Romain Bar­det : be­soin de ré­cu­pé­rer après une rude sai­son

La Montagne (Creuse) - - Sports Limousin -

Romain Bar­det n’ira pas au-de­là de la Vuel­ta. Pas de Tour de Lom­bar­die à son programme, cette an­née, il éprouve le be­soin de prendre plus de re­pos après « une sai­son éprou­vante ». ■ Pourquoi avoir dé­ci­dé d’ar­rê­ter votre sai­son après la Vuel­ta ? Il faut faire at­ten­tion au sur­me­nage. J’ai fait le même nombre de courses (76 jours) que les autres an­nées, mais sur une pé­riode plus conden­sée. Il n’y avait pas d’in­té­rêt à la pro­lon­ger, même si j’adore le « Lom­bar­die ». ■ Jus­te­ment, c’est ce qui

sur­prend. Ça va me coû­ter de ne pas être au dé­part. Mais ce n’était pas sage de pro­lon­ger jus­qu’au « Lom­bar­die » pour la suite de ma car­rière, en rap­port avec les charges de tra­vail que j’ai eues avant. C’est quatre se­maines après la Vuel­ta et je sais ce qu’il faut faire pour y être per­for­mant. Ce n’était pas rai­son­nable d’y al­ler. Et y al­ler à 80 %, ce n’était pas la peine. ■ Vous n’al­lez pas non plus dis­pu­ter les Mon­diaux… C’est dif­fé­rent. Parce que le par­cours ne m’est pas fa­vo­rable, cette an­née. Je n’ai pas eu de contact avec

le sé­lec­tion­neur. Il n’en a ja­mais vrai­ment été ques­tion. ■ Vous dites que vous n’avez pas évo­qué le su­jet avec Cy­rille Gui­mard… Oui. Il a construit son équipe avec des pun­cheurs. Je pense qu’il avait dé­jà son os­sa­ture. Et puis, ter­mi­ner ma sai­son à la Vuel­ta, c’est très bien en vue de 2018. ■ Ça vous au­rait plu de don­ner

un coup de main à Ju­lian Ala­phi­lippe, que Gui­mard a dé­si­gné lea­der de l’équipe de France ? Il au­ra des cou­reurs ex­pé­ri­men­tés pour ça. Moi, je n’au­rais pas trop été sur mon ter­rain à Ber­gen. ■ Que pen­sez-vous de la sé­lec­tion fran­çaise ? Elle est so­lide. Les Fran­çais ont vrai­ment une belle équipe. On ne se­ra pas la na­tion fa­vo­rite, loin de là, mais on peut jouer de bonnes places en étant out­si­der. Ju­lian sort d’une Vuel­ta où il mar­chait bien. Il est sur une phase as­cen­dante, parce qu’il a été long­temps bles­sé. Je le vois faire un gros cham­pion­nat du monde. Tony (Gal­lo­pin), mon fu­tur coéquipier, est en grande forme aus­si. On l’a vu en­core mer­cre­di (il a fi­ni 2e du GP de Wal­lo­nie, ndlr). ■ Sor­tez-vous de la Vuel­ta avec de la frus­tra­tion, pour n’avoir pas ga­gné d’étape ? Pas du tout, car j’ai don­né le meilleur et j’ai fi­ni à Ma­drid avec plus rien dans le ré­ser­voir. Je me suis échap­pé dans les der­nières étapes. Je n’ai vrai­ment au­cun re­gret. ■ Vous avez sou­vent été à l’at­taque. Que vous a-t-il man­qué ? Des cir­cons­tances de course fa­vo­rables, tout sim­ple­ment, mal­gré toutes mes ten­ta­tives. J’ai ga­gné des courses avec de moins bonnes jambes. Je n’en re­tire au­cune amer­tume. Bien sûr, j’au­rai pré­fé­ré le­ver les bras, et plu­sieurs fois. Mais c’est comme ça. Ça fait par­tie du vélo, il faut l’accepter. ■ Pour la pre­mière fois, vous

avez en­chaî­né deux Grands Tours. Quels en­sei­gne­ments en re­ti­rez-vous ? Que le vélo est une ex­cel­lente école de la vie. On a beau être au top sur le Tour, c’est un vrai chal­lenge, trois se­maines après, de re­par­tir un mois sur les routes. On sa­vait qu’il fal­lait se lais­ser une an­née de dé­cou­verte à la Vuel­ta. Pour moi, c’est une très bonne ex­pé­rience quand même. « Je me suis sen­ti plus fort qu’en 2016 » ■ En Es­pagne, avez-vous trou­vé un ter­rain pro­pice

pour le fu­tur ? Oui, ce sont des cols très longs et très pen­tus. Un ter­rain de jeu qu’on n’a pas vrai­ment en France. C’est une belle course. J’ai sen­ti la pas­sion des Es­pa­gnols pour le vélo. Je me suis ré­ga­lé, même si les ré­sul­tats n’ont pas été aus­si éle­vés qu’es­pé­rés. Comme quoi, on ar­rive à prendre du plai­sir sans la victoire au bout. ■ Pen­sez-vous avoir réa­li­sé une meilleure sai­son que l’an der­nier ? C’est dif­fé­rent. En tout cas, moi, je me suis sen­ti plus fort que je ne l’étais en 2016. Et je ne m’ar­rête pas aux ré­sul­

tats pour va­li­der ou non cette im­pres­sion. ■ Quel est votre bi­lan, que re­te­nez-vous ? C’est une très bonne sai­son. Fi­dèle à ce que je sais faire et à ce à quoi je m’at­ten­dais. Chaque an­née, c’est en­core un cran su­pé­rieur. J’ai pris du plai­sir sur mon vélo. C’est ce que je re­tiens. ■ Vous avez lais­sé beau­coup

d’éner­gie sur le Tour… Oui, mais ça a été un ex­cellent Tour. Très peu de cou­reurs ont réus­si à faire deux po­diums consé­cu­tifs (2e en 2016, 3e en 2017). Bien sûr, j’en suis ra­vi. Et c’était sur­tout construit col­lec­ti­ve­ment cette an­née. Ça montre la dy­na­mique et la nou­velle place de l’équipe au niveau in­ter­na­tio­nal. C’est le mar­queur d’une nette pro­gres­sion. ■ Place main­te­nant à la ré­cu­pé­ra­tion. Cette sai­son a été éprou­vante. Je vou­lais un temps de re­pos plus grand. Ce­la fait 6 ans que je fais le même ca­len­drier, avec des sai­sons à plus de 1.000 heures d’en­traî­ne­ment. C’est important d’avoir plus de re­pos pour lan­cer une nou­velle phase de ma car­rière, à 27 ans. ■ Ra­phael Rochette (avec Fred Ver­na)

PHO­TO JEAN-LOUIS GORCE

FIN. Romain Bar­det ar­rête sa sai­son un mois plus tôt qu’il en avait l’ha­bi­tude.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.