La té­lé­mé­de­cine se dif­fuse en Creuse

L’Agence ré­gio­nale de santé aug­mente les cré­dits de pré­ven­tion et d’ac­cès aux soins en Creuse

La Montagne (Creuse) - - La Une - PHO­TO D’ILLUS­TRA­TION

AC­CÈS AUX SOINS. Michel La­for­cade, di­rec­teur de l’Agence ré­gio­nale de santé Nou­velle­Aqui­taine, a lan­cé Santé +23, un pro­gramme de cinq mil­lions d’eu­ros, hier, à Gué­ret. ME­SURES. Pré­ven­tion et consul­ta­tions avan­cées de spé­cia­listes, no­tam­ment à l’aide de la té­lé­mé­de­cine, comptent par­mi les ac­tions les plus sou­te­nues.

Une forme de « dis­cri­mi­na­tion po­si­tive »

Plus de 5 mil­lions d’eu­ros en plus pour la Creuse, es­sen­tiel­le­ment dé­diés aux consul­ta­tions spé­cia­li­sées avan­cées, ain­si qu’à un dou­ble­ment des cré­dits de pré­ven­tion : l’ARS di­rige da­van­tage de moyens de son fonds ré­gio­nal d’in­ter­ven­tion sur le ter­ri­toire le plus fra­gile de Nou­velle Aqui­taine.

Sur­tout ne pas trop s’at­tar­der sur les sta­tis­tiques, tou­jours dé­mo­ra­li­santes : ici il y a plus de pau­vre­té, d’ad­dic­tions, d’obé­si­té in­fan­tile, de sui­cides, de can­cers dé­pis­tés tar­di­ve­ment et d’ac­ci­dents car­dio­vas­cu­laires qu’ailleurs… « Les Creu­sois ont une es­pé­rance de vie par­mi les plus faibles de France mé­tro­po­li­taine », ré­sume Michel La­for­cade, di­rec­teur ré­gio­nal de l’Agence ré­gio­nale de santé de Nou­velle Aqui­taine. Clai­re­ment, les Creu­sois ne sont pas hy­po­con­driaques, ni de gros consom­ma­teurs de santé : « Ils ont ten­dance à consul­ter très, très tard lorsque les pa­tho­lo­gies sont très avan­cées », ob­serve l’ARS.

Constat qui tient cer­tai­ne­ment beau­coup moins aux traits de la so­cio­lo­gie lo­cale, qu’à une cou­ver­ture mé­di­cale du ter­ri­toire chaque an­née plus mi­tée, en par­ti­cu­lier au ni­veau des consul­ta­tions de spé­cia­listes. « Je m’en tiens au prin­cipe de réa­li­té. Nous sommes in­ca­pables de faire s’ins­tal­ler des spé­cia­listes de ma­nière sub­stan­tielle sur ce ter­ri­toire », reconnaît le di­rec­teur de l’ARS.

De la même ma­nière : « Si nous ne par­ve­nons pas à créer un Ser­vice mo­bile d’ur­gence et de ré­ani­ma­tion (Smur) au centre hos­pi­ta­lier Au­bus­son, ce n’est pas un pro­blème d’ar­gent mais parce que nous n’ar­ri­vons pas à re­cru­ter des mé­de­cins ». Michel La­for­cade et son ad­jointe Hé­lène Jun­qua ont tou­te­fois af­fir­mé la vo­lon­té de l’ARS de main­te­nir le ser­vice d’ur­gences du centre hos­pi­ta­lier d’Au­bus­son. « Le grou­pe­ment hos­pi­ta­lier de ter­ri­toire (N.D.L.R : qui couvre les trois an­ciens dé­par­te­ments de la ré­gion Li­mou­sin)

met sur pied une équipe ter­ri­to­riale des ur­gences qui vien­dra sou­te­nir les ser­vices dé­fi­ci­taires en poste des pe­tits hô­pi­taux », pré­cise Hé­lène Jun­qua.

Avec tous ces mau­vais in­di­ca­teurs sous les yeux, l’ARS a es­ti­mé qu’il y avait ur­gence à « amé­lio­rer l’état de santé des Creu­sois ». Quitte à faire de la « dis­cri­mi­na­tion po­si­tive », an­nonce Hé­lène Jun­qua. Le pro­gramme Santé + 23, ce ne sont pas sim­ple­ment des études ou une concer­ta­tion, ce sont des postes fi­nan­cés : l’en­ve­loppe dé­diée à la Creuse du fonds d’in­ter­ven­tion ré­gio­nal a été aug­men­tée sen­si­ble­ment et se­ra dou­blée en 2018.

500.000 eu­ros s’ajoutent dès 2017 au mil­lion d’eu­ros consa­cré au fi­nan­ce­ment de postes d’ani­ma­teurs de santé pu­blique (pré­ven­tion). 4,2 mil­lions d’eu­ros sont af­fec­tés à l’aug­men­ta­tion sub­stan­tielle de l’offre de consul­ta­tions avan­cées (dé­lo­ca­li­sées) de mé­de­cins spé­cia­listes : « Il y a ac­tuel­le­ment 36 consul­ta­tions dans dif­fé­rents éta­blis­se­ments de santé du dé­par­te­ment, nous vou­lons en créer vingt­sept de plus, dont vingt dès 2018 », an­nonce Michel La­for­cade.

Ces moyens sup­plé­men­taires re­lèvent du fonds d’in­ter­ven­tion ré­gio­nale de l’ARS, voué à dé­ve­lop­per une stra­té­gie d’in­no­va­tion et de trans­for­ma­tion du sys­tème de santé. De­puis Bordeaux, l’ARS a choi­si la Creuse comme ter­ri­toire ru­ral pi­lote. Cet ef­fort par­ti­cu­lier pour­rait être re­pro­duit ailleurs mais plu­tôt à l’échelle de bas­sins de vie fra­giles et non de dé­par­te­ments tout en­tiers.

Le di­rec­teur gé­né­ral de l’ARS voit éga­le­ment dans ces in­no­va­tions l’op­por­tu­ni­té de conso­li­der le maillage sa­ni­taire de proxi­mi­té : « Les hô­pi­taux lo­caux, les Eh­pad mais aus­si les mai­sons de santé plu­ri­dis­ci­pli­naires vont voir leur rôle ren­for­cé ».

PHO­TO BRU­NO BARLIER

AGENCE RÉ­GIO­NALE DE SANTÉ. Michel La­for­cade, di­rec­teur ré­gio­nal et Va­lé­rie Go­dard, dé­lé­guée pour la Creuse.

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