Dans la peau d’un ga­gnant du Lo­to

Chance Ce soir à 20 h 40, vous fe­rez peut-être par­tie du cercle très fer­mé des mil­lion­naires. Il « suf­fit » de trou­ver les bons nu­mé­ros pour em­po­cher la ca­gnotte du su­per-lo­to de 13 mil­lions d’eu­ros. Fa­cile ! Mais après… Que faire avec tout cet ar­gent ?

La Montagne (Creuse) - - La Une - PHO­TO BRI­GITTE AZZOPARD

JEUX. En ce ven­dre­di 13, la Fran­çaise des jeux pro­pose un su­per­Lo­to avec une énorme ca­gnotte de 13 mil­lions d’eu­ros. Et vous, que fe­riez­vous avec une telle somme ? CHANCE. Si la chance vous sou­rit, il ne faut pas faire n’im­porte quoi. La Mon­tagne a in­ter­ro­gé quelques ex­perts qui livrent leurs conseils.

Et si vous étiez l’heu­reux ga­gnant de la ca­gnotte du su­per­lo­to de ce ven­dre­di 13 oc­tobre ? Et si les nu­mé­ros que vous avez joués étaient les bons ? Ima­gi­nez, juste un ins­tant, que vous avez ga­gné 13 mil­lions d’eu­ros. Ver­ti­gi­neux, non ?

Vous êtes plu­tôt du genre à ar­rê­ter de tra­vailler, à vous of­frir la villa de vos rêves avec pis­cine sur une île pa­ra­di­siaque et la der­nière voi­ture de luxe qui va avec, ou vous pré­fé­rez vous ré­fu­gier in­co­gni­to chez votre ban­quier pour pla­cer cet in­es­pé­ré pac­tole ?

Pour se rendre compte de ce que re­pré­sente cette somme as­tro­no­mique, il faut sor­tir la cal­cu­lette : 13 mil­lions d’eu­ros pla­cés à 1 %, c’est 130.000 € d’in­té­rêts an­nuels, soit plus de 10.000 € par mois. Pla­cés à 2 %, c’est 260.000 € an­nuels, soit plus de 20.000 € men­suels (*).

« C’est très per­tur­bant, et pour long­temps », as­sure Ch­ris­tian Bon­net, di­rec­teur banque pri­vée et ges­tion pa­tri­mo­niale Li­mou­sin­Dor­dogne de la Banque Po­pu­laire Aqui­taine­Centre­At­lan­tique.

La sou­dai­ne­té du gain, la sur­prise de l’an­nonce ont en ef­fet de quoi faire « pé­ter les plombs ». C’est pour­quoi, « la Fran­çaise des Jeux pos­sède une cel­lule d’as­sis­tance et pro­digue des conseils pour ap­pré­hen­der le cô­té psy­cho­lo­gique d’avoir ga­gné une somme d’ar­gent aus­si im­por­tante », ex­plique Fran­cis Villou­treix, di­rec­teur de la

ges­tion du pa­tri­moine de la Banque Tar­neaud à Li­moges. Fa­çon « al­coo­liques ano­nymes », les ga­gnants du lo­to sont éga­le­ment in­vi­tés ré­gu­liè­re­ment à des réunions « pour par­ta­ger leur ex­pé­rience », dé­taille Ch­ris­tian Bon­net.

Bon, une fois le choc psy­cho­lo­gique pas­sé ­ si tant est qu’il passe un jour ­ que faire avec cette co­quette somme d’ar­gent ve­nue du ciel ? Ce sont deux hommes qui ont, eux, les pieds bien an­crés au sol qui nous ré­pondent.

Pre­miè­re­ment, « les gains aux jeux ne sont pas im­po­sables, c’est ce qu’on en fait qui va en­gen­drer de la fis­ca­li­té (**) », sou­ligne Fran­cis Villou­treix. Tou­te­fois, « on ne fait pas des pla­ce­ments, qu’ils soient im­mo­bi­liers ou ban­caires, en fonc­tion des im­pôts mais en fonc­tion du fu­tur, de ses en­vies, du pa­tri­moine qu’on veut se consti­tuer », com­plète Ch­ris­tian Bon­net.

Si la chance vous sou­rit ce ven­dre­di, « mon pre­mier con­seil est de se mé­fier des sol­li­ci­ta­tions de per­sonnes plus ou moins fiables. Les ban­quiers, as­su­reurs, ges­tion­naires de pa­tri­moine se­ront pré­sents mais aus­si des per­sonnes beau­coup moins pro­fes­sion­nelles. At­ten­tion éga­le­ment aux taux trop at­trac­tifs ou aux pla­ce­ments opaques (dia­mants…) », pré­vient Fran­cis Villou­treix.

At­ten­tion aux taux trop at­trac­tifs et pla­ce­ments opaques

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