Ash­ke­na­zy père et fils, l’évé­ne­ment

Monstre sa­cré du pia­no à l’im­mense ré­per­toire, le très rare Vla­di­mir Ash­ke­na­zy don­ne­ra un concert avec son fils Di­mi­tri, cla­ri­net­tiste, jeu­di 21 juin, au théâtre Saint­Bon­net de Bourges. Un mo­ment ex­cep­tion­nel.

La Montagne (Corrèze) - - Musiques - Ar­nauld Pas­quier ar­nauld.pas­quier@cen­tre­france.com

Il est à la mu­sique clas­sique ce que les Stones sont au rock ou Sou­lages à la pein­ture : une lé­gende vi­vante. Vla­di­mir Ash­ke­na­zy, pia­niste de re­nom­mée mon­diale, se pro­dui­ra le 21 juin, à Bourges, dans la Sca­la mi­nia­ture qu’est le théâtre SaintBon­net. Con­te­nance : 120 places. Loin des 2.800 du Car­ne­gie Hall new yor­kais…

La date ne pou­vait pas être mieux choi­sie. Pour la fête de la Mu­sique, la mu­sique se­ra vrai­ment à la fête. Sur le pia­no Stein­way de concert de Franck Ciup, son hôte ber­ruyer, Vla­di­mir As­khe­na­zy, 81 ans en juillet, don­ne­ra dans son éter­nel pull à col rou­lé blanc un concert évé­ne­ment, tant l’homme se fait rare sur scène. Son der­nier ré­ci­tal en France re­monte à… À quand dé­jà ? Même lui ne s’en sou­vient pas. « Oh, je pense que ça doit da­ter d’il y a un cer­tain temps ! »

« On a mar­ché à la poi­gnée de main, sans contrat »

“Un pro­gramme équi­li­bré

Fils de deux mu­si­ciens russes, for­mé à la ri­gou­reuse et in­flexible école so­vié­tique avant de quit­ter l’URSS, pour s’éta­blir en Is­lande puis en Suisse (il a les deux na­tio­na­li­tés), lau­réat des plus grands concours in­ter­na­tio­naux, Vla­di­mir Ash­ke­na­zy a la mu­sique dans son ADN. « Et ce truc en plus qui dif­fé­ren­cie les monstres sa­crés des très grands mu­ si­ciens. Ils ne sont qu’une di­zaine au monde », in­siste Franck Ciup, à l’ori­gine de cet évé­ne­ment unique.

Le concert s’est dé­ci­dé sur les bords du Bos­phore, à Is­tan­bul. « J’ai ren­con­tré Franck Ciup il y a quelques an­nées en Tur­quie, et il m’a par­lé de son ac­ti­vi­té comme mu­si­cien et or­ga­ni­sa­teur de concerts, dé­taille Di­mi­tri Ash­ke­na­zy, le fils, cla­ri­net­tiste. Quand il m’a pro­po­sé de jouer dans son ma­gni­fique théâtre en fé­vrier 2017, j’ai ac­cep­té. Par la suite, il m’a ré­in­vi­té, cette fois pour un ré­ci­tal avec mon père, qu’il ad­mire de­puis long­temps. » C’est donc là, dans la Corne d’or, que la pa­role don­née fut d’ar­gent. « On a mar­ché à la poi­gnée de main, sans contrat », se sou­vient Franck Ciup.

La par­ti­cu­la­ri­té du théâtre et sa ré­pu­ta­tion ont ti­tillé la cu­rio­si­té du grand mu­si­cien. Qui a donc ac­cep­té, sur la route eu­ro­péenne d’un autre ré­ci­tal, de faire une halte à Bourges. Et de di­vi­ser par plus de dix son ca­chet, d’or­di­ naire à 6 chiffres…

« Jouer avec mon fils me plaît beau­coup »

Cé­lèbre pour ses en­re­gis­tre­ments des pré­ludes et fugues de Chos­ta­ko­vitch, de l’oeuvre com­plète de Cho­pin pour pia­no ou de la to­ta­li­té des pièces pour pia­no de Rach­ma­ni­nov, Vla­di­mir Ash­ke­na­zy, qui s’est orien­té de­puis long­temps vers la di­rec­tion d’or­chestre, ne se pro­duit qua­si­ment plus seul, mais sou­vent à la tête d’or­chestres. Et par­fois avec son fils. « C’est ce qui me convient le mieux main­te­nant et j’en suis très heu­reux. Ce­la me plaît beau­coup. »

Tous deux ont ima­gi­né le pro­gramme de cette pres­ta­tion ex­cep­tion­nelle. « Les Ro­mances de Ro­bert Schu­mann, les 4 Pièces d’Al­ban Berg, 5 Chants sans pa­roles de Fe­lix Men­dels­sohn (trans­crits par Ro­bert Stark), les Pièces de Fan­tai­sie de Niels Gade, et la So­nate de Fran­cis Pou­lenc. Il s’agis­sait de trou­ver un pro­gramme com­po­sé d’oeuvres que nous avions dé­jà dans notre ré­per­toire, d’y ajou­ter un nou­vel élé­ment (le Men­dels­sohn) pour l’élar­gir et faire en sorte qu’il soit équi­li­bré pour le pu­blic », ex­plique Di­mi­tri Ash­ke­na­zy. Ils se­ront 120 pri­vi­lé­giés à l’écou­ter. ■

➡ Pra­tique. Le concert est com­plet de­puis long­temps dé­jà. Mais pour tout ren­sei­gne­ment, contac­ter le 06.71.00.70.86.

RARE. À presque 81 ans, Vla­di­mir Ash­ke­na­zy est un pia­niste qui se pro­duit de plus en plus ra­re­ment seul et ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment de par­ta­ger la scène avec son fils Di­mi­tri, cla­ri­net­tiste. DR

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