Ar­ver­niales : les Gau­lois passent à l’at­taque

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - La une - Phi­lippe Cros

PLA­TEAU DE GER­GO­VIE. Les Ar­ver­niales se pour­suivent ce di­manche toute la jour­née, sur le site de la cé­lèbre ba­taille, au sud de l’ag­glo­mé­ra­tion cler­mon­toise.

ANI­MA­TIONS. Entre re­cons­ti­tu­tions de ba­tailles, ate­liers pour en­fants, fouilles ar­chéo­lo­giques, fa­bri­ca­tion de lampes à huile et autres cé­ré­mo­nies gau­loises.

On dit « ouèr­kin­gue­to­rixe » et pas sim­ple­ment Ver­cin­gé­to­rix

Les Ar­ver­niales

« C’est à quelle heure la guerre ? » C’est cet après-mi­di, vers 17 heures et on peut dé­jà vous an­non­cer que les jeunes guer­riers gau­lois ne fe­ront qu’une bou­chée des Ro­mains. Ren­dez-vous sur le pla­teau de Ger­go­vie pour un voyage au temps de la guerre des Gaules.

Il est là pour en dé­coudre. En­vi­ron 1,40 mètre au men­ton, che­veux bruns au car­ré, bouclier et épée de bois, Su­li­nos veut éli­mi­ner du Ro­main. Mais il s’est trom­pé de bi­vouac. « Vous êtes qui vous, les Ro­mains ou les Gau­lois ? » Sou­rire amu­sé du lé­gion­naire face à ce féroce guer­rier éga­ré : « D’après toi ? On a tué tous les Gau­lois ! » Su­li­nos n’a même pas peur : « C’est à quelle heure la guerre ? »

Il était un poil fan­fa­ron, le Ro­main. On est à Ger­go­vie, glo­rieuse vic­toire gau­loise en l’an 52 avant J.­C. Quelques heures plus tard, sur le champ de ba­taille, 80 jeunes Gau­lois ont vain­cu la lé­gion. « Ici, les Ro­mains n’ont qu’à bien se te­nir. »

Le ciel a me­na­cé un mo­ment, hier après­mi­di, il ne leur est fi­na­le­ment pas tom­bé sur la tête. Les dé­mons­tra­tions, les ate­liers, le bi­vouac avec des nom­breux ar­ti­sans et re­pro­duc­tions de gestes an­ciens ont fait le suc­cès de cette nou­velle édi­tion des Ar­ver­niales. On s’amuse mais on ap­prend aus­si.

Avec le Gau­lois Isa­ros, qui si­gni­fie le ra­pide. Sur­veillant pé­ni­ten­tiaire dans le ci­vil, Éric est un aris­to­crate gau­lois aux Ar­ver­niales, c’est­à­dire qu’il est for­mé pour la ba­taille. Sa cotte

de maille, c’est l’équi­valent de 22.000 € au­jourd’hui, as­sure­t­il. Au­tant dire que les Gau­lois n’en por­taient pas tous.

Et il parle un dia­lecte gau­lois, dit « ouèr­kin­gue­to­rixe » et pas sim­ple­ment Ver­cin­gé­to­rix comme notre prof d’his­toire. « Ce­la si­gni­fie grand chef des guer­riers, ex­plique­t­il. Les Gau­lois avaient tous des pré­noms si­gni­fiants : soit un pré­nom qui cor­res­pon­dait à ce qu’ils étaient, soit à ce qu’ils vou­laient de­ve­nir. »

« Au dé­part, on était les co­pains des Gau­lois »

Si vous ne sa­vez pas tout sur les Gau­lois, les Ro­mains et même les Ger­mains, qui ont eux aus­si fait le dé­pla­ce­ment, le ren­dez­vous du pla­teau de Ger­go­vie est pour vous. Un Ro­main à des­ti­na­tion des en­fants : « En fait, on était des co­pains des Gau­lois et ils nous ont ap­pe­lés pour les ai­der car ils étaient at­ta­qués par d’autres Gau­lois, les Hel­vètes. Et puis on est res­té. »

Les Ger­mains étaient des guer­riers re­dou­tables qui se glis­saient sous le ventre des che­vaux pour les éven­trer et en­suite zi­gouiller le ca­va­lier. « Ils étaient for­més à être des com­bat­tants à l’âge de 15 ans, même les filles le pou­vaient, té­moigne un gen­til Ger­main des Ar­ver­niales. Ils étaient en­traî­nés au com­bat, étaient ra­pides et fé­roces, pra­ti­quaient les em­bus­cades. On leur a fait connaître de belles dé­faites aux Ro­mains, Cé­sar n’a pas in­sis­té. » Qui se frotte aux Ger­mains s’y pique.

Aux Ar­ver­niales, on peut s’ini­tier à l’art de la fouille ar­chéo­lo­gique avec l’in­rap, tes­ter son ta­lent de cé­ra­miste avec le mu­sée de Le­zoux, dé­cou­vrir la qua­li­té des tis­sus gau­lois pro­duits à par­tir de la laine fi­lée et tein­tée. Et puis, comme Su­li­nos, on ap­prend à faire la dif­fé­rence entre un Gau­lois et un Ro­main.

PHO­TO HER­VÉ CHELLÉ

GER­GO­VIE. Sur le champ de ba­taille, hier après-mi­di, sur le pla­teau de Ger­go­vie. PHO­TOS HER­VÉ CHELLÉ

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.