Le « vi­lain » avait cou­pé des arbres…

Le qua­dra­gé­naire avait ef­fec­tué des tra­vaux ir­ré­gu­liers C’est l’his­toire d’un ha­bi­tant de Broût-Ver­net qui, pour avoir cou­pé six arbres, se re­trouve face au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Cus­set.

La Montagne (Clermont-Volcans) - - Région Actualité - Pierre Ge­rau­die pierre.ge­rau­die@cen­tre­france.com

Voi­là qui pour­rait prê­ter à sou­rire. Sauf que l’af­faire est tout à fait sé­rieuse. Elle dé­bute à l’été 2015 lors­qu’une plainte est dé­po­sée au­près du pro­cu­reur de la Ré­pu­blique. Elle dé­nonce une exé­cu­tion ir­ré­gu­lière de tra­vaux et émane du pro­prié­taire du châ­teau de La­font, à Broût­Ver­net.

Le châ­te­lain ac­cuse l’un de ses voi­sins d’avoir cou­pé, en toute illé­ga­li­té, six chênes cen­te­naires dans une al­lée joux­tant sa de­meure. Le voi­sin, qui s’at­tri­bue la pro­prié­té des arbres, dit avoir cou­pé cer­tains d’entre eux car ils étaient ma­lades et parce qu’il avait be­soin de bois pour se chauf­fer.

Oui mais voi­là, cet homme semble igno­rer l’exis­ tence d’un texte de loi. Parce que le châ­teau de La­font est clas­sé mo­nu­ment his­to­rique, il faut une au­to­ri­sa­tion pré­fec­to­rale pour réa­li­ser des tra­vaux dans un pé­ri­mètre de 500 mètres. Or, au­cune de­mande de coupe n’est dé­po­sée.

C’est le dé­but des en­nuis pour le voi­sin du châ­teau, com­man­di­taire de ces tra­ vaux d’abat­tage. Le par­quet est sai­si, des en­quê­teurs et géo­mètres sont mo­bi­li­sés, l’uni­té dé­par­te­men­tale de l’ar­chi­tec­ture et du pa­tri­moine est sol­li­ci­tée.

Et voi­ci le cou­peur d’arbres mis en exa­men pour exé­cu­tion ir­ré­gu­lière de tra­vaux, puis convo­qué de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Cus­set.

Un tri­bu­nal de­vant le­quel, plus de trois ans après le dé­but de l’af­faire, l’homme de 40 ans tient à peu près le même lan­gage : « Je ne sa­vais pas qu’il fal­lait une au­to­ri­sa­tion avant de cou­per les arbres ». Pour son avo­cat, Me Roesch, cette his­toire est celle « de la lutte d’un sei­gneur contre un vi­lain, que l’on ac­cuse d’avoir dé­truit le bien d’au­trui. Certes, nul n’est cen­sé igno­rer la loi. Mais fran­che­ment, qui connaît cette règle des 500 mètres ? ».

Au nom du pro­prié­taire du châ­teau, Me Gilles­Jean Por­te­joie se fait, lui, le dé­fen­seur du pa­tri­moine : « C’est un com­bat de prin­cipe. L’al­lée a per­du de son ca­chet après l’abat­tage de ces arbres. On parle là de l’une des plus belles pro­prié­tés du Bour­bon­nais. »

Le par­quet, en­fin, rap­pelle qu’« il y a des règles ». Parce qu’il n’en a pas res­pec­té une, le voi­sin du châ­teau est dé­cla­ré cou­pable de tra­vaux ir­ré­gu­liers. Mais « le vi­lain » est dis­pen­sé de peine.

« Qui connaît cette règle des 500 mètres ? »

PHOTO D’ILLUS­TRA­TION

ABAT­TAGE IRRÉGULIER. Le qua­dra­gé­naire a été re­con­nu cou­pable mais a été dis­pen­sé de peine.

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