Le­moyne, le sym­bole

Le pre­mier parlementaire LR à avoir ral­lié Ma­cron ré­com­pen­sé

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - 7 jours en politique - Ro­main Blanc ro­main.blanc@cen­tre­france.com

En lâ­chant Fillon pour Ma­cron, il ouvre une brèche à droite

Au dé­part, il se sen­tait un peu seul. Mais pe­tit à pe­tit, bon nombre l’ont sui­vi. Le sé­na­teur Jean-bap­tiste Le­moyne a été le pre­mier parlementaire LR à pas­ser En Marche. Mer­cre­di, il a été nom­mé au gou­ver­ne­ment. Un sym­bole.

«Le plan B de la droite, c’est Ma­cron », avait­il lan­cé le 15 mars der­nier. Jean­bap­tiste Le­moyne, sé­na­teur LR de l’yonne, vient de je­ter un pa­vé dans la mare. Quelques jours après avoir lâ­ché Fran­çois Fillon au coeur du Pe­ne­lo­pe­gate, il se ré­vèle en de­ve­nant le pre­mier parlementaire LR à ral­lier Em­ma­nuel Ma­cron.

Mer­cre­di soir, Jean­bap­tiste Le­moyne a été nom­mé se­cré­taire d’état au Quai d’or­say, au­près de Jean­yves Le Drian. Le dy­na­mi­teur de la droite a été ré­com­pen­sé.

« Je ne connais pas per­son­nel­le­ment Jean­yves Le Drian », confie Jean­bap­tiste Le­moyne au soir de sa no­mi­na­tion. « Mais j’ai pu voir com­bien son ac­tion de mi­nistre de la Dé­fense était sa­luée au­de­là des cli­vages po­li­tiques. Les Fran­çais sont las des pe­tites guerres de par­tis », ajoute­t­il.

Le quai d’or­say fait pres­ que fi­gure de la­bo­ra­toire de la re­com­po­si­tion, avec l’éclo­sion d’un es­poir de la droite au cô­té de l’ex­pé­rience ré­ga­lienne du so­cia­liste Le Drian.

Le­moyne, ou l’his­toire d’un che­mi­ne­ment pré­coce vers le pou­voir. En 2002, lors­qu’il fait ses dé­buts en po­li­tique, à seule­ment 24 ans, il in­tègre le ca­bi­net mi­nis­té­riel de Jean­fran­çois Co­pé. Puis, en 2008, pour sa pre­mière élec­tion, c’est dans le fief d’hen­ri de Rain­court que L’UMP le pro­pulse. Au nord de l’yonne.

Des men­tors droi­tiers… pour des po­si­tions tout aus­si droi­tières. En 2013, Jean­bap­tiste Le­moyne, fer­me­ment op­po­sé au ma­riage pour tous, n’hé­site pas à se mon­trer dans les rangs de la « Ma­nif pour tous » ou des « Veilleurs ».

Alors, à l’au­tomne 2016, c’est dé­jà avec un cer­tain éton­ne­ment que la droite de l’yonne ap­prend que Jean­bap­tiste Le­moyne sou­tient Alain Jup­pé à la pri­maire. Un temps ral­lié à Fillon après sa vic­toire, le jup­péïste Le­moyne est néan­moins par­mi les pre­miers, dès mars, à pous­ser sa fa­mille à adop­ter un plan B. Il s’ac­tive en cou­lisses, pousse Jup­pé à y al­ler… En vain.

Quelques jours après, Le­moyne lit Ré­vo­lu­tion .Il a une ré­vé­la­tion. Dans le ma­ni­feste d’em­ma­nuel Ma­cron, né comme lui en 1977, il croit voir « un vrai pro­gramme de cen­tre­droit ». A la Jup­pé. Alors, si la droite ne veut pas du maire de Bor­deaux, tant pis. « Le plan B de la droite, c’est Ma­cron ». Le­moyne n’en dé­mord pas. Aux cô­tés de Ma­cron et Bay­rou à Reims, le 17 mars, Le­moyne lance un ap­pel aux autres élus LR.

Pen­dant ce temps, la droite lo­cale crie à la trahison. Un autre qua­dra, le dé­pu­té LR de l’yonne Guillaume Lar­ri­vé (lui aus­si né en 1977), l’in­vite « à un exa­men de conscience… s’il en a en­core une ».

Trop tard. Le­moyne a ou­vert une brèche. Peu à peu, la droite s’y en­gouffre. Au­jourd’hui les « construc­tifs », hier Edouard Phi­lippe… « Je me sens moins seul ! » glis­sait Jean­bap­tiste Le­moyne au len­de­main de l’an­nonce du nom du Pre­mier mi­nistre. De­puis sa fe­nêtre du quai d’or­say, dé­sor­mais, il doit se sen­tir en­core moins seul…

TRANSFUGE. Jean-bap­tiste Le­moyne (à droite) à un meeting de Fran­çois Ba­roin à Auxerre, le 10 mars. Seule­ment cinq jours avant son ral­lie­ment à Em­ma­nuel Ma­cron... PHO­TO JÉ­RÉ­MIE FULLERINGER

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