« Re­trou­ver l’en­vie de se faire mal »

Cler­mont af­fron­te­ra Brive, de­main (20 h 45), au Mi­che­lin, avec l’un de ses cadres ma­jeurs, un des joueurs clés de son titre du mois de juin. Un Mor­gan Par­ra af­fa­mé. Le n° 9, re­mis de sa bles­sure à un ge­nou, va dé­bu­ter sa sai­son, de­main (20 h 45)

La Montagne (Clermont-Volcans) - - Sports - Ch­ris­tophe Bu­ron

De­puis son ar­ri­vée à l’ASM en 2009, Mor­gan Par­ra est assurément le maillon fort de l’équipe cler­mon­toise. Dé­ci­sif lors des deux titres (2010, 2017), sa pré­sence est qua­si­ment une ga­ran­tie, puis­qu’au terme de toutes les fi­nales du club que Par­ra n’a pas ter­mi­né sur le ter­rain… Cler­mont s’est in­cli­né. Et quand il a joué 80 mi­nutes… Cler­mont a ga­gné.

Bles­sé au ge­nou droit (en­torse) il y a un mois à Is­soire (en ami­cal face à Pau), le nu­mé­ro 9 in­ter­na­tio­nal va ef­fec­tuer de­main son re­tour à la com­pé­ti­tion. Trois mois après avoir of­fert ( sur un der­nier ruck ga­gnant face au Tou­lon­nais Ver­meu­len) le Bren­nus à son club, Mor­gan Par­ra re­vient sur le titre du mois de juin et fixe le dé­cor de ce dé­but de sai­son. Qu’est-ce qui vous reste de cette fi­nale rem­por­tée face à Tou­lon ? Pas rien, mais… ( il hé­site) le plus im­por­tant est de re­mettre les comp­teurs à zé­ro, de bos­ser en­core plus fort car on est at­ten­du par­tout. Le seul truc que je re­tiens, c’est notre ca­pa­ci­té de ga­gner une fi­nale. Mais le plus dur com­mence.

Ce titre a-t-il une sa­veur dif­fé

rente de ce­lui de 2010 ? Oui, très dif­fé­rente, car entre les deux il y a eu sept ans dif­fi­ciles, à cra­va­cher. Per­son­nel­le­ment, ce furent sept an­nées avec des hauts et des bas. Après le titre du mois de juin, j’étais content et fier car on n’a ja­mais r ien lâ­ché, on s’est tou­jours re­mis dans le truc et on a fi­ni par être ré­com­pen­sé. La sa­veur est donc plus im­por­tante au­jourd’hui car je sais, beau­coup plus qu’en 2010, com­bien il est dur de rem­por­ter ce cham­pion­nat.

En 2010, vous pen­siez que ce se­rait plus fa­cile de ga­gner à nou

veau ? Après le titre de 2010, avec Alexandre La­pan­dry, qui dé­bu­tait comme moi avec l’ASM à 21 ans, on se di­sait que la ma­chine était en route, que l’on al­lait en­chaî­ner les titres. Oui, on pen­sait que ce se­rait fa­cile de ga­gner avec ce club. En fin de compte, sept ans, c’est juste mons­trueux comme at­tente et d’ef­forts pour dé­cro­cher un autre titre.

Votre res­sen­ti est donc très dif

fé­rent au­jourd’hui ? En juin, face à Tou­lon, on a dé­blo­qué un truc men­tal. On sait ga­gner ce type match. Main­te­nant, je suis d’ac­cord avec le staff et le pré­sident quand ils disent que le plus dur se­ra pro­ba­ble­ment de re­ve­nir en fi­nale.

Peut- on dire que la dé­route à La Ro­chelle a fait re­tom­ber l’ASM

sur terre ? Il y a une vé­ri­té : de­puis trois mois et la der­nière fi­nale, tous les clubs ont tra­vaillé dur. Nous, on s’y est re­mis aus­si mais on n’a pas en­core les cri­tères pour ri­va­li­ser avec le haut du ta­bleau.

Vous di­riez que Cler­mont est en

re­tard ? Oui, je le pense. En re­tard psy­cho­lo­gi­que­ment sans doute, phy­si­que­ment peut­être aus­si un peu, en re­tard sur notre ca­pa­ci­té à dé­fendre et à met­ tre du jeu. Alors, peut­être fal­lait­il prendre une bonne claque comme à La Ro­chelle pour ré­agir. Le Top 14 est hy­per exi­geant et toutes les équipes veulent nous ta­per ; c’est un fait avé­ré. Avant le coup d’en­voi de la sai­son, on était res­pec­té. Au­jourd’hui, après nos matchs à Bor­deaux et sur­tout à La Ro­chelle, le re­gard de nos ad­ver­saires a sans doute chan­gé…

Qu’est-ce qui vous pa­raît alors in­dis­pen­sable pour re­trou­ver une bonne dy­na­mique, à com­men­cer

par ce der­by face à Brive ? Le com­bat ! Il faut re­trou­ver l’en­vie de se faire mal, l’en­vie de pla­quer, l’en­vie de faire des sa­cri­fices pour le co­pain d’à cô­té. Ce se­ra le pas­sage obli­gé si l’on veut goû­ter à nou­veau au bon­heur de la sai­son der nière. Tour­nons la page, ou­blions ce titre. Au­jourd’hui, notre unique cer­ti­tude, je l’ai dit, c’est de sa­voir rem­por­ter une fi­nale. Sur notre dé­fense, notre ca­pa­ci­té à être agres­sif, à mettre notre jeu en place… on n’a pas de cer­ti­tudes. Il faut re­cons­truire.

« En 2010, on se di­sait que ce se­rait fa­cile de ga­gner des titres avec l’ASM »

DÉ­FENSE. Par­ra n’a pas eu peur, lors de la der­nière fi­nale du Top 14, de se mettre en tra­vers des at­ta­quants tou­lon­nais ( ici Tui­so­va). PHO­TO RI­CHARD BRU­NEL

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