« Cet al­bum est très spon­ta­né »

C’est la surprise du prin­temps. Sting s’as­so­cie avec Shag­gy sur un al­bum com­mun, et politique. En­tre­tien avec deux lé­gendes de la pop. 44/876, à la fois en­so­leillé

La Montagne (Corrèze) - - Musiques - Ré­mi Bonnet re­mi.bonnet@cen­tre­france.com ➡ 44/876. Sor­tie le 20 avril. 18 €.

Nos chan­sons veulent don­ner de l’es­poir

On avait lais­sé Sting il y a à peine un an et de­mi avec un al­bum sombre et mé­di­ta­tif, 57th & 9th. Un re­tour au rock qui avait con­nu un gros suc­cès en France avec, en point d’orgue, un concert émou­vant à l’oc­ca­sion de la ré­ou­ver­ture de la salle pa­ri­sienne du Ba­ta­clan.

Chan­ge­ment d’am­biance ra­di­cal en ce dé­but de prin­temps avec 44/876 ,un al­bum en­re­gis­tré en duo avec un re­ve­nant : le chan­teur ja­maï­cain Shag­gy. L’at­mo­sphère est en­so­leillée, mais der­rière les rythmes cha­lou­pés, la conscience politique veille. En­tre­tien croi­sé avec deux ar­tistes dé­ten­dus et contents de leur coup.

■ Sting, c’est une vraie surprise de vous re­trou­ver si vite, et en duo avec Shag­gy. C’est ça que j’aime, les sur­prises. Cette ren­contre était un ac­ci­dent heu­reux.

■ Les chan­sons ont l’air d’avoir été écrites et en­re­gis­trées très vite.

Shag­gy. On n’est pas mau­vais (rires). Sting a écrit deux ou trois bonnes chan­sons dans sa car­rière, non ? Sting. C’est très spon­ta­né, nous avons trou­vé une éner­gie com­mune. Nous avons ex­pé­ri­men­té, mais avant tout, on s’est bien amu­sé.

■ C’est un al­bum très en­so­leillé, par­fait pour l’été. Sting. Nous abor­dons pour­tant des thèmes sé­rieux. Les temps sont durs po­li­ti­que­ment. La mu­sique joue un rôle cru­cial, ce­lui de don­ner le sou­rire aux gens. Nos chan­sons veulent don­ner de l’es­poir. ■ La to­na­li­té est très reg­gae. Shag­gy. Pas tant que ça. Je ne pra­tique pas le style tra­di­tion­nel. Bob Mar­ley fai­sait ça mieux que moi. Mon rôle, c’est de se­couer tout ça.

Sting. En­fant, j’étais fas­ci­né par le ca­lyp­so et la chan­son de Har­ry Be­la­fonte, Ja­mai­ca Fa­re­well (ils se mettent à chan­ter tous les deux). Puis quand le reg­gae a dé­bar­qué, c’était une ré­vo­lu­tion. Le rock est une mu­sique très conser­va­trice qui ne bouge pas fa­ci­le­ment.

■ Il y a une chan­son qui s’ap­pelle Drea­ming in the USA. Mais est-ce que les États-Unis font en­core rê­ver ?

Sting. Avec Shag­gy, nous sommes deux im­mi­grants. Nous ai­mons l’Amé­rique et nous y vi­vons. Nous ado­rons leur mu­sique, leur lit­té­ra­ture, toute la culture, l’idée de li­ber­té. Tout ce­ci est me­na­cé. Cette chan­son est notre lettre d’amour à l’Amé­rique.

■ Sting, vous avez le la­by­rinthe de la ca­thé­drale de Chartres ta­toué sur votre dos. Est-ce que ça vous a in­fluen­cé pour ce disque ? J’ai aus­si re­pro­duit ce mo­tif dans mon jar­din, mais en ver­sion géante. J’y marche pour mé­di­ter. Chaque re­coin du cer­veau est re­pré­sen­té par les dif­fé­rentes di­rec­tions du la­by­rinthe. C’est une belle mé­ta­phore de la vie. ■

PHO­TO POLYDOR

DUO. Shag­gy et Sting font leur show avec leur al­bum com­mun, 44/876.

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