Axel Bauer cherche la vé­ri­té du pu­blic

Entre Ma­ceo Par­ker et Fé­fé, Axel Bauer se­ra à la Pam­pa­ri­na, sa­me­di 8 juillet, pour souf­fler les 20 bou­gies du fes­ti­val de mu­sique de rue de Thiers. L’oc­ca­sion pour le chan­teur de faire dé­cou­vrir ses tubes ré­ar­ran­gés.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Magdimanche - Maud Tur­can maud.tur­can@cen­tre­france.com

« Les mor­ceaux se fa­çonnent à me­sure qu’on fait des concerts »

Il se re­fuse à toute nos­tal­gie. Pour­tant, Axel Bauer se plaît tou­jours à in­ter­pré­ter les tubes qui l’ont fait connaître. Trois titres qui ont cha­cun mar­qué une dé­cen­nie : Car­go de nuit en 1983, Éteins la lu­mière en 1992 et Àma place, en duo avec Za­zie, en 2001. Des chan­sons qui ont évo­lué au fil du temps et des concerts pour of­frir un nou­veau vi­sage à dé­cou­vrir dans l’al­bum « Live au stu­dio Fer­ber », sor­ti le 9 juin, et sa­me­di, sur la grande scène ins­tal­lée place Chas­tel.

■ Vous ve­nez de sor­tir votre 8e al­bum, un best of, comment avez-vous choi­si les titres ? C’était une évi­dence… C’est tout sim­ple­ment la liste des chan­sons qu’on joue sur scène avec quelques autres. Ce « Live à Fer­ber » est en fait une ré­pé­ti­tion fil­mée. Au dé­part, on vou­lait des vi­déos ré­centes pour la pro­mo. Et c’est en écou­tant le son, qu’on a trou­vé ça su­per et qu’on a vou­lu le sor­tir pour par­ta­ger avec les fans.

■ Y a-t-il des chan­sons aux­quelles vous êtes par­ti­cu­liè­re­ment at­ta­ché ? Toutes les chan­sons ont une his­toire, cer­taines mettent plus le texte en avant, d’autres la mu­sique. Je les aime toutes, comme on aime ses en­fants ! ■ Comment les avez-vous re­tra­vaillées ? C’est sou­vent le pu­blic qui donne le tem­po. Toutes les chan­sons ont été tra­vaillées sur scène. Par mo­ment, on ra­jou­tait une par­tie ins­tru­men­tale, on sen­tait qu’il fal­lait se dé­tendre, rac­cour­cir un peu tel pas­sage dans un sou­ci d’avoir tou­jours la meilleure ver­sion pour le pu­blic. Et au fil des ans, les chan­sons se sont trans­for­mées. Et puis je suis gui­ta­riste, j’aime im­pro­vi­ser et faire des so­los et, par mo­ment, la struc­ture s’étend un peu, on ra­joute quatre me­sures ici et là et c’est ce qui s’est pas­sé.

■ On re­trouve l’in­con­tour­nable « Car­go de nuit », quel est votre rap­port à ce titre au­quel on vous ré­duit par­fois

? C’est dans la lo­gique des choses… même si j’ai fait d’autres titres après, on me le rap­pelle sou­vent. Comme je suis par­ti en An­gle­terre et que j’ai un peu dis­pa­ru, les gens ont peut­être l’im­pres­sion que je n’ai fait que ça mais j’ai fait beau­coup d’al­bums et beau­coup de concerts, cer­tains qui ont mar­ché d’autres moins… Il y a aus­si des gens qui ne me connaissent qu’avec Àma

place. S’il n’y avait que ces deux chan­sons, il n’y au­rait pas tant de gens à mes concerts (rires).

■ En 30 ans de car­rière, 8 al­bums, c’est fi­na­le­ment peu ? Je suis per­fec­tion­niste, je mets long­temps pour mû­rir mes chan­sons et je suis peut­être aus­si un peu fai­néant (rires). Il y a eu un ou deux al­bums comme « Simple mor­tel » sur les­quels j’ai pas­sé beau­coup de temps parce que je cher­chais quelque chose – et je ne sais d’ailleurs pas si je l’ai vrai­ment trou­vé. Mais il y a aus­si eu des rai­sons plus per­son­nelles, ex­tra­mu­si­cales… et je n’avais pas trop la tête à re­ve­nir en stu­dio. Puis j’ai com­men­cé très jeune, à 22 ans, avec un gros suc­cès qu’il a fal­lu di­gé­rer et com­prendre.

■ Jus­te­ment, quel re­gard por­tez-vous sur ces 30 ans de mu­sique ? J’ai tou­jours fait la même chose en réa­li­té, il y a des mo­ments où ça marche et d’autres pas. Mais je ne fais pas de bi­lan, j’évo­lue mu­si­ca­le­ment, je dé­couvre des choses, je me suis d’ailleurs re­mis à étu­dier l’har­mo­nie, c’est un tra­vail constant. Je suis comme un spor­tif, je tra­vaille constam­ment à amé­lio­rer des per­for­mances. ■ Ren­con­trer le pu­blic, c’est le but de votre mu­sique ? C’est es­sen­tiel parce que le pu­blic, c’est la vé­ri­té, c’est le mi­roir qu’il nous faut pour avan­cer. La vé­ri­té dans le sens où on ne peut pas tri­cher, soit on touche les gens, soit on ne les touche pas, c’est le mo­teur du tra­vail. Le stu­dio est plus une sorte de

la­bo­ra­toire, c’est sym­pa, très in­té­res­sant, c’est là qu’on ex­pé­ri­mente des choses qu’on por­te­ra en­suite vers le pu­blic mais l’es­sen­tiel est de jouer sur scène. Les mor­ceaux se fa­çonnent à me­sure qu’on fait des concerts et les ver­sions que je pro­pose au­jourd’hui sont très dif­fé­rentes des ori­gi­naux, sur­tout pour les mor­ceaux an­ciens comme Car­go ou

Éteins la lu­mière, qui ont « ma­tu­ré » avec le pu­blic. Par exemple, c’est le pu­blic qui fait que je joue au­jourd’hui Éteins la lu

mière plus ra­pi­de­ment, que j’ai ra­jou­té une par­tie mu­si­cale au mi­lieu.

■ Vous en­chaî­nez les concerts cet été et après… En ce mo­ment, je tra­vaille sur un nou­vel al­bum avec Le­na Coen, une grande au­teur et scé­na­riste. C’est un tra­vail pas­sion­nant, sur le fond. Ha­bi­tuel­le­ment, j’avais plu­tôt ten­dance à me lan­cer à l’aveu­glette dans un al­bum, un peu comme un chas­seur de perles qui ouvre des huîtres au fond de la mer pour es­sayer de trou­ver une perle. Avec Le­na, le tra­vail est d’al­ler dé­cou­vrir les vraies rai­sons de faire des chan­sons et le fond de ce qu’on a à dire, cette fa­çon de tra­vailler est nou­velle pour moi, c’est pas­sion­nant.

ROCK. Dans une for­ma­tion trio (basse, bat­te­rie, gui­tare), Axel Bauer se­ra ce sa­me­di, sur la grande scène de la Pam­pa­ri­na, à Thiers. PHO­TO D’AR­CHIVES BRU­NO BARLIER

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