Les phar­ma­ciens plus que ja­mais au coeur du dis­po­si­tif de e-san­té

La Montagne (Creuse) - - Le Fait Du Jour -

Ils sont com­mu­nau­taires au Qué­bec et d’of­fi­cine en France mais exercent la même pro­fes­sion. Pour­tant les phar­ma­ciens de la Belle pro­vince ont un re­gard sur leur pro­fes­sion qui in­té­resse for­te­ment les jeunes pra­ti­ciens fran­çais.

Car les phar­ma­ciens du Qué­bec sont sou­vent en pre­mière ligne face aux pa­tients et pas seule­ment en terme d’ur­gence. Toutes les of­fi­cines sont af­fi­liées à de grands groupes et ont des ho­raires d’ou­ver­ture ex­trê­me­ment large (jus­qu’à mi­nuit bien sou­vent). Elles sont d’ailleurs do­tées d’une salle de consul­ta­tion où sont réa­li­sés des actes simples : dé­pis­tage de mé­la­nome de la peau via le pro­gramme « Skinc­heck4­life », vac­ci­na­tion, etc. La té­lé­mé­de­cine et le dos­sier mé­di­cal en ligne sont aus­si de­ve­nus des évi­dences. « Il faut dé­sor­mais que nous puis­sions po­ser un diag­nos­tic et pres­crire », ré­clame Léandre Elate, phar­ma­cien à Mon­tréal. « Si les pro­fes­sion­nels n’ar­rivent pas à s’en­tendre, c’est à cause de nos champs de com­pé­tence. »

An­toine Prioux, jeune phar­ma­cien de Bu­geat, (Cor­rèze) co­or­di­na­teur du pôle de san­té Mille­soins, pré­sident de la Fé­dé­ra­tion li­mou­sine des mai­sons et pôles de san­té, voit en ce mo­dèle qué­bé­cois l’ave­nir de la pro­fes­sion. « Je vous envie sur vos pra­tiques. Il faut quit­ter le sché­ma ac­tuel : plus les gens sont ma­lades, plus je dis­pense de boîtes, plus je gagne ma vie. Le phar­ma­cien fran­çais n’a au­cun in­té­rêt à la pré­ven­tion et en même temps sa pro­duc­ti­vi­té est très mau­vaise. Je passe 80 % de mon temps à faire de la ma­nu­ten­tion et à cô­té de ce­la, les phar­ma­cies ne sont pas do­tées de zones de confi­den­tia­li­té. Or, je consi­dère que je suis en ca­pa­ci­té de dé­ter­mi­ner l’état de san­té de mes pa­tients. Mais je peux aus­si être source d’éco­no­mie pour le sys­tème de san­té. Il faut dis­pen­ser les mé­di­ca­ments par mul­tiples de se­maine pas de mois. Ce­la li­mite le gas­pillage. Je peux aus­si prendre les ren­dez­vous chez le mé­de­cin pour le pa­tient qui a be­soin de re­nou­ve­ler sa pres­crip­tion. »

Pour An­toine Prioux, « le phar­ma­cien est le plus geek de la fi­lière de soins et nous avons un bon maillage ter­ri­to­rial. Il faut prendre le temps de faire du crowd­sour­cing (pro­duc­tion par­ti­ci­pa­tive) de don­nées sur l’état de san­té des pa­tients et re­cou­per les in­for­ma­tions ». Une ex­pé­rience dé­jà me­née au Qué­bec avec un pu­blic de per­sonnes de plus de 78 ans qui ont été connec­tées à une pla­te­forme, el­le­même re­liée aux phar­ma­ciens. Rien d’im­pos­sible en France donc…

An­toine Prioux. VI­SION.

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