Les en­fants sont ab­so­lu­ment mer­veilleux et leurs pa­rents sont… épui­sés

C’est cre­vant d’éle­ver des en­fants ? Mais au­tant en rire avec Shi­va Shaf­fii

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - La une - Flo­rence Ché­do­tal flo­rence.che­do­tal@cen­tre­france.com

Les pa­rents com­pren­dront. Eux qui savent ce que c’est de te­nir un stand de cham­boule-tout en plein ca­gnard un jour de ker­messe. De re­dou­bler d’in­ven­ti­vi­té pour domp­ter un en­fant coin­cé dans son siège-au­to en plein em­bou­teillage. De se le­ver trois fois la même nuit pour trou­ver « dou­dou ». De mar­cher pied nu sur un Le­go. Bien­ve­nue par­mi la com­mu­nau­té des pa­rents épui­sés.

Ils ont cette fa­çon bien à eux de ter­ras­ser une table d’apé­ro avant même l’ar­ri­vée des in­vi­tés. Cette fa­cul­té aus­si de vomir où bon leur semble. De jouer avec un car­ton d’em­bal­lage alors qu’on s’est rui­né en jouets. Les en­fants sont mer­veilleux, cha­cun le sait, et leurs pa­rents, épui­sés. Mais mieux vaut en rire qu’en pleu­rer, tel est le par­ti pris de Shi­va Shaf­fii

(photo DR), qui cultive la bonne hu­meur et l’ir­ré­vé­rence pa­ren­tale. La jeune femme, « se­rial en­tre­pre­neure », bâ­tit de­puis 2016 une com­mu­nau­té de pa­rents épui­sés avec son site par­ti­ci­pa­tif, do­té de­puis peu d’un Livre de che­vet du pa­rent épui­sé

(Édi­tions First), fa­cile à pi­co­rer, tout en in­fo­gra­phies (nor­mal, on n’a pas le temps de lire quand on est pa­rent !).

« Je ne me re­trou­vais pas dans cer­tains blogs fé­mi­nins où on a l’im­pres­sion que la ma­ter­ni­té, ce n’est que du bon­heur, où le sa­lon est tou­jours bien ran­gé, où on n’existe plus que par son en­fant. Je croyais avoir un pro­blème. Et je trou­vais que les pa­pas n’étaient pas as­sez pré­sents sur ces sites, ni les pro­blé­ma­ti­ ques de couple ». Elle dé­bite tout ce­la sur un ton es­souf­flé, en ga­lo­pant entre deux ren­dez­vous. « Je cours, je cours et je cours. J’ai un em­ploi du temps de fou ». Et deux en­fants de 7 et 9 ans. Shi­va Shaf­fii avait be­soin de se sen­tir moins seule dans cette ga­lère, elle monte donc en mai 2016 un site par­ti­ci­pa­tif hu­mo­ris­tique www.pa­ren­te­puise.com, qui compte à pré­sent plus de 139.000 membres « joyeux ». Tous heu­reux et li­bé­rés de pou­voir avouer, sans pas­ser pour des pa­rents in­dignes, qu’ils ont ra­va­lé cer­tains de leurs grands prin­cipes, même s’ils sont at­teints de re­pé­ty­tose sé­vère, de hand­spin­ne­ro­pho­bie ou que leurs ca­pa­ci­tés cog­ni­tives sont hau­te­ment al­té­rées par le manque de som­meil. Opé­ra­tion dé­cul­pa­bi­li­sa­tion et am­ biance dé­fou­loir ! « On parle sans ta­bou, avec au­to­dé­ri­sion », ré­sume la fon­da­trice. « L’idée n’est pas de dire qu’on n’aime pas être pa­rent, au contraire, mais on prend du re­cul. On in­tro­duit une touche de rire dans les mo­ments dif­fi­ciles de notre quo­ti­dien de pa­rents ou de grands­pa­rents d’ailleurs ! ». La crise de rire plu­tôt que la crise de nerfs, en ré­su­mé !

EX­TRAIT. « Les pe­tits chiffres spé­cial plage » pio­chés dans Le livre de che­vet du pa­rent épui­sé. © ÉDI­TIONS FIRST

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