Le puy de Dôme fait mon­ter le Mer­cure

Plus de 1.800 ans d’exis­tence et on com­mence juste à per­ce­voir l’im­por­tance du temple

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Puy-de-dôme actualité - Si­mon An­to­ny si­mon.an­to­ny@cen­tre­france.com

À l’oc­ca­sion des Jour­nées de l’archéologie, qui se pour­suivent au­jourd’hui, le puy de Dôme ac­cueille ani­ma­tions, ate­liers et ex­po­si­tions. L’oc­ca­sion aus­si de re­par­ler de son temple de Mer­cure.

«En fait, c’était un peu comme Lourdes ici. » Di­dier Mial­lier, géo­logue, a trou­vé la for­mule pour par­ler du temple de Mer­cure au som­met du puy de Dôme. Un lieu de culte très ré­pu­té. Plus que les Au­ver­gnats pour­raient le pen­ser. Des sou­ve­nirs du pè­le­ri­nage ont été re­trou­vés dans des fouilles en Al­le­magne. « Les gens ve­naient de très loin, conti­nue Ma­rion Da­cko, ar­chéo­logue. Cler­mont était une ville très im­por­tante de la pro­vince d’aqui­taine. Pas loin de 40.000 ha­bi­tants au IIE siècle. »

Un temple haut comme un im­meuble de cinq étages

Cler­mont, qui s’ap­pe­lait Au­gus­to­ne­me­tum à l’époque, était une ville étape sur la route de Lyon. La ca­pi­tale des Gaules re­liée par la fa­meuse via Agrip­pa, du nom du gé­né­ral ro­main char­gé de sa créa­tion par l’em­pe­reur Au­guste au Ier siècle.

C’est donc na­tu­rel­le­ment que Mer­cure, dieu des voya­geurs et des commerçants, trouve son culte ici. Un temple lui est dé­ dié. Un temple co­los­sal puis­qu’il est vi­sible de­puis Cler­mont. Aus­si haut qu’un im­meuble de cinq étages se­lon les der­nières hy­po­thèses des ar­chéo­logues.

Reste tout de même un mys­tère épais au­tour du temple : com­ment les blocs de pierre (le plus gros pe­sait deux tonnes) étaient­ils ache­mi­nés jus­qu’au som­met ? « On est cer­tain que la pierre pro­ve­nait d’une car­riè­ re au col de Ceys­sat, ex­plique Di­dier Mial­lier, et on sait qu’ils contour­naient le puy de Dôme pour mon­ter par l’est. Mais on ne sait pas com­ment ils gra­vis­saient le der­nier tiers de la pente. » Et là, c’est Ma­rion Da­cko, spé­cia­liste du trans­port ro­main qui prend la suite.

« À par­tir de 15 de­grés de pente, les cha­riots ne peuvent plus mon­ter. Ils uti­li­saient cer­tai­ne­ment des sys­tèmes de le­vées. Des rails en ron­dins de bois et un contre­poids pour les mon­ter. ». Un temple ex­trê­me­ment coû­teux, fi­nan­cé par quelques riches do­na­teurs, les ins­ti­tu­tions lo­cales, mais aus­si cer­tai­ne­ment par Rome di­rec­te­ment. Ce qui sou­ligne en­core l’im­por­tance du site.

Re­tour à notre époque. Le Conseil dé­par­te­men­tal a fait de la mise en va­leur des sites ar­chéo­lo­giques l’un des grands axes de sa po­li­tique. Comme à Corent. Le Dé­par­te­ment est en pleine dis­cus­sion avec la Drac, mais d’ici 2019, le temple de­vrait être ou­vert pour que le pu­blic puisse re­faire le par­cours des pè­le­rins du IIE siècle. Un par­cours ri­tuel, qui s’éle­vait sur cinq ter­rasses.

En at­ten­dant, les sites du puy de Dôme, de Corent, de Le­zoux, de Voingt et de Ger­go­vie mul­ti­plient les ani­ma­tions au­jourd’hui di­manche pour les Jour­nées de l’archéologie.

VI­SITE. Pour l’ins­tant, on peut ad­mi­rer le site seule­ment de l’ex­té­rieur, mais bien­tôt, il se­ra pos­sible de suivre le par­cours des pè­le­rins. PHOTO CAMILLE MAZOYER

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