GRAIN DE SEL Fai­néant !

La Montagne (Creuse) - - E Monde -

Son adresse trans­gres­sive pour montrer qu’il ne cé­de­rait « rien ni aux fai­néants, ni aux cy­niques, ni aux ex­trêmes » op­po­sés à la ré­forme du tra­vail est re­ve­nue comme un boo­me­rang sur Em­ma­nuel Ma­cron, puis­qu’elle a ser­vi à nour­rir les ba­taillons de ma­ni­fes­tants de mar­di der­nier et qu’elle a four­ni un so­lide ma­té­riau aux slo­gans et autres ban­de­roles très créa­tives des dé­fi­lés.

Mi­nistre ou can­di­dat, Em­ma­nuel Ma­cron pou­vait se per­mettre quelques « ma­cro­nades » qui pas­saient dans l’opi­nion, telles les « illet­trées de Gad », le « ta­ba­gisme ou l’al­coo­lisme » des ha­bi­tants du Nord ou « la meilleure fa­çon de se payer un cos­tard, c’est de tra­vailler… ». Sans omettre la fa­meuse sur la vie d’un en­tre­pre­neur « plus dure que celle d’un sa­la­rié ».

Mais peut­on dire ça quand on est président ? les son­dages montrent le contraire et que ce type de propos est vite as­si­mi­lé à un « mé­pris de classe » et à un manque d’hu­mi­li­té vis­à­vis de pré­dé­ces­seurs qui ont ten­té eux aus­si de ré­for­mer et de faire tour­ner l’État.

C’est aus­si contre­pro­duc­tif, puisque ce que des par­ti­sans qua­li­fient de « par­ler cash » ac­cré­dite l’idée d’une frac­ture entre les élites et le peuple et nour­rit le po­pu­lisme. Ré­cem­ment, Hilla­ry Clin­ton qui qua­li­fia les élec­teurs de Trump de « pa­nier des pi­toyables » en fit les frais. Le choix des mots est un im­pé­ra­tif, d’au­tant que, se­lon le der­nier baromètre Ifop/JDD, seule­ment 34 % des em­ployés et 27 % des ou­vriers se disent sa­tis­faits de la po­li­tique du président de la Ré­pu­blique... Claude Lesme

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