Des coups de main entre voi­sins

À l’ap­proche des va­cances, Sté­phane avait be­soin d’une re­morque pour re­joindre, de­puis le Puy­de­dôme, la Bretagne puis les Landes en trans­por­tant son fau­teuil rou­lant. Il l’a trou­vé pas loin de chez lui sur Al­lovoi­sins.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Na­tha­lie Van Praagh na­tha­lie.van­praagh@cen­tre­france.com

Pour 20, au pire 50 eu­ros, Sté­phane Ma­ry va pou­voir par­tir en va­cances, trois se­maines. C’est le prix de la re­morque qui em­bar­que­ra son fau­teuil rou­lant de­puis Au­bière, dans le Puy­de­dôme, où il vit, vers la Bretagne puis les Landes. L’an­cien cui­si­nier, 49 ans, qu’une ma­la­die a ren­du in­va­lide, a trou­vé son bon­heur sur la plate­forme col­la­bo­ra­tive Al­lovoi­sins (*).

Deux ré­ponses près de chez lui, l’une à Ro­ma­gnat, l’autre à Vic­le­comte, cor­res­pon­daient à sa de­mande pré­cise : « une re­morque si pos­sible bâ­chée avec des re­haus­seurs ». « C’est un ex­cellent ser­vice, note­t­il. Les offres des autres sites sont soit trop chères, soit in­exis­tantes lo­ca­le­ment. »

« Sans cette com­mu­nau­té, ce sont mes va­cances qui tom­baient à l’eau »

Au pro­cès en concur­rence dé­loyale sou­vent in­ten­té à l’éco­no­mie col­la­bo­ra­tive, Sté­phane Ma­ry ré­pond : « On ne peut pas tou­jours faire ap­pel à des pro­fes­sion­nels. Moi, avec ma pen­sion d’in­va­li­di­té, je n’en ai pas les moyens. »

Cette re­morque, par exemple, où au­rait­il pu la trou­ver aus­si vite que sur in­ter­net et à un ta­rif aus­si dé­ri­soire – le prix « sym­ bo­lique » de l’en­traide entre voi­sins ? « Sans cette com­mu­nau­té, ce sont mes va­cances, les pre­mières de­puis des an­nées, qui tom­baient à l’eau alors que la mai­rie d’au­bière m’aide pour que je puisse par­tir avec ma femme une se­maine dans le Fi­nis­tère et que des amis nous at­tendent en­suite dans le Sud­ouest. »

D’autres exemples ? « La pre­mière fois. C’était pour le dé­mé­na­ge­ment de mes filles de Cler­mont à Au­bière. Ce­la nous a coû­té 20 eu­ros pour la lo­ca­tion d’une ca­mion­nette, que le pro­prié­taire a conduite sur plu­sieurs al­lers et retours en nous don­nant même un coup de main. Un tel par­tage à ce prix­là, ça dé­fie toute concur­rence ! »

Sté­phane est sen­sible à cette part d’hu­ma­ni­té. « Fi­na­le­ment, on re­trouve ces pe­tits ser­vices que l’on se ren­dait dans le temps entre voi­sins. Mais avec in­ter­net, c’est à une autre échelle que la rue ou le quar­tier, ce qui aug­mente les chances. Je suis tom­bé, par exemple, sur un in­for­ma­ti­cien qui a re­ta­pé mes deux or­di­na­teurs pour 40 eu­ros, en m’as­su­rant en plus un sui­vi. Sans lui, je n’au­rais ja­mais pu en­vi­sa­ger de les faire ré­pa­rer et il m’était im­pos­sible d’en ache­ter des neufs. »

18 % sans ré­sul­tat

82 % des de­mandes pos­tées sur Al­lovoi­sins trouvent une is­sue fa­vo­rable. Dans les 18 % res­tants, il y a des an­nonces comme celle de Flo­rence Zim­niak, pour Étin­celle et com­pa­gnie. L’école de cirque ins­tal­lée à Cour­non­d’au­vergne (Puy­de­dôme) est à la re­cherche d’une re­morque mais moins cou­rante que celle de Sté­phane Ma­ry : « On a be­soin d’un grand mo­dèle, plu­tôt fer­mé ou bâ­ché pour ache­mi­ner plus de 500 ki­los de ma­té­riel en Es­pagne où nous en­ca­drons des camps d’été du 20 juillet au 15 août. »

L’an­nonce a re­çu deux ré­ponses mais pas concluantes : « L’une des re­morques était trop pe­tite, l’autre cor­res­pon­dait, si ce n’est que son pro­prié­taire n’a plus don­né de nou­velles mal­gré nos re­lances », in­dique Flo­rence Zim­niak. C’est la pre­mière fois qu’elle tes­tait Al­lovoi­sins. Sans ré­sul­tat jusque­là. Elle n’in­cri­mine pas la plate­forme pour au­tant : « Ce type de re­morque est as­sez rare en prêt ou en lo­ca­tion pour un par­ti­cu­lier ; il faut même dé­te­nir un per­mis de conduire spé­ci­fique. Le mo­ment, juste avant les va­cances, où la de­mande est forte, n’est peut­être pas le plus fa­vo­rable non plus. Mais on s’est re­trou­vé le bec dans l’eau et on a dû pa­rer au plus pres­sé. »

(*) Avec un mil­lion de membres, Al­lovoi­sins re­ven­dique le lea­der­ship en France des ser­vices entre par­ti­cu­liers en pri­vi­lé­giant la de­mande sur l’offre.

EN­TRAIDE. Par­tir en va­cances, l’es­prit tran­quille : la so­lu­tion se trouve sou­vent à deux pas de chez soi ; en­core faut-il le sa­voir. D’où l’in­té­rêt gran­dis­sant des par­ti­cu­liers pour les plates-formes col­la­bo­ra­tives qui mettent en re­la­tion les de­mandes et les offres en me­nus ser­vices. DR

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