ro­nique Drouet.

Autre évo­lu­tion, « ils ont la vo­lon­té de créer leur en­tre­prise, es­time la se­cré­taire gé­né­rale. Et ils ne s’ima­ginent plus res­ter dans la même po­si­tion pen­dant toute leur car­rière. » Et sur ce thème en­core, Di­dier Jou­bert dé­gaine les pres­ta­tions de l’an­fo­peil, qui s’adaptent au Compte per­son­nel de for­ma­tion, dans le­quel des pro­grammes pro­po­sés par l’as­so­cia­tion peuvent être pris en compte.

Avec en ligne de mire un élé­ment : « Ce sont tou­jours les plus qua­li­fiés qui pro­fitent des for­ma­tions, ter­mine Vé­ro­nique Drouet. Alors que ce sont ceux qui en ont le moins be­soin. » Pour ce­la, un in­gré­dient est né­ces­saire : mieux com­mu­ni­quer. Le site an­fo­peil­enil.fr est jus­te­ment en cours de « re­loo­king ».

ENIL. Se­lon l’an­fo­peil, « les jeunes veulent avoir les mains dans la cuve ! » PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION

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