Geof­froy Ma­thieu en pleine lu­mière ?

D’un ca­rac­tère ré­ser­vé, Geof­froy Ma­thieu pré­fère l’ombre à la lu­mière. Le jeune Cler­mon­tois, 20 ans, pour­rait ce­pen­dant être la ve­dette de la 1re jour­née des France en pe­tit bain. Au­jourd’hui, à Mont­pel­lier, la va­leur mon­tante de la na­ta­tion fran­çaise vis

La Montagne (Clermont-Volcans) - - Sports - Raphaël Ro­chette ra­phael.ro­chette@cen­tre­france.com

J’ai l’am­bi­tion d’être cham­pion de France. poches.,,

Je ne vais pas ar­ri­ver les mains dans les Geof­froy Ma­thieu

Il avait cre­vé l’écran, en mai der­nier, à Stras­bourg. En de­ve­nant pour la pre­mière fois, à 19 ans, cham­pion de France, sur 200 dos et en s’ou­vrant les portes de l’équipe na­tio­nale aux Mon­diaux, grâce à un chro­no ca­non (1’57’’04).

Geof­froy Ma­thieu re­vient sur un cham­pion­nat de France élite, à comp­ter d’au­jourd’hui, à Mont­pel­lier. Du grand au pe­tit bain, une nou­velle sai­son s’ouvre pour le lea­der du Stade Cler­mon­tois, for­cé­ment am­bi­tieux au mo­ment de se re­trou­ver dans les lignes d’eau, en com­pa­gnie de ses prin­ci­paux ri­vaux : les Oleg Ga­ra­sy­mo­vytch et Maxence Orange qui l’avaient de­van­cé, l’an der­nier à An­gers.

Dans quel état d’es­prit abor­dez­vous cette échéance na­tio­nale ?

Même si je n’ai pas fait un af­fi­nage dans les règles de l’art, j’ai l’am­bi­tion d’être cham­pion de France. Je ne vais pas ar­ri­ver à Mont­pel­lier les mains dans les poches. Mais je pense être plus fort, avoir plus de fa­ci­li­té en grand bas­sin. J’ai une meilleure en­du­rance de force dans la nage que sous l’eau. À l’en­traî­ne­ment, je n’ai pas l’ha­bi­tude de tra­vailler les cou­lées et les vi­rages. Mais ça n’en­lève pas l’am­bi­tion. J’ai en­vie de m’im­po­ser.

Vous évo­quez le 200 m dos, d’au­jourd’hui, dont vous dé­te­nez le titre en bas­sin olym­pique.

Oui, ef­fec­ti­ve­ment. Mais j’ai en­vie aus­si de rem­por­ter une deuxième course. Je fais le 100 dos le len­de­main, où j’ai des chances de mé­daille. Sa­me­di, je suis au re­pos. Et di­manche, je nage le 50 dos et le 200 4 nages. Là aus­si, j’ai une am­bi­tion d’ac­cé­der à la fi­nale. Une fi­nale B, ce se­rait sa­tis­fai­sant pour le 50 dos, comme l’an der­nier. Et au 200 4 nages, pour­quoi pas une belle sur­prise comme à Stras­bourg en ren­trant en fi­nale A ?

Sur le sprint, vos ré­sul­tats sont moins pro­bants. En na­geant le 50 dos, vous es­pé­rez vous amé­lio­rer en vi­tesse ?

C’est ce qui me manque cruel­le­ment sur le 200 m, en ef­fet. Je dois tra­vailler la pre­mière par­tie de course. C’est là où j’ai de la marge. Parce que psy­cho­lo­gi­que­ment, j’ai du mal à m’élan­cer. Sur la ma­jo­ri­té de mes courses, je re­viens très fort. Mais à très haut ni­veau, ça ne suf­fit pas. Il faut aus­si par­tir vite.

Aux ré­gio­naux, sa­me­di der­nier à Cler­mont, vous avez rem­por­té les 50 et 100 nage libre. Vous sen­tez­vous en forme ?

Je suis sa­tis­fait de mes temps. J’ai en­fin réus­si à « pé­ter » les 1’50’’ sur le 200 m et j’ai fait un très bon chro­no (50’’40) sur le 100 m pour moi. Le 200, c’est mon pro­fil, ni du sprint, ni du long. Et c’était mar­rant de pas­ser sous les 1’50”, à un cen­tième près.

Pour­quoi n’avoir pas na­gé sur le dos, votre spé­cia­li­té, à ces ré­gio­naux ?

Bonne ques­tion ! Je n’aime pas trop faire une de mes courses une se­maine avant une échéance im­por­tante. C’est à double tran­chant. Si je fais une contre­per­for­mance, je vais me mettre en re­trait psy­cho­lo­gi­que­ment. Et si je réus­sis une ex­cel­lente perf, je vais bais­ser ma garde. Du coup, mieux vaut s’ali­gner sur une autre nage.

Vous n’avez dis­pu­té que deux com­pé­ti­tions avant ces France et pas na­gé une fois le 200 dos. N’al­lez-vous pas man­quer de re­pères ?

J’ai l’ha­bi­tude de ne pas faire beau­coup de « com­pet’» en dé­but d’an­née. Seu­le­ment les in­ter­clubs avant les France en 25 m. Là, il y a eu en plus les ré­gio­naux. Donc, je ne me fais pas de sou­cis. Ça va être mon pre­mier 200 dos de l’an­née (en sé­ries, ce ma­tin, ndlr). Ex­cep­tion­ nel­le­ment, aux in­ter­clubs, par rap­port au nombre de points que l’équipe pou­vait ga­gner, c’était pré­fé­rable que je nage le 100 plu­tôt que le 200 m. Mais je ne m’in­quiète pas. J’ai été très sa­tis­fait de ma séance lac­tique (une sé­rie de cinq 200 m à forte in­ten­si­té, ndlr), ven­dre­di. Et je suis mo­ti­vé pour ces France.

Après Mont­pel­lier, vous al­lez en­chaî­ner à la mi-décembre par l’Eu­ro, à Co­pen­hague…

Une deuxième sé­lec­tion, c’est tou­ jours ça de pris. Ça fait plai­sir et je l’at­tends avec im­pa­tience. Ce se­ra ma pre­mière équipe de France en pe­tit bain. C’est de l’ex­pé­rience bonne à prendre. mais pas un ob­jec­tif ma­jeur. La prio­ri­té, c’est la sai­son en grand bas­sin et les France fin mai. C’est l’échéance où je de­vrais être le plus en forme, si tout se passe bien. Et l’ob­jec­tif avoué, c’est d’al­ler cher­cher le re­cord de France du 200 dos (1’56’’39). J’en suis à un peu plus de sept dixièmes. C’est là, à Saint­Raphaël, que j’au­rai le plus de chance de le battre.

Aux Mon­diaux de Bu­da­pest, les mé­dias vous ont mis en avant. Com­ment vi­vez-vous notre nou­velle no­to­rié­té ?

J’es­père que je vais m’y faire, car ce n’est pas dans mes ha­bi­tudes d’avoir ce sta­tut­là. J’aime bien être en re­trait. Je pré­fère res­ter dans l’ombre. Je suis ré­ser­vé, ti­mide même. Être dans la lu­mière, ça ne me plaît pas, mais il faut l’ac­cep­ter.

PHO­TO RI­CHARD BRUNEL

STA­DISTE. Geof­froy Ma­thieu fait par­tie des pré­ten­dants à l’or na­tio­nal, au­jourd’hui sur le 200 dos.

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