Les CCI doivent s’at­tendre à un tour de vis

■ Le pré­sident ré­gio­nal an­nonce des sup­pres­sions de postes

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Région Actualité - Laurent Ber­nard

Pour faire face à la baisse des do­ta­tions de l’Etat, les treize CCI de la ré­gion ont dé­jà dû sup­pri­mer 350 em­plois ces der­nières an­nées.

Elles em­ploient au­jourd’hui 2.000 sa­la­riés. Une nou­velle baisse des res­sources pré­vue dans les pro­chaines an­nées de­vrait se tra­duire par d’autres li­cen­cie­ments, in­dique le pré­sident de la CCIR Au­vergne­Rhône­Alpes, le Lyon­nais Phi­lippe Gué­rand.

■ La loi PACTE pré­voit une nou­velle baisse des res­sources des CCI. Quel se­ra l’im­pact en Au­vergne-Rhône-Alpes ? Dans la ré­gion, ce sont 12 mil­lions d’eu­ros que nous per­ce­vrons en moins, dès 2019, à ré­par­tir pro­por­tion­nel­le­ment entre chaque dé­par­te­ment. Entre 2012 et 2022, les CCI au­ront per­du 75 % de leurs res­sources, c’est consi­dé­rable.

■ Quelles consé­quences sont à at­tendre sur vos mis­sions ? La loi va nous faire perdre les for­ma­li­tés d’ins­crip­tion des en­tre­prises, un sec­teur qui se­ra confié aux tri­bu­naux de com­merce. Nous ne se­rons plus col­lec­teurs de la taxe d’ap­pren­tis­sage. Le mi­nistre de l’Éco­no­mie nous de­mande de nous concen­trer sur les ser­vices d’ap­pui aux en­tre­prises, l’in­ter­na­tio­nal et la for­ma­tion.

■ Les CCI ter­ri­to­riales von­telles de­voir à nou­veau sup­pri­mer des ef­fec­tifs ? Oui, la qua­si­to­ta­li­té des CCI vont de­voir pour­suivre le pro­ces­sus en­ga­gé lors de la pré­cé­dente man­da­ture. Un groupe de tra­vail vient d’être consti­tué.

■ Faut-il s’at­tendre à de nou­velles fu­sions de CCI ?

Comme je l’ai tou­jours dit, je m’op­po­se­rai à des fu­sions for­cées, mais j’ac­com­pa­gne­rai toute fu­sion vo­lon­taire. La seule né­ces­si­té, pour les CCI, se­ra de mettre en com­mun des moyens opé­ra­tion­nels.

■ Com­ment fi­nan­cer la né­ces­saire mo­der­ni­sa­tion des or­ga­nismes de for­ma­tion, avec des re­cettes en baisse ?

En mo­di­fiant par exemple le sta­tut ju­ri­dique des écoles. L’EM Lyon vient de se trans­for­mer en so­cié­té à ca­pi­taux, tout comme GEM Gre­noble, afin de faire en­trer des en­tre­prises, donc des fi­nan­ce­ments. Je trouve cette ou­ver­ture nor­male, puisque ces écoles tra­vaillent pour les en­tre­prises. Mais nous sou­hai­tons que les CCI gardent la main.

■ La loi PACTE pro­met aus­si de sim­pli­fier le fonc­tion­ne­ment des en­tre­prises. Vous sa­tis­fait-elle ? Nous avons en­fin une loi of­fen­sive qui parle de crois­sance des en­tre­prises. C’est une bonne nou­velle. Mais il fau­dra la com­plé­ter en al­lant plus loin : il faut aug­men­ter les marges, en s’at­ta­quant à la dé­pense pu­blique.

■ Mais il y a dé­jà eu le CICE ? Mais il fai­sait suite à une hausse très forte ! Le CICE, c’est juste une baisse de la hausse ! Il va bien fal­loir di­mi­nuer la dé­pense pu­blique pour di­mi­nuer les charges et aug­men­ter les marges des en­tre­prises. ■ ➔ Sur le Net. L’in­té­gra­li­té de l’in­ter­view est à lire sur la­mon­tagne.fr.

PHO­TO J.-J. RAY­NAL

PHI­LIPPE GUÉ­RAND. « La loi PACTE est une bonne nou­velle. Mais il faut al­ler plus loin, en bais­sant la dé­pense pu­blique pour aug­men­ter les marges. »

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