Plus Pieds Ni­cke­lés que mous­que­taires

Ils avaient dé­ro­bé une voi­ture qui avait pris feu juste après

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région actualité - Lio­nel Cio­chet­to lio­nel-cio­chet­to@cen­tre­france.com

Leur his­toire, c’est un peu celle des Pieds Ni­cke­lés du vol de voi­ture.

Quatre hommes étaient ju­gés de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel du Puy­enVe­lay, pour le vol et la des­truc­tion d’une voi­ture dans la nuit du 5 au 6 oc­tobre der­nier, au Puy. La Peu­geot 205 avait été re­trou­vée cal­ci­née en plein mi­lieu des jar­dins d’ai­guilhe.

Tout com­mence lors d’une soi­rée ar­ro­sée, dans un ap­par­te­ment de la place Car­not. Un membre du qua­tuor a une en­vie pres­sante de « conduire une voi­ture ». Ça tombe bien, une Peu­geot 205 est sta­tion­née sur la place. Une por­tière tor­due, quelques fils sec­tion­nés et le vé­hi­cule dé­marre. Le groupe part faire un tour. Mais la 205 se met à chauf­fer.

« Votre his­toire est pa­thé­tique »

L’équipe s’ar­rête à l’abri des re­gards, au beau mi­lieu des jar­dins, à Ai­guilhe, près des rives de la Borne. La Peu­geot prend feu. Un au­to­ra­dio se­ra sau­vé du bra­sier. Les quatre com­plices prennent la fuite cha­cun de leur cô­té. La po­lice ne met­tra pas long­temps à les in­ter­pel­ler. Deux d’entre eux, un homme de 29 ans et son oncle de 44 ans, ont dé­jà dé­frayé la chro­nique.

Ce sont les « bai­gneurs » du Nou­vel An qui avaient tra­ver­sé la Loire à la nage pour échap­per aux gen­darmes, à La­voûte­surLoire. Le plus jeune est ac­tuel­le­ment in­car­cé­ré à Riom (Puy­de­dôme).

Le plus âgé de ce qua­tuor de choc, un Po­not de 70 ans, se dit écri­vain et poète à ses heures. C’est chez lui que se dé­rou­lait la soi­rée al­coo­li­sée. Il avait été in­ter­pel­lé en pleine nuit par les po­li­ciers avec l’au­to­ra­dio de la 205 dans les mains. Un au­to­ra­dio « plein de sang » car il s’était bles­sé en tra­ver­sant la ri­vière Borne.

À l’au­dience, il avoue même : « Quand on nous a in­ter­pel­lés, une po­li­cière nous a dit : “Vous êtes les Trois Mous­que­taires”. Mais nous étions quatre », pro­vo­quant les sou­rires gê­nés du pré­sident et ses as­ses­seurs.

An­dré­fré­dé­ric De­lay en convient. « Votre his­toire est ri­sible, pa­thé­tique. Vous avez l’air gen­til comme ça, mais vous faites des gros dé­gâts ». Quant au « ne­veu » ac­tuel­le­ment en pri­son, il ex­plique éga­le­ment à la barre avoir ten­té de vo­ler une autre voi­ture un quart d’heure avant…

Le plus malheureux dans cette his­toire, c’est le pro­prié­taire de la voi­ture. Jeune ap­pren­ti dans un ga­rage, il avait ache­té la 205 au prix de 350 eu­ros.

Le tri­bu­nal a re­con­nu tout le monde cou­pable. Le sep­tua­gé­naire écope d’un mois avec sur­sis. Le « ton­ton » et son ne­veu de 29 ans, Cé­dric Fal­con, sont condam­nés à des peines de pri­son ferme : un an pour le ne­veu et six mois pour son oncle, aux­quels s’ajoutent pour ce der­nier huit mois d’un pré­cé­dent sur­sis ré­vo­qué à hau­teur de quatre mois. Soit un to­tal de dix mois ferme pour l’oncle. Fin de la ri­go­lade.

CARBONISÉE. La Peu­geot 205 avait été re­trou­vée en feu au beau mi­lieu des jar­dins sur les rives de la Borne à Ai­guilhe. PHO­TO D’ARCHIVES L. C.

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