An­na Ga­val­da et l’ab­sence

La ro­man­cière su­per­star des an­nées 2000, An­na Ga­val­da, tente de faire court avec un re­cueil de nou­velles, Fendre l’ar­mure. Iné­gal.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Ré­mi Bon­net re­mi.bon­net@cen­tre­france.com Fendre l’ar­mure.

Il y a une di­zaine d’an­nées, An­na Ga­val­da était une va­leur sûre de la lit­té­ra­ture grand pu­blic. Ses ro­mans les plus connus, Je l’ai­mais (2002) ou En­semble, c’est tout (2004), ont été au­tant de block­bus­ters lit­té­raires qui ont très vite été adap­tés au ci­né­ma.

Mais voi­là, de­puis quelque temps, l’au­teur semble avoir per­du sa « ma­gic touch ».

Il y a quatre ans, Billie, avec son pe­tit ânon en cou­ver­ture, avait été ac­cueilli avec beau­coup de scep­ti­cisme (c’est peu de le dire). Va­t­elle re­dres­ser la barre avec Fendre l’ar­mure ? Dif­fi­cile à dire… Ce n’est d’ailleurs pas un ro­man, mais un re­cueil de nou­velles. Un exer­cice dif­ fi­cile, qu’elle connaît bien. On se sou­vient de Je vou­drais que quel­qu’un m’at­tende quelque part (1999), mais cette fois, le ré­sul­tat est fran­che­ment iné­gal.

On peut lui re­con­naître une vo­lon­té de va­rier les points de vue, les cli­mats et les tech­niques d’écri­ture. Avec ses pe­tites his­toires, la ro­man­cière ba­laye mi­lieux so­ciaux et les genres.

Elle se glisse, avec plus ou moins de fa­ci­li­té, dans la peau d’une jeune femme fau­chée qui vit au­de­là du pé­ri­phé­rique, d’un rou­tier qui en­terre son chien, ou d’un homme d’af­faires jet­la­gué qui a réus­si sa car­rière mais ra­té sa vie per­son­nelle.

Tous ont en com­mun le sen­ti­ment d’être pas­sés à cô­té de leur vie, d’être confron­tés à la perte et à l’ab­sence. Éton­nam­ment, ça fonc­tionne… sur la fin, les deux der­nières nou­velles étant de loin les meilleures. Une fa­çon de s’as­su­rer que l’on va lire jus­qu’au bout ?

Une vo­lon­té de va­rier les points de vue

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