Plon­gez dans les cou­lisses des Ga­le­ries La­fayette à Cler­mont

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - La une - Vé­ro­nique La­coste-met­tey ve­ro­nique.met­tey@cen­tre­france.com

SECRET. Par­tez à la ren­contre des hommes et des femmes de l’ombre qui font vivre et tour­ner ce ma­ga­sin em­blé­ma­tique de la place de Jaude.

Il y a l’en­trée des ar­tistes pour le per­son­nel ; un quai où s’écoule la mar­chan­dise et tous ces re­coins des Ga­le­ries La­fayette que vous ne ver­rez ja­mais. Sorte de ruche où s’ac­tivent dans l’ombre plus de cent em­ployés de l’en­seigne.

Pour les vieux Cler­mon­tois, ce sont en­core les « Ga­le­ries de Jaude ». Les Nou­velle Ga­le­ries sont pas­sées par là et main­te­nant, ce sont les Ga­le­ries La­fayette. Une ins­ti­tu­tion sur la prin­ci­pale place de la ville, au même titre que l’opé­ra­théâtre, le gé­né­ral De­saix et Ver­cin­gé­to­rix !

Chaque jour, en moyenne, 3.000 per­sonnes fran­chissent la porte du ma­ga­sin, si­tué au nu­mé­ro 25. Le per­son­nel, lui, passe par l’en­trée des ar­tistes, der­rière, dans la pe­tite rue La Tour d’au­vergne, côté pré­fec­ture. C’est là aus­si que le ma­tin, entre 8 h 30 et 11 h 30, on peut voir un dé­fi­lé de ca­mions et ca­mion­nettes. Nar­cis­so, le chef de quai, est là pour gui­der et ac­cueillir les li­vreurs. C’est lui aus­si qui ache­mine les mar­chan­dises.

« Nous re­ce­vons deux se­mi­re­morques par se­maine », pré­cise Éric Gon­nord, le di­rec­teur, ar­ri­vé il y a deux ans et de­mi. Sans comp­ter les li­vreurs in­dé­pen­dants. « Au pre­mier se­mestre, 11.000 co­lis sont ve­nus de notre en­tre­pôt ».

Cer­tains vont di­rec­te­ment aux stands ; la plu­part passent par la « salle de marque ». Là, au qua­trième étage du bâ­ti­ment, entre trois et six sa­la­riés s’ac­tivent. Ce jour­là, Jo­ce­lyne est ar­ri­vée vers 9 heures. De­vant elle et ses deux autres col­lègues, des di­zaines de bacs bleus at­tendent. À l’in­té­rieur, des che­mises, des py­ja­mas, des ca­le­çons, de la vais­selle… et tout autre pro­duit par­mi les mil­lions de ré­fé­rences que compte le ma­ga­sin.

Leur tra­vail consiste à trier, éti­que­ter puis po­ser les an­ti­vols en res­pec­tant une charte bien pré­cise en fonc­tion des tex­tiles.

Avant l’ou­ver­ture, à 9 h 30, tout le monde est sur le pont. À 9 h 29, les lampes qui étaient juste en veille pour des éco­no­mies d’éner­gie s’al­lument fran­che­ment. Un tech­ni­cien met en route les es­ca­la­tors et vé­ri­fie que tout fonc­tionne : cli­ma­ti­sa­tion ou chauf­fe­rie en fonc­tion de la sai­son ; groupe élec­tro­gène, sé­cu­ri­té…

« Le ma­tin, c’est la mise en route du ma­ga­sin au ni­veau des col­la­bo­ra­teurs et des ma­na­gers », ex­plique le di­rec­teur. En ce mo­ment, en pé­riode de soldes, les sa­la­riés sortent les « cuves » (bacs et por­tants) sur le trot­toir. « Il s’agit de cap­ter le tra­fic de la rue ; d’in­té­res­ser les gens qui n’en­tre­raient pas for­cé­ment ». Com­mer­cia­le­ment, rien n’est lais­sé au ha­sard. Éric Gon­nord fait le tour des rayons, sa­lue ses em­ployés et vé­ri­fie que tout est au bon en­droit. Les nou­velles col­lec­tions com­mencent à ar­ri­ver. Elles sont bien pliées, struc­tu­rées, à côté des pro­duits sol­dés plus en désordre. « Nous ne de­vons pas nous conten­ter de mettre des choses sur une éta­gère. Nous sommes là pour ra­con­ter des his­toires », in­siste le res­pon­sable. En ce mo­ment, pour­suit­il, « il y a beau­coup de tou­ristes, no­tam­ment des étran­gers, qui achètent pour l’hi­ver ». Il ne s’agit pas d’être en re­tard. Le res­pon­sable vé­ri­fie les af­fi­chages, les em­pla­ce­ments… « Puis, cha­cun vaque à ses oc­cu­pa­tions ».

« Notre mé­tier va au­de­là de la re­la­tion client », ajoute Éric Gon­nord. « Tout est fait pour ga­ran­tir la sé­cu­ri­té des clients dans le ma­ga­sin ». Ce­la va d’un ré­seau de ca­mé­ras im­por­tant à une sur­veillance hu­maine et élec­tro­nique. Le tout re­lié avec les pom­piers et/ou la po­lice en cas de si­nistre.

Vers 10 h 30, Éric Gon­nord re­trouve quo­ti­dien­ne­ment, dans son bu­reau, deux res­pon­sables com­mer­ciaux, un res­pon­sable res­sources hu­maines, mar­ke­ting, image, sé­cu­ri­té pour faire le point sur ce qui s’est pas­sé la veille (chiffre d’af­faires, ventes…) et en­vi­sa­ger la suite. Chaque pé­riode est dif­fé­rente, entre les fêtes de fin d’an­née, les soldes, les « 3 jours », les ventes pri­vées… On l’au­ra com­pris : il se passe tou­jours quelque chose, aux Ga­le­ries de Jaude !

« Nous sommes là pour ra­con­ter des his­toires »

LIVRAISONS. De 8 h 30 à 11 h 30, les li­vreurs et four­nis­seurs ap­portent la mar­chan­dise à quai.

RÉUNIONS. Le di­rec­teur Eric Gon­nord (deuxième en par­tant de la droite) et ses ma­na­gers se re­trouvent tous les ma­tins pour un dé­brie­fing.

AR­RIÈRE-BOUTIQUE. Tout ou presque passe par ici, dans la salle de marque, où Jo­ce­lyne et ses col­lègues re­çoivent, trient, éti­quettent, posent les an­ti­vols avant que les pro­duits partent en rayon. PHOTOS JEAN-LOUIS GORCE

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