« La ba­taille n’est pas fi­nie ! »

150.000 ma­ni­fes­tants se­lon LFI, 30.000 se­lon la po­lice, hier, à Pa­ris

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - France & Monde/Actualités -

De­vant des di­zaines de mil­liers de par­ti­sans réu­nis place de la Ré­pu­blique à Pa­ris, Jean-luc Mé­len­chon a ap­pe­lé, hier, à pour­suivre la mo­bi­li­sa­tion contre les or­don­nances ré­for­mant le Code du travail, en pro­met­tant à Em­ma­nuel Ma­cron et aux « oli­garques » que « la ba­taille n’est pas fi­nie ».

Si les or­don­nances ont été pu­bliées hier (voir ci­con

tre) au Jour­nal of­fi­ciel, elles n’au­ront pas « force de loi » tant que le Par­le­ment ne les au­ra pas ra­ti­fiées, a rap­pe­lé le chef de la file de la France in­sou­mise dans un dis­cours vi­ru­lent de 45 mi­nutes, de­vant une foule es­ti­mée à 30.000 per­sonnes par la po­lice et à 150.000 par les or­ga­ni­sa­teurs.

D’ici là, Jean­luc Mé­len­chon « sou­haite, avec les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales – et nous sommes prêts à nous ran­ger der­rière elles – une ac­tion forte et dense », en évo­quant la pos­si­bi­li­té de « dé­fer­ler à un mil­lion sur les Champs­ély­sées ».

« On en a connu d’autres qui se di­saient droits dans leurs bottes et à qui on a fi­ni par leur faire re­ti­rer », a iro­ni­sé le dé­pu­té des Bouches­du­rhône en al­lu­sion au re­trait du plan Jup­pé en 1995. Face à la foule scan­dant « Ré­sis­tance ! » et « Dé­ga­gez ! », il a ap­pe­lé « à une “cas­se­ro­lade”, (faire le plus de bruit pos­sible avec des cas­se­roles) » sa­me­di pro­chain, en ré­fé­rence aux ac­tions me­nées par le mou­ve­ment des In­di­gnés. Pour faire pres­sion sur le gou­ver­ne­ment, il a in­ci­té ly­céens et étu­diants « à se mettre en mou­ve­ment ». « Soyez di­ gnes de votre âge et de ceux qui vous ont pré­cé­dé, sans les­quels vous ne se­riez pas pro­té­gés par le droit du travail », a­t­il lan­cé.

« Les fai­néants dans la rue »

Jean­luc Mé­len­chon a consa­cré une bonne part de son dis­cours à de vio­lentes at­taques contre Em­ma­nuel Ma­cron, l’ac­cu­sant « de par­ler du peuple comme de la ra­caille ». « Ja­mais au­pa­ra­vant per­sonne n’avait par­lé au peuple fran­çais de cette fa­çon », a­t­il mar­te­lé. « C’est la rue qui a abat­tu les rois, les na­zis, le plan Jup­pé et le CPE… », a­t­il ré­pli­qué au pré­sident, pour qui « la dé­mo­cra­tie, ce n’est pas la rue ».

Les ma­ni­fes­tants, avec pan­cartes (« Y’a rien de bon dans le Ma­cron » ou en­core « Les fai­néants dans la rue ») et ban­de­roles, avaient au­pa­ra­vant mar­

ché de Bas­tille à Ré­pu­blique. Dans le car­ré de tête, der­rière une ban­de­role « Non au coup d’état so­cial », fi­gu­rait no­tam­ment, au cô­té du lea­der de La France in­sou­mise, l’an­cien can­di­dat PS à la pré­si­den­tielle Be­noît Ha­mon (voir ci­des­sous). Les mi­li­tants CGT étaient ve­nus en nombre. Le pa­tron du PCF, Pierre Laurent, a pas­sé une tête mais sans dé­fi­ler…

Le mot d’ordre avait été élar­gi à l’en­semble des ini­tia­tives po­li­tiques du gou­ver­ne­ment de­puis quatre mois, ré­su­mées par l’ex­pres­sion choc de « coup d’état so­cial » : aug­men­ta­tion de la CSG, ré­duc­tion des aides au lo­ge­ment, sup­pres­sion d’em­plois ai­dés.

PRE­MIER RANG. En tête du cor­tège, Jean-luc Mé­len­chon et des res­pon­sables de LFI, par­mi les­quels la porte-pa­role Ra­quel Gar­ri­do (à droite, poing le­vé). AFP

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