Il avait amas­sé un bu­tin im­pres­sion­nant

Trente mois de pri­son pour l’au­teur de mul­tiples vols

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région Actualité - Phi­lippe Suc phi­lippe.suc@cen­tre­france.com

Le vo­leur de me­nue mon­naie a sans doute payé cher son mu­tisme à l’au­dience cor­rec­tion­nelle, jeu­di, au Puy-en-ve­lay.

Pierre La­vialle, âgé de 31 ans, em­ployé dans un ate­lier pro­té­gé de l’ys­sin­ge­lais, a été con­dam­né à deux ans et de­mi de pri­son ferme pour un nombre im­pres­sion­nant de vols à la rou­lotte (ac­com­pa­gnés de dé­gra­da­tions), com­mis à Mo­nis­trol­surLoire, entre août et no­vembre 2016.

Des faits de na­ture à créer « un vé­ri­table sen­ti­ment d’in­sé­cu­ri­té » dans la ci­té ys­sin­ge­laise, se­lon le par­quet.

Le pré­ve­nu, calme et si­len­cieux, ap­pa­raît par­ti­cu­liè­re­ment in­quié­tant, de par son at­ti­tude fi­gée à la barre, se conten­tant de ré­pondre par oui ou par non, quand il daigne ou­vrir la bouche.

Des vols dans trois ré­si­dences lui sont éga­le­ment re­pro­chés. Soixante­douze faits au to­tal en trois mois. Les do­mi­ciles ne sont pas sa spé­cia­li­té. Sim­ple­ment, le vo­leur op­por­tu­niste avait ré­cu­pé­ré des bi­peurs dans les vé­hi­cules et s’en était ser­vi pour s’in­tro­duire dans les lo­caux, en par­ti­cu­lier dans un ga­rage où il avait ré­cu­pé­ré de la pe­tite mon­naie dans un verre.

C’est bien l’ar­gent qui a la pré­fé­rence du tren­te­naire, sous cu­ra­telle de­puis trois ans. À chaque fois, le bu­tin est ri­di­cule. Le pré­ju­dice to­tal l’est net­te­ment moins : 13.771 eu­ros en quelques mois.

Con­dam­né à six re­prises, dont cinq fois pour vols, il a pré­ten­du, lors de ses au­di­tions, avoir des be­soins d’ar­gent. À l’au­dience, en re­vanche, rien. Pas un mot, mal­gré les in­vites ré­pé­tées du pré­sident, An­dré­fré­dé­ric De­lay.

Pour le tri­bu­nal, il est sans conteste l’au­teur des vols – qu’il a du reste en grande par­tie re­con­nus lors de sa garde à vue – même si Me Mu­riel Laf­font, son conseil, a ten­té d’ins­til­ler le doute dans l’es­prit des juges.

L’homme qua­li­fié de « psy­cho­tique » par les psy­chiatres était­il seule­ment ca­pable « de se si­tuer dans le temps » ?

Une seule trace ADN re­trou­vée

Le fait d’avoir re­trou­vé une seule trace ADN sur un des vé­hi­cules peut­il suf­fire à le dé­si­gner comme l’unique cou­pable des vols ? Là où la pro­cé­dure a éta­bli un seul mode opé­ra­toire – des cus­todes bri­sées et l’uti­li­sa­tion d’un tour­ne­vis – Me Laf­font a vu quelques dif­fé­rences dans la ma­nière d’opé­rer.

Aux yeux du mi­nis­tère pu­blic, les élé­ments ma­té­riels et ses an­té­cé­dents suf­fisent lar­ge­ment à dé­si­gner le cou­pable. Marie Mo­schet­ti, au par­quet, a ré­cla­mé trente mois de pri­son ferme.

Ses ré­qui­si­tions ont été sui­vies par le tri­bu­nal qui a, par ailleurs, re­con­nu un grand nombre de par­ties ci­viles re­ce­vables pour un mon­tant de dom­mages chif­fré à plu­sieurs mil­liers d’eu­ros.

VOLS À LA ROU­LOTTE. Un nombre consi­dé­rable de vé­hi­cules dé­gra­dés. PHOTO D’ILLUSTRATION

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.