LE FEUILLETON

La Montagne (Clermont-Volcans) - - Au quotidien -

« Eh bien, Sa­phir, mon beau, qu’est-ce qui t’ar­rive ? Tu trans­pires, on di­rait bien. Ma­man, il a de la fièvre !

– Oui, fit Éli­na. Tu sais aus­si bien que moi ce que peuvent ca­cher ces symp­tômes… Va vite cher­cher ton grand-père, il tra­vaille à la longe dans la car­rière du haut.

– Ma­man, je­ta Sa­rah, af­fo­lée, tu penses que Sa­phir souffre d’une four­bure ? Il n’est pas très vieux pour­tant !

– Va vite, moi je té­lé­phone à M. Lan­glet. À ton re­tour, tu sor­ti­ras le dos­sier mé­di­cal de Sa­phir, le vé­té­ri­naire en au­ra be­soin. »

Tout en cou­rant qué­rir son grand-père, Sa­rah se re­mé­mo­rait ses cours concer­nant les ma­la­dies des che­vaux. La four­bure, hé­las, était une ma­la­die grave, en gé­né­ral le trai­te­ment était long. De­puis qu’elle pre­nait soin des po­neys, elle n’avait ja­mais vu une bête du centre at­teinte de cette pa­tho­lo­gie re­dou­tée des éle­veurs.

Lu­kas confir­ma qu’il s’agis­sait bien d’une four­bure. Pour ras­su­rer sa pe­tite-fille, il af­fir­ma que la ma­la­die était ré­cente : Sa­phir n’avait pas eu de signes avant­cou­reurs, pas de co­liques, pas de chan­ge­ment d’ali­men­ta­tion, sa ra­tion de nour­ri­ture était tou­jours vé­ri­fiée, il avait de l’eau à vo­lon­té, on le ver­mi­fu­geait ré­gu­liè­re­ment…

Dix mi­nutes plus tard, la voi­ture du vé­té­ri­naire stop­pait de­vant les écu­ries. Un grand jeune homme aux che­veux châ­tains lé­gè­re­ment bou­clés s’ap­pro­cha d’Éli­na qui s’em­pres­sa de le conduire au­près du ma­lade. Il sa­lua Lu­kas en dé­vi­sa­geant la jeune fille in­con­nue.

« Sa­rah, ma pe­tite-fille, elle tra­vaille ici avec nous de­puis… tou­jours ! Vous ne vous étiez ja­mais ren­con­trés, il me semble. Voi­ci mon­sieur Ver­neuil, l’as­sis­tant de M. Lan­glet.

– An­tho­ny, dit le jeune homme en ser­rant la main de Sa­rah. M. Lan­glet va ar­ri­ver, il se trouve dans une ferme proche où nous vac­ci­nions des veaux. Il m’a de­man­dé de le de­van­cer ici. »

Aus­si­tôt, le jeune vé­té­ri­naire com­men­ça à exa­mi­ner le pauvre Sa­phir qui, de temps à autre, sou­le­vait un à un ses an­té­rieurs pour moins souf­frir, c’était évident. Il po­sa quelques ques­tions concer­nant le com­por­te­ment du po­ney ces der­niers jours avant d’exa­mi­ner at­ten­ti­ve­ment le car­net mé­di­cal. La prise de tem­pé­ra­ture confir­ma que l’ani­mal était fié­vreux. Dès que le jeune homme ef­fleu­rait du doigt le bas de ses an­té­rieurs, il trem­blait de dou­leur.

« Il s’agit bien d’une four­bure, consta­ta-t-il et, de­vant la mine in­quiète de Sa­rah, il s’em­pres­sa d’ajou­ter : Par chance, la ma­la­die com­mence tout juste, je pense que votre po­ney gué­ri­ra as­sez ra­pi­de­ment. Bien sûr, il faut prendre des pré­cau­tions. À mon avis, un trai­te­ment d’an­ti-in­flam­ma­toires et des an­ti­bio­tiques de­vraient ra­pi­de­ment cal­mer fièvre et dou­leur. Je de­man­de­rai l’avis de M. Lan­glet qui connaît l’ani­mal bien mieux que moi, mais je pense que des bains d’eau froide sou­la­ge­raient consi­dé­ra­ble­ment les an­té­rieurs.

(à suivre)

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