Où l’on re­parle des contrats fé­dé­raux...

En marge de l’as­sem­blée plé­nière, Serge Si­mon a re­mis les pieds dans le plat

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Sports - À Bourges, Ch­ris­tophe Bu­ron

En charge du haut ni­veau, du XV de France et des re­la­tions avec la Ligue, Serge Si­mon a tra­cé, hier, les contours du « co­los­sal » dos­sier concer­nant la mise à dis­po­si­tion des in­ter­na­tio­naux.

Après avoir cas­sé la conven­tion FFR­LNR en cours (jus­qu’en 2020), un ac­cord a ré­cem­ment été trou­vé entre la Fé­dé­ra­tion et les clubs pour ten­ter de rendre meilleure l’équipe de France. Il a été en­suite dé­ci­dé d’une nou­velle conven­tion, qui doit être en­té­ri­née le 1er juillet 2018 (pour 4 ou même 5 ans), et qui se­ra gui­dée par les deux en­jeux ma­jeurs que sont : la re­dis­tri­bu­tion (fi­nan­cière) au rug­by ama­teur et la per­for­mance de l’équipe de France.

Hier, à Bourges, après un congrès « de rup­ture » se­lon lui, le vice­pré­sident Serge Si­mon a li­vré les grandes lignes de sa feuille de route et bran­di, à nou­veau, la me­nace des contrats fé­dé­raux si, d’aven­ture, la pé­riode sen­sible des six se­maines de pré­pa­ra­tion des in­ter­na­tio­naux en club ne se pas­sait pas bien et n’avait pas les ré­sul­tats es­comp­tés.

18 en­ga­ge­ments en passe d’être te­nus. Ber­nard La­porte a été élu à la tête de la FFR avec une pro­fes­sion de foi qui te­nait en 44 en­ga­ge­ments. Fin 2017, 18 de­vraient être ac­com­plis. « On est dans les temps de pas­sage, es­time Serge Si­mon. On nous a re­pro­ché d’al­ler trop vite, mais nous, on pense qu’il faut al­ler vite. On peut as­su­rer que 100 % des ob­jec­tifs se­ront at­teints à la fin de la man­da­ture ».

Une as­sem­blée gé­né­rale ex­tra­or­di­naire, le 8 juillet pro­chain, doit per­mettre de vo­ter d’autres ré­formes : vote dé­cen­tra­li­sé, li­mi­ta­tion des pro­cu­ra­tions (1 par club), li­mi­ta­tion à 2 du nombre de man­dats du pré­sident, ré­fé­ren­dum élec­tro­nique.

Un ac­cord avant une nou­velle conven­tion. L’un des thèmes forts de la feuille de route de la FFR concerne na­tu­rel­le­ment l’ar­ti­cu­la­tion du rug­by pro­fes­sion­nel. Un ac­cord vient d’être trou­vé avec trois me­sures pré­cises : liste élite élar­gie de 30 à 45 joueurs ; in­ter­sai­son pas­sée de 8 à 10 se­maines (dont 4 de re­pos et 6 de pré­pa­ra­tion ; un 4e test en no­vembre (face aux Blacks). Serge Si­mon l’a rap­pe­lé, « on veut très vite pas­ser de 10 à 12 se­maines. Ber­nard La­porte est per­sua­dé qu’on n’y ar­ri­ve­ra pas si on n’ex­trait pas les joueurs 12 se­maines de la pré­pa­ra­tion de leurs clubs ».

Pré­pa­ra­tion dic­tée par le staff tri­co­lore, en at­ten­dant plus... Dès cet été, les 45 joueurs de la liste élite de­vront donc se sou­mettre à une pré­pa­ra­tion de 6 se­maines (après 4 de re­pos) concoc­tée par No­vès et ses ad­joints. Il s’agit là d’un tra­vail phy­sique. Faut­il s’at­tendre à une in­gé­rence plus grande en­core dans les an­nées à ve­nir, no­tam­ment sur les axes tech­niques ?

« Ce n’est pas pré­vu, ex­plique Si­mon. Là, avec la pré­pa­ra­tion phy­sique qui concerne 9 clubs (ndlr : où jouent les 45 in­ter­na­tio­naux), c’est dé­jà une pre­mière ré­vo­lu­tion. Après, il y au­ra un se­cond pas pour al­ler plus loin, sans doute sur le tech­nique ».

Si­mon ne croît pas à la co­ges­tion. Si la FFR a ac­cep­té que les clubs conservent les joueurs pour ces fa­meuses six se­maines de pré­pa­ra­tion, la mé­fiance reste de mise. « Nous, on pense qu’on n’ar­ri­ve­ra pas à co­gé­rer les joueurs, es­time Serge Si­mon. On n’a pas l’état d’es­prit des An­glais. J’at­tends donc qu’on me dé­montre que ça va mar­cher. Soit on y ar­rive et je me se­rai trom­pé, soit ça ne marche pas et là, on res­sor­ti­ra le su­jet des contrats fé­dé­raux qui n’est pas en­ter­ré.

On est per­sua­dé qu’il faut ex­traire les joueurs des clubs et les re­mettre à dis­po­si­tion quand on vou­dra. Les clubs nous disent que la co­ges­tion va mar­cher, il va fal­loir le dé­mon­trer. »

Ap­pel au ras­sem­ble­ment. Hier, en ou­ver­ture du congrès fé­dé­ral, Ber­nard La­porte a mar­te­lé un mes­sage d’apai­se­ment entre la FFR, la Ligue et les clubs. « Nous y ar­ri­ve­rons tous en­semble », a lan­cé le pré­sident quelques heures avant un nou­vel échec cin­glant (35­12) du XV de France en Afrique du Sud.

« On est en­tré dans une ère de prag­ma­tisme, sou­ligne Si­mon et je se­rais éton­né que l’on ne trouve pas un ac­cord. C’est un res­sen­ti, mais du cô­té des clubs ça a bou­gé sur l’idée qu’il ne peut pas y avoir de guerre. Dans nos né­go­cia­tions, on a tous écrit noir sur blanc que la FFR était la mai­son mère et la Ligue une dé­lé­ga­tion qui peut, ou pas, exis­ter. Si on échoue pour la pro­chaine conven­tion, il fau­dra réor­ga­ni­ser le rug­by. Soit en créant un nou­vel ou­til ( ndlr : à la place de la LNR) soit en in­ter­na­li­sant. » L’an­née à ve­nir s’an­nonce en­core élec­trique à plus d’un titre entre clubs et la fé­dé­ra­tion.

Serge Si­mon, op­ti­miste mais...

SERGE SI­MON. Le bras droit de Ber­nard La­porte a af­fir­mé que le su­jet des contrats fé­dé­raux n’était pas en­ter­ré.

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