Le re­tour des bou­teilles consi­gnées

C’est une al­ter­na­tive au re­cy­clage du verre qui fa­vo­rise la ré­duc­tion des dé­chets La bou­tique Ape­re­tik, si­tuée rue de la Treille, s’en­gage pour la ré­duc­tion des dé­chets. Le fer de lance du ma­ga­sin, spé­cia­li­sé dans l’apé­ri­tif, reste la consi­gna­tion des bou

La Montagne (Clermont-Volcans) - - La Une - Sid Be­nah­med sid.be­nah­med@cen­tre­france.com

Le re­cy­clage a le vent en poupe, et c’est tant mieux. Pour­tant, il existe, pour le verre, une pra­tique plus in­di­quée : la consi­gna­tion. Elle consiste au ver­se­ment d’une pe­tite somme sup­plé­men­taire lors de l’achat d’un pro­duit condi­tion­né dans du verre, que le client se voit rem­bour­ser une fois la bou­teille vide res­ti­tuée. Ins­ti­tuée en France au dé­but du XXe siècle, la consi­gna­tion a peu à peu dis­pa­ru dans les an­nées 1960 au pro­fit du re­cy­clage. Mais la ten­dance marque son re­tour.

« Plus de concrets et de moyens »

À Cler­mont, la bou­tique Ape­re­tik, dont l’en­seigne af­fiche des am­bi­tions « 100 % éthiques », a fait le pa­ri de la consi­gna­tion. « On pro­pose une qua­ran­taine de bières en consigne », in­dique Jean Bo­rie, co­fon­da­teur de l’en­seigne éco­res­pon­sable. Avec Jé­ré­my Mul­ler, son as­so­cié et ami, le duo tente de faire re­vivre cette pra­tique bou­dée par les grandes en­seignes. Non contente de pro­po­ser une consigne sur les bières, la bou­tique s’est do­tée d’une ti­reuse à vin et de bo­caux de li­queurs en vrac. Le client peut ain­si se ser­vir lui­mê­ me et em­por­ter son breu­vage dans une bou­teille consi­gnée.

Au­jourd’hui, le cir­cuit d’une bou­teille re­cy­clée est le sui­vant : d’abord col­lec­té puis cas­sé, le verre est en­suite fon­du à 1.400 °C pour en faire une nou­velle bou­teille. Une pra­tique coû­teuse et éner­gi­vore. Qui plus est, tous les types de verre ne sont pas re­cy­clables. Néan­moins, la consigne com­porte des in­con­vé­nients : un es­pace de sto­ckage consé­quent pour les bou­teilles consi­gnées ain­si qu’une la­veuse. Jean et Jé­ré­my ont choi­si de faire fi de ces contraintes : « Ce genre de pro­jet ne doit pas se faire né­ces­saire­ ment sur un sché­ma de ren­ta­bi­li­té », af­firment­ils. Mais les deux com­parses ne se font pas d’illu­sions. Chan­ger les ha­bi­tudes de consom­ma­tion passe for­cé­ment par l’in­ves­tis­se­ment pu­blic : « Plus que de la sen­si­bi­li­sa­tion, on a be­soin de concrets. C’es­tà­dire des moyens. »

De­puis l’inau­gu­ra­tion du com­merce en juin 2017, de plus en plus de clients s’in­té­ressent à l’offre de consigne. D’au­tant que les gé­rants ont fixé un ta­rif de 30 cen­times pour la consi­ gna­tion, alors que la moyenne se si­tue gé­né­ra­le­ment au­tour de 10 cen­times. « C’est un moyen d’in­ci­ter les clients à rendre les bou­teilles », ex­plique Jean. Se­lon lui, le taux de re­tour se si­tue à un peu plus d’un tiers, une moyenne en­cou­ra­geante après six mois d’exis­tence.

L’autre ob­jec­tif af­fi­ché est d’abo­lir l’image éli­tiste du bio. Comme le note un client, de­ve­nu ré­gu­lier : « On se rend compte, grâce à ce genre d’ini­tia­tive, que consom­mer éco­lo­gique et pas cher est tout à fait pos­sible. »

➔ Ape­re­tik. 6, rue de la Treille. Tél. 04.63.08.29.47.

PHOTO THIER­RY NI­CO­LAS

RES­PON­SA­BI­LI­TÉ. Ape­re­tik s’est fixé un ob­jec­tif am­bi­tieux de ré­duc­tion des dé­chets.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.