Une adresse mail contre les e-pro­blèmes à l’école

Parce qu’ils prennent les pro­blèmes de har­cè­le­ments via le net au sé­rieux, les pa­rents d’élèves de la Peep de Chamalières ont créé une adresse mail spé­ci­fique pour les pa­rents. Une ju­riste leur ré­pond.

La Montagne (Clermont-Limagne) - - La Une - Cé­cile Ber­gou­gnoux ce­cile.ber­gou­gnoux@cen­tre­france.com

Vos en­fants jouent en ligne ? Des jeux du genre ce­lui des Bar­bares mous­ta­chus ? Mul­ti­joueurs ? Qu’est­ce qui vous dit que der­rière le pseu­do « Jazz » ou « Crach par­ty », il y a bien un en­fant ? « En l’oc­cur­rence, c’était un homme qui pre­nait contact comme ça avec les en­fants », dé­nonce Claude Lau­mont, pré­sident de la fé­dé­ra­tion de pa­rents d’élèves Peep du Puy­de­Dôme et de Chamalières. « Au­jourd’hui, les pé­do­philes ne sont plus à la sor­tie des écoles mais dans la chambre de nos en­fants », dé­nonce Ca­ro­line Du­muis, res­pon­sable Peep au col­lège Teil­hard­de­Char­din, à Chamalières.

Har­cè­le­ment, por­no­gra­phie

De cette his­toire vraie, (et d’autres) concer­nant un groupe d’élèves de Chamalières, est née l’idée de mettre à dis­po­si­tion des pa­rents une adresse mail spé­ci­fique : we­be­coute.peep.cham@gmail.com.

Au bout, une ju­riste, Fa­bienne Fer­rer. Elle est aus­si une ma­man et un pa­rent d’élève adhé­rent à la Peep. « Il n’y a pas que les mau­vaises ren­contres sur le net, il y a aus­si le har­cè­le­ment via un ré­seau so­cial, l’ex­po­si­tion à la por­no­gra­phie… On ne peut pas tou­jours re­gret­ter les ef­fets dé­sas­treux sur nos en­fants comme l’iso­le­ment, la pho­bie sco­ laire, l’échec sco­laire…, sans es­sayer d’agir avant de pré­ve­nir ».

La jeune femme a donc ac­cep­té la mis­sion de ré­pondre aux pa­rents. « On as­sure la confi­den­tia­li­té, l’ano­ny­mat mais quand on va iden­ti­fier un pro­blème, nous al­lons pou­voir agir di­rec­te­ment car nous connais­sons l’éta­blis­se­ment, les en­sei­gnants » as­sure­t­elle. Mis en place de­puis la ren­trée, ce mail a dé­jà per­mis d’iden­ti­fier une vraie si­tua­tion et d’in­ter­ve­nir avant que ce­la n’aille trop loin.

On le sur­nomme « Ja­cky » et alors ?

« Sou­vent, ex­plique la ju­riste, les pa­rents ne veulent pas croire que leur en­fant est ex­po­sé à ce type de dan­gers. Ils ne croient pas que leur fils ou fille fait par­tie des un élève sur deux de classe de 6e qui est al­lé sur un site por­no­gra­phique », dé­taille Fa­bienne Fer­rer.

« Au­jourd’hui, les pé­do­philes ne sont plus à la sor­tie des écoles mais dans la chambre de nos en­fants »

Et Anne Fre­ja­ville, res­pon­sable Peep ma­ter­nelle Paul­La­pie, de ra­con­ter n’avoir pas com­pris en quoi sur­nom­mer un col­lé­gien « Ja­cky » était gra­ve­ment in­sul­tant. Fa­bienne Fer­rer ap­porte la ré­ponse : « C’est en ré­fé­rence au site por­no­gra­phique Jac­quie et Mi­chel. Inu­tile de vous dire que pour l’élève en ques­tion, être ap­pe­lé tous les jours comme ça, par plu­sieurs co­pains, dans le but de l’hu­mi­lier, on ar­rive dans le champ du har­cè­le­ment. Au dé­but, c’est “juste pour rire”, jus­qu’à pous­ser l’en­fant au re­pli sur soi. Au sui­cide par­fois ». ■

ILLUS­TRA­TION FRANCK BOI­LEAU

CONNEC­TÉS. Les élèves ont ac­cès à l’In­ter­net très tôt avec l’usage des smart­phones dès l’école pri­maire, ce qui mul­ti­plie les risques d’ex­po­si­tion aux e-pro­blèmes. La Peep veut avant tout faire de la pré­ven­tion.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.