L’écri­ture à la plume a tra­ver­sé le temps jusque dans les an­nées 70

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Grand Angel -

Si il y a des ob­jets my­thiques de l’école d’an­tan qui ont tra­ver­sé les dé­cen­nies, la plume et l’encre vio­lette font as­su­ré­ment par­tie de ceux-là.

Oui, sou­ve­nez­vous, cette encre qui tâ­chait si fa­ci­le­ment les doigts… Au mu­sée de l’école 1900, à Saint­mar­tin­des­olmes, la vi­site gui­dée dé­marre par quelques lignes d’écri­ture. A la plume, évi­dem­ment ! Si Ma­riette et Cé­leste uti­lisent cette tech­nique pour la pre­mière fois de leur vie, leurs grands­pa­rents la connaissent bien. « Quand j’étais à l’école, le sty­lo à bille com­men­çait tout juste à exis­ter mais on nous fai­sait tou­jours écrire à la plume. Je l’ai bien connu », ex­plique la grand­mère des pe­tites.

Jusque dans les an­nées 60, voir 70 dans les cam­ pagnes, avant l’hé­gé­mo­nie du sty­lo à bille, la plume a ré­sis­té de longues an­nées.

Au dé­but du XXE siècle, tous les soirs, un élève était char­gé de ré­col­ter le reste de l’encre dans les en­criers de ses ca­ma­rades, afin de la pla­cer dans une bou­teille por­tée en­suite dans l’ap­par­te­ment de l’ins­ti­tu­teur pour évi­ter que l’encre ne gèle quand il fai­sait trop froid.

L’écri­ture à la plume rap­pelle en­core éga­le­ment quelques sueurs froides aux gau­chers. En ef­fet, ceux qui ins­tinc­ti­ve­ment ten­taient d’écrire de la main gauche se fai­saient ra­brouer ma­nu mi­li­ta­ri. Com­bien d’éco­liers se sont fait at­ta­cher « la main du diable » dans le dos pour les for­cer à écrire de la main droite ? Beau­coup d’am­bi­dextres sont nés de cette mé­thode…

À L’AN­CIENNE. Cé­leste es­saye d’écrire à la plume. PHO­TO FRAN­CIS CAMPAGNONI

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