Georges Pe­rec ima­gier et ma­ni­pu­la­teur de lettres

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Jean-marc Laurent jean-marc.laurent@cen­tre­france.com

Claude Bur­ge­lin, dans l’al­bum qui ac­com­pagne la pa­ru­tion des deux tomes de La Pléiade, montre que chez Pe­rec « la tra­jec­toire de vie et son pro­gramme d’écri­ture se su­per­posent ». « Son uni­vers est un ima­gier » dit­il. Ch­ris­telle Reg­gia­ni, qui a di­ri­gé cette double Pléiade, confirme en pré­sen­tant Georges Pe­rec (1936­1982) comme un « peintre de la vie mo­derne ». Cette édi­tion, trente­cinq ans après sa mort, ins­talle Pe­rec comme « clas­sique mo­derne » et La vie mode d’em­ploi qui ouvre le volume 2 ap­pa­raît plus que ja­mais comme une en­tre­prise au­to­bio­gra­phique, tra­ver­sée des drames qui ont frap­pé l’au­teur. Que l’on rap­pro­che­ra des Je me sou­viens qui re­ferment le pre­mier tome, sa­vou­reuses tranches de quo­ti­dien et de nos­tal­gie. Les oeuvres réunies ici com­posent un en­semble ro­ma­nesque sin­gu­lier ou au­cun texte ne res­semble à l’autre, pas plus dans la forme que la thé­ma­tique. « Je cherche en même temps l’éter­nel et l’éphé­mère », confes­sait Pé­rec en bon Ou­li­pien. Et en­core : « Je me com­pa­re­rais plu­tôt à un pay­san qui culti­ve­rait plu­sieurs champs. » Ses pay­sages « ver­sa­tiles » sont en tout cas tra­ver­sés de part en part par des so­no­ri­tés, des rythmes, un phra­sé qui lui sont propres. « Ce ma­ni­pu­la­teur de lettres éper­du est un très beau mu­si­cien de la langue », confirme Claude Bur­ge­lin.

Gal­li­mard, Pleiade ; tome 1, 1.184 p., 54€ ; tome 2, 1.280 p., 56€ ; cof­fret 2 tomes 110€. L’al­bum Pe­rec est of­fert pour tout achat de trois vo­lumes Pléiade.

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