Le CAB a creu­sé le trou pour sa tombe

Les Bri­vistes n’ont ja­mais exis­té face à des Oyo­men qui en vou­laient plus

La Montagne (Corrèze) - - Sports Rugby - À Oyon­nax, Ben­ja­min Pom­mier

En en­cais­sant 40 points dans un match qui de­vait lui per­mettre de sau­ver sa peau en Top 14, Brive a fau­té hier soir et se re­trouve der­nier. Et s’il ne rec­ti­fie pas le tir, il ne mé­ri­te­ra fi­na­le­ment pas mieux en fin de sai­son.

In­digent. Dé­pri­mant. Ef­fa­rant. Ca­tas­tro­phique en fait. Le constat est dur à en­tendre. Dur à écrire mais avec cette triste dé­faite à Oyon­nax hier soir, le constat est im­pa­rable. Le CAB ne mé­rite peut­être fi­na­le­ment pas d’évo­luer en Top 14. Du moins cer­tai­ne­ment pas quand il livre pa­reille pres­ta­tion.

Alors qu’ils te­naient une oc­ca­sion en or de prendre leurs dis­tances avec la 14e place, les Bri­vistes ont sur­tout pris une bonne vieille claque dans la tronche. Creu­sant, tout seul, leur propre trou et lais­sant leurs ad­ver­saires di­rects oyo­men leur pas­ser de­vant sans la moindre ré­ac­tion.

Ce ma­tin, le CAB oc­cupe donc la dernière place du Top 14 et compte deux points de re­tard sur les joueurs de l’Ain. Et fran­che­ment, on voit mal com­ment Brive pour­rait s’en sor­tir s’il ne re­met pas tout à plat.

Car hier soir, les Cor­ré­ziens ont fau­té. Dans la dis­ci­pline avec des fautes stu­pides comme ce pla­quage de Ju­lien Le De­ve­dec qui coû­ta un car­ton jaune et 10 points, mais aus­si dans ce qu’ils s’étaient pro­mis de mon­trer.

Des pro­messes bien loin d’avoir été te­nues…

Ce match à Oyon­nax de­vait être à la vie à la mort. Brive al­lait s’en­voyer et mon­trer qu’il mé­rite le Top 14. Il n’en fut rien.

Pire, à au­cun mo­ment on a sen­ti un pe­tit vent de ré­volte dans les rangs. À peine de quoi faire trem­bler Oyon­nax avec deux es­sais ins­crits par Bu­ro­tu et Marques im­mé­dia­te­ment sanc­tion­nés par… deux es­sais en force d’Oyo­men qui pro­fi­taient de nou­velles fautes cor­ré­ziennes sur les ren­vois pour re­prendre le large. Un nau­frage en somme. Dans les grandes lar­geurs.

À l’image de cette mê­lée in­tro­duc­tion CAB à la 79e mi­nute qui a fi­ni par se faire em­por­ter par toute une équipe. Tout un stade. Toute une ville qui en vou­lait tout sim­ple­ment plus hier. Pour se te­nir propre, Brive pour­ra tou­jours se dire qu’il a réus­si à pri­ver Oyon­nax du bo­nus of­fen­sif mais il en fau­dra plus, bien plus, pour es­pé­rer évo­luer en Top 14 l’an­née pro­chaine.

Au terme de la ren­contre, les têtes étaient basses dans les rangs bri­vistes. Comme K.­O. de­bout sans être ca­pable de mettre des mots sur leurs maux bien plus pro­fonds qu’on ne veut bien le dire.

Au mo­ment de se pré­sen­ter en confé­rence de presse, les mots étaient d’ailleurs forts, clairs et lim­pides. « Quand tu es 14e, tu bosses et sur­tout tu fermes ta gueule. Oyon­nax nous a mon­tré ce que c’était de jouer comme des hommes », lâ­chait Fran­çois Da Ros.

Mais, au­de­là de cette phrase choc, com­ment le CAB va­t­il dé­sor­mais réus­sir à re­mon­ter la pente pour les deux der­nières rencontres ? Hier, il a tou­ché le fond. On pour­ra tou­jours se ras­su­rer en se di­sant qu’il ne peut pas tom­ber plus bas sauf que Brive n’est dé­sor­mais plus maître de son des­tin. Et mal­heu­reu­se­ment, il l’a bien cher­ché… ■

« Quand tu es 14e, tu bosses et sur­tout tu fermes ta gueule »

QUES­TION. Saïd Hi­rèche a beau cher­cher des ré­ponses, la pro­chaine ques­tion pour son CAB va être de sa­voir com­ment se sor­tir de cette spi­rale né­ga­tive qui ne s’ar­rête plus.

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