« Notre mé­tier d’ar­chi­viste n’est pas as­sez re­con­nu »

La Montagne (Clermont-Volcans) - - Puy-de-dôme - Fan­ny Gui­né

Des états gé­né­raux pour les ar­chives se dé­roulent jus­qu’à au­jourd’hui au centre dio­cé­sain de pas­to­rale de Cler­mont. Il est ques­tion de l’ave­nir et de la re­con­nais­sance de la pro­fes­sion par les ci­toyens et les élus.

Na­tha­lie Lopes, pré­si­dente du ré­seau na­tio­nal d’ac­tions des ar­chi­vistes, in­ter­vient ce ma­tin pour par­ler de l’ac­cès aux ar­chives.

Quelle est l’ur­gence au­jourd’hui pour réunir ci­toyens, élus et ar­chi­vistes ?

Les ar­chives sont un droit fon­da­men­tal pour chaque ci­toyen. Elles doivent être ac­ces­sibles dans toutes les com­munes. Or, il existe seule­ment 600 ser­vices d’ar­chives en France, sur les 35.000 com­munes. Il y a un vé­ri­table manque, aus­si lié à la désor­ga­ni­sa­tion qu’a en­traî­né le pas­sage au nu­mé­rique. On es­time que dix ans d’ar­chives pour­raient être per­dus à cause de ce flou. Notre mé­tier n’est pas as­sez re­con­nu, alors que nous en­tre­te­nons un pa­tri­moine.

Que peut-on trou­ver dans un ser­vice d’ar­chives ?

Les per­mis de construire, les actes de nais­sance, les dé­ li­bé­ra­tions et les ar­rê­tés du maire, les fi­nances de la com­mune… Et tout est ac­ces­sible gra­tui­te­ment.

Quels sont les pro­blèmes en­gen­drés par la dé­ma­té­ria­li­sa­tion ?

Le pa­pier très an­cien se conserve. Con­fir­mez­moi que dans dix ou vingt ans, votre do­cu­ment nu­mé­rique pour­ra être lu et conser­vé ? Une vraie dif­fé­rence existe entre une sau­ve­garde et une con­ser­va­tion dans le temps. Je parle sou­vent d’illu­sion avec le nu­mé­rique : ar­chi­ver un do­cu­ment, c’est ap­por­ter la preuve qu’il n’est pas fal­si­fié. La dé­ma­té­ria­li­sa­tion com­plique vrai­ment la tâche.

PHO­TO F. G.

DÉ­BAT. Na­tha­lie Lopes in­ter­vient ce ma­tin au centre dio­cé­sain.

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