La so­lu­tion de la mé­de­cine via un écran

Le gé­riatre de l’Eh­pad d’Azé­rables ani­me­ra une con­fé­rence sur la té­lé­mé­de­cine de­main à Gué­ret

La Montagne (Creuse) - - Pays Sostranien - Vir­gi­nie Mayet vir­gi­nie.mayet@cen­tre­france.com

« Il s’éta­blit un contact proche du réel »

De­main, la So­cié­té des membres de la Lé­gion d’Hon­neur et celle de l’Ordre na­tio­nal du Mé­rite pro­posent une con­fé­rence sur « la té­lé­mé­de­cine, ave­nir pour nos ter­ri­toires ru­raux ? » Elle se­ra ani­mée par Michel Ma­zei­rat, mé­de­cin gé­riatre co­or­don­na­teur de l’Eh­pad d’Azé­rables.

L’an­cien chef de ser­vice du Centre hos­pi­ta­lier de La Sou­ter­raine, Michel Ma­zei­rat, s’est for­mé à la té­lé­me­de­cine. Il ani­me­ra une con­fé­rence­dé­bat de­main, à 10 heures, à la ca­serne Bon­geot à Gué­ret.

Com­ment en êtes-vous ve­nu à vous in­té­res­ser à la té­lé­mé­de­cine ?

J’étais à la re­traite mais j’ai re­pris du ser­vice en tant que co­or­don­na­teur de l’Eh­pad d’Azé­rables. Et dans ma mai­son de re­traite, l’ac­cès aux mé­de­cins spé­cia­listes, voire aux gé­né­ra­listes, po­sait pro­blème. On a ré­flé­chi tous en­semble et on s’est dit que la seule pos­si­bi­li­té, à l’heure ac­tuelle, était la té­lé­mé­de­cine. Comme je ne connais­sais pas grand­chose, je me suis for­mé à Bordeaux, via un DU. Notre pro­jet à l’Eh­pad de­vrait abou­tir dans les mois qui viennent.

Qu’est-ce que la té­lé­mé­de­cine peut vous ap­por­ter ?

Le pro­blème des mai­sons de re­traite c’est que les per­sonnes hé­ber­gées sont de plus in­va­lides. Il est donc dif­fi­cile de les faire dé­pla­cer. Ce pro­blème s’ajoute bien en­ten­du à la ra­ré­fac­tion des mé­de­cins. Les dé­lais sont de plus en plus longs. Pre­nons l’exemple, des den­tistes. En Creuse, il n’y en a plus et ils ne sou­haitent plus prendre en charge ces per­sonnes de plus en plus dé­pen­dantes car c’est com­pli­qué. Pour pal­lier ce pro­blème, l’hô­pi­tal de Gué­ret a mis en place un té­lé­exa­men pour évi­ter le dé­pla­ce­ment. À Li­moges, le pro­fes­seur Dan­toine a mis en place le Centre ex­pert. Il pro­pose des consul­ta­tions de gé­ria­trie à dis­tance.

A quoi sert la té­lé­mé­de­cine ? Son champ d’ac­tion se li­mite-t-il aux consul­ta­tions ?

Il s’agit d’une consul­ta­tion à dis­tance avec des moyens in­for­ma­tiques et d’ima­ge­rie, avec trans­mis­sion de do­cu­ments à tous les in­ter­lo­cu­teurs. On peut faire éga­le­ment des diag­nos­tics. Par exemple, en car­dio­lo­gie, il est pos­sible de faire l’élec­tro­car­dio­gramme et l’écho­gra­phie car­diaque à dis­tance. Bien en­ten­du, en re­spec­ tant tout un pro­to­cole. Le spé­cia­liste a ac­cès aux exa­mens et au pa­tient. Il l’ob­serve. Au mi­lieu de la cam­pagne, quand il n’y a rien de proche et pas de res­sources comme en grande ville, la té­lé­mé­de­cine per­met d’avoir des contacts avec des spé­cia­listes n’im­porte où.

Peut-on y avoir re­cours dans tous les do­maines ?

Oui, sauf peut­être la chi­rur­gie. Quoique… Il existe au­jourd’hui des ap­pa­reils ro­bo­ti­sés qui sont ma­noeu­vrables à dis­tance. Des chi­rur­giens amé­ri­cains, spé­cia­li­sés dans un do­maine bien pré­ cis, les uti­lisent dé­jà pour une opé­ra­tion qui peut avoir lieu à 5000 km de là.

La té­lé­mé­de­cine est-elle la so­lu­tion qui ré­gle­ra le pro­blème de manque de mé­de­cins ?

Non, je pense que la ma­chine ne peut pas rem­pla­cer le contact di­rect. Mais on peut faire des choses ex­tra­or­di­naires. On le voit avec le dé­ve­lop­pe­ment im­por­tant des consul­ta­tions dans le do­maine de la psy­chia­trie. Je ne le soup­çon­nais pas mais ça marche très bien. C’est épa­tant. Les per­sonnes âgées, en fait, ac­ceptent très bien la vi­sion d’un spé­cia­liste qui est loin. Il s’éta­blit un contact proche du réel ; c’est bluf­fant. La té­lé­mé­de­cine est une bonne so­lu­tion pour les gens qui se dé­placent pé­ni­ble­ment.

Pen­sez-vous que cette si­tua­tion s’ar­ran­ge­ra bien­tôt ?

Dans un ave­nir proche : non. Le nombre de mé­de­cins for­més est très res­treint. Il en manque par­tout, même dans les hô­pi­taux. Quand je me suis for­mé, et je ne suis pas tout jeune, on était 500 en pre­mière an­née à Bordeaux. Au­jourd’hui, ils sont beau­coup moins ! Même si on change tout, il faut des an­nées pour for­mer un mé­de­cin. Pour ma part, je dé­fends le prin­cipe de mé­de­cin sa­la­rié mais tout le monde ne pense pas la même chose.

PHO­TO BRU­NO BARLIER

CON­FÉ­RENCE. Michel Ma­zei­rat, mé­de­cin gé­riatre, évo­que­ra l’ave­nir et de la té­lé­mé­de­cine.

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