« Si j’ai l’étoile, je m’en fous du jeu ! »

■ An­toine Griez­mann ne veut pas man­quer la der­nière marche, de­main

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Coup de Monde -

« Je veux l’étoile et, si j’ai l’étoile, je m’en fous du jeu ! », a lan­cé An­toine Griez­mann, hier, à deux jours de la fi­nale de la Coupe du monde contre la Croa­tie, as­su­mant le style dé­fen­sif de l’équipe de France.

Deux ans après l’Eu­ro, vous êtes plus dans le com­bat et l’or­ga­ni­sa­tion du jeu, moins bu­teur : une pe­tite pointe de frus­tra­tion ? En étant meilleur bu­teur, on a per­du, je me suis dit : « Je vais mettre moins de buts pour voir si on la gagne » (rire). Mon jeu change, je suis plus à mettre le rythme, gar­der le bal­lon ou ac­cé­lé­rer. Si je marque tant mieux mais je suis plus un joueur qui pense à l’équipe qu’à mettre mes buts.

■ Ce match peut chan­ger votre vie… Oui, ça peut la chan­ger mais on ne pense pas trop à di­manche soir ou lun­di. On veut pré­pa­rer le match.

■ Qu’avez-vous ap­pris sur vous-même ? Que je reste le même : je joue à For­nite (jeu vi­déo) toute la jour­née, je pro­fite du foot, je bois mon ma­té, c’est ça que j’aime chez moi.

■ Comment est ve­nu l’es­prit de sa­cri­fice au groupe ? D’abord parce qu’on vit bien, ça aide à faire les ef­forts pour les co­équi­piers. Nous­mêmes, on s’est dit qu’il fal­lait être un bloc so­lide, dur à battre et, pe­tit à pe­tit, on l’a amé­lio­ré. On de­vient dur à battre, c’est ça qui est beau, c’est ça qui est bon. Et après, of­fen­si­ve­ment, on sait qu’on peut mar­quer à tout mo­ment.

■ Vous re­pla­cez vos co­équi­piers sur le ter­rain… J’ai la chance de tra­vailler avec le meilleur en­traî­neur dé­fen­si­ve­ment (Die­go Si­meo­ ne à l’At­lé­ti­co Ma­drid, ndlr), je vois des trucs sur le ter­rain, j’es­saie de le dire, de leur faire ap­prendre, comme eux peuvent m’ap­prendre of­fen­si­ve­ment des pe­tits trucs.

J’ai la chance de jouer avec « Cho­lo » (Die­go Si­meone) donc je donne des conseils et des as­tuces pour re­ca­drer dé­fen­si­ve­ment.

■ Avez-vous dû convaincre les joueurs des bien­faits du sa­cri­fice ? Je n’ai pas trop es­sayé de convaincre les co­équi­piers… Si Ky­lian (Mbap­pé ) et « Olive » ( Gi­roud) me voient re­des­cendre dans ma sur­face, ils se disent « pour­quoi pas moi ». La dé­fense, dans notre style de jeu, avec les joueurs qu’on a, c’est le plus im­por­tant, et avec nos at­ta­quants on peut faire quelque chose, Ky­lian sur un dé­bor­de­ment, « Olive » sur un centre ou moi, sur une pe­tite fo­lie, comme ça m’ar­rive de temps en temps.

■ L’équipe de France, c’est le style At­lé­ti­co ? C’est le style de jeu que j’ai en club, j’ai l’ha­bi­tude, je sais comment gé­rer ça, j’es­saie de prendre le jeu à mon compte, ac­cé­lé­rer ou ra­len­tir quand il le faut.

■ On sent la patte Des­champs… Il est res­pec­té par nous parce qu’il l’a ga­gnée, il sait le che­min par où pas­ser. Il a fait des choix forts, pour Lu­cas (Her­nan­dez ) ou ( Ben­ja­min) Pa­vard. Il a chan­gé après l’Ar­gen­tine, la pres­sion est re­des­cen­due, ça nous a fait du bien à tous. Il pré­pare les matchs, il sait par où pas­ser, on croit en lui, on a confiance en lui, on joue pour lui.

■ Des cri­tiques ont été émises par les Belges sur la qua­li­té de jeu des Bleus… Non ! ( Thi­baut) Cour­tois a joué à l’At­lé­ti­co de Ma­drid, il a été cham­pion d’Es­pagne. Et à Chel­sea, il croit qu’il fait le jeu du Bar­ça ? Non ! On s’en fout de la ma­nière, on a ga­gné.

■ Ça vous em­bê­te­rait d’être per­çu comme un cham­pion du monde « moche » ? Non, je m’en fous ! Je veux l’étoile, et si j’ai l’étoile, je m’en fous du jeu !

■ Pour­quoi dites-vous sou­vent « vive la Ré­pu­blique » ? Il faut être fier d’être Fran­çais ! On le dit très peu : on est bien en France, on mange bien, on a un beau pays, on a une belle équipe de France. J’ai en­vie que les jeunes disent « Vive la France et vive la Ré­pu­blique ! » ■

TAC­TIQUE. « La dé­fense, dans notre style de jeu, avec les joueurs qu’on a, c’est le plus im­por­tant. »

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