Au coeur d’une opé­ra­tion de comp­tage de mou­flons dans le Can­tal

Pour suivre l’évo­lu­tion de l’es­pèce, la Fé­dé­ra­tion des chas­seurs du Can­tal a or­ga­ni­sé, toute cette se­maine, des opé­ra­tions de comp­tage de mou­flons, à l’aube. Un mo­ment de com­mu­nion entre l’homme et la na­ture.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Chem­cha Rabhi

Le bruit de l’herbe fou­lée. Des chu­cho­te­ments de voix. Aux pre­mières lueurs du jour, trois sil­houettes avancent d’un même pas vers le som­met du puy Violent. Ar­naud La­fon, tech­ni­cien de la fé­dé­ra­tion des chas­seurs du Can­tal, Da­niel Fru­quière et Hen­ri Vabre, chas­seurs, s’ar­rêtent pour scru­ter le fond de val­lée aux ju­melles.

Ce mois de juin, la fé­dé­ra­tion or­ga­nise un comp­tage des mou­flons pour éva­luer l’état de la po­pu­la­tion. Après le Plomb du Can­tal, le puy de Sey­cheuses­puy Griou, en dé­but de se­maine, l’opé­ra­tion se dé­roule au puy Violent.

Réunis un peu plus tôt, dès 4 h 30, au lo­cal de la so­cié­té de chasse de Fon­tanges, au­tour du ca­fé de Ro­bert La­porte, au bon goût de convi­via­li­té, une ving­taine d’amou­reux de la na­ture écoutent, dans une fé­bri­li­té joyeuse, Ar­naud La­fon énu­mé­rer les zones à in­ves­tir. Si­tôt fi­ni, les chas­seurs s’or­ga­nisent spon­ta­né­ment en équipes pour fi­ler vers leurs postes d’ob­ser­va­tion : Le Ja­gar, Mal­rieux, La Cu­mine… « La stra­té­gie, c’est d’en­tou­rer le fond de val­lée pour avoir une vue d’en­semble », pré­cise le tech­ni­cien. Lui et ses com­plices s’ins­tallent sous le som­met du Violent d’où ils sur­plombent la zone.

Mais, le temps est comp­té. La cha­leur de ces der­niers jours a mo­di­fié le com­por­te­ment des ani­maux crain­tifs. Ils sortent plus tôt du bois pour se nour­rir avant de s’y ter­rer aus­si­tôt que les pre­miers rayons chauffent l’at­mo­sphère. « On a une heure », éva­lue Ar­naud.

Quand son équipe tente de conte­nir son en­thou­siasme : dans les ju­melles,

une forme fa­mi­lière. Ils comptent et re­comptent : 19 mou­flons. « Des fe­melles avec des jeunes. Un beau mâle de­vant… ». Le tech­ni­cien re­porte les classes d’âge sur la fiche de comp­tage : des agneaux, (nés au prin­temps), de jeunes mâles d’un à deux ans, de vieux mâles iden­ti­fiables à l’en­rou­lé pro­non­cé de leurs cornes et des fe­melles. Et in­dique l’heure de l’ob­ser­va­tion, 5 h 43. Les chas­seurs sont de nou­veau sur le qui­vive. Un autre groupe de 19 bêtes. Une harde de 40 bêtes. « On a le sen­ti­ment d’être pri­vi­lé­gié », mur­mure Hen­ri Vabre.

Avec le so­leil qui se hisse de plus en plus haut, les mou­flons fi­nissent par dis­pa­raître de leur vue. La fin du comp­tage. Ga­gné par la plé­ni­tude de la na­ture, le trio re­gagne Fon­tanges pour confron­ter ses ré­sul­tats du jour à ceux des autres. Ces ob­ser­va­tions de ter­rain vont ser­vir à pré­pa­rer la sai­son de chasse et le nombre d’ani­maux à pré­le­ver. Juste ce qu’il faut pour pré­ser­ver l’équi­libre de ce mi­lieu qui ne cesse d’émer­veiller ces chas­seurs.

SITE. « Ce sec­teur du puy Violent est par­fait pour les mou­flons car il al­terne mas­sifs es­car­pés, pe­tits îlots de fo­rêt et clai­rières qui sont leurs zones de ga­gnage », dé­crit Ar­naud La­fon (à gauche). PHO­TOS LUCIE PAULUS

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