La trêve cler­mon­toise du Pre­mier mi­nistre

La Montagne (Clermont-Limagne) - - La Une - Si­mon An­to­ny et Phi­lippe Cros

Po­li­tique À l’ori­gine, ce de­vait être la vi­site du mi­nistre de la Co­hé­sion des ter­ri­toires. Et puis Édouard Phi­lippe a dé­ci­dé de se joindre à Jacques Mé­zard. Un ma­ra­thon de vi­sites, sans réelles an­nonces, avant un re­ma­nie­ment at­ten­du et im­mi­nent.

«Fin de la sé­quence au vol­can, tout le monde en voi­tures, on file à la sé­quence vi­site. » L’at­ta­chée de presse de Ma­ti­gnon a me­né sa jour­née tam­bour bat­tant. Peu­têtre parce que cette jour­née de six heures com­por­tait six vi­sites, au­tant de dis­cours, deux points presse et un dé­jeu­ner à la pré­fec­ture. Peut­être aus­si parce qu’un ti­ming ser­ré, une or­ga­ni­sa­tion hui­lée, ce­la laisse moins de place pour des ques­tions em­bar­ras­santes. La ve­nue du Pre­mier mi­nistre à Cler­montFer­rand, sans rai­son ap­pa­rente, alors que l’an­nonce du re­ma­nie­ment est im­mi­nente, est un mys­tère.

Il y a bien eu le fo­cus sur les ac­tions du plan « Lo­ge­ment d’abord ». Un peu da­té : la pre­mière an­nonce a un an. La vi­site aux élus du Conseil na­tio­nal de la mon­tagne. Quinze mi­nutes, montre en main. Alors, for­cé­ment, on pense stra­té­gie po­li­tique. Oc­cu­per le ter­rain alors qu’on dit le gou­ver­ne­ment des­ta­bi­li­sé. Oc­cu­per (ou quit­ter) l’es­pace mé­dia­tique, quand tout le monde parle de re­ma­nie­ment. L’en­tou­rage ré­pond : « Le Pre­mier mi­nistre aime le ter­rain, la vie conti­nue. » Tout sim­ple­ment.

La sé­ré­ni­té du tra­vail dé­jà ac­com­pli ?

Il faut re­con­naître qu’Édouard Phi­lippe ne trans­pi­rait pas l’an­xié­té. Tous les noms des nou­veaux mi­nistres se­raient connus, ne res­te­raient que les dé­tails à ré­gler. Pen­dant cette jour­née, pas de membres du ca­bi­net pen­dus à leur té­lé­phone. Rien de la fré­né­sie que l’on pour­rait at­tendre avant un re­ma­nie­ment im­mi­nent.

C’est peut­être ain­si qu’il faut lire cette vi­site à Cler­mont. Une der­nière sor­tie avant de re­plon­ger dans la po­li­tique. Une res­pi­ra­tion avant de re­trou­ver l’agi­ta­tion pa­ri­sienne. Comme cette pho­to prise avec les gen­darmes en fin de jour­née. « Il n’avait ja­mais fait de pho­tos avec les gen­darmes, ça lui te­nait à coeur. » Et pro­fi­ter un peu de sa double cas­quette à Ma­ti­gnon et à l’In­té­rieur. Ou la prise de pa­role de­vant les ex­perts­comp­tables. « Une op­por­tu­ni­té de­vant 4.000 lea­ders d’opi­nion au­près des en­tre­prises. »

Une vi­site plai­sir, au point d’im­pro­vi­ser une pro­me­nade dans les rues cler­mon­toises (im­pro­vi­sée, mais at­ten­due par une tren­taine de jour­na­listes et toute la sé­cu­ri­té…). De la place Gaillard à la pré­fec­ture. Soit le che­min in­verse de la pro­me­nade noc­turne d’Em­ma­nuel Ma­cron en jan­vier der­nier. Ser­rage de main. « Dé­so­lé ma­dame pour l’ani­ma­tion ». « Au contraire, c’est un hon­neur de vous avoir. » Tête pen­chée au­des­sus d’un ber­ceau. « C’est votre pre­mier ? ». « Non, le deuxième ». « Alors ça va al­ler tout seul. » Édouard Phi­lippe comme vous ne l’avez ja­mais vu.

Seul échange avec la presse de la jour­née : une ques­tion au su­jet du re­ma­nie­ment. « Dé­so­lé, mais je dois y al­ler. » Et d’en­chaî­ner quelques sel­fies avec les pas­sants. En par­ti­cu­lier ce­lui­ci qui glisse : « J’en avais un avec le pré­sident en jan­vier. Main­te­nant vous. » Il fau­dra connaître tous les noms du gou­ver­ne­ment pour ter­mi­ner cette col­lec­tion. ■

Pas de lo­gique dans cette vi­site mais des op­por­tu­ni­tés

PHO­TO FRED MARQUET

■ BOL D’AIR. Loin de l’em­bal­le­ment mé­dia­tique et po­li­tique à Pa­ris au­tour du re­ma­nie­ment, Edouard Phi­lippe est ve­nu souf­fler au­près des Cler­mon­tois, hier. ■ VI­SITES. Sans réelles an­nonces, le lo­ca­taire de Ma­ti­gnon a mul­ti­plié les ren­dez­vous dans une jour­née me­née au pas de course.

PHO­TO FRED MARQUET

COM­MU­NI­CA­TION. Lo­ge­ment, taxe d’ha­bi­ta­tion, mais pas de re­ma­nie­ment.

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