Joe Sny­man a en­fin trou­vé son foyer

Pas­sé par l’Afrique du Sud, la Nou­velle­Zé­lande ou Galles, il a adop­té la Cor­rèze

La Montagne (Creuse) - - Sports - Jean-Paul Co­hade

« En 2e ligne, les meilleures an­nées c’est 30­35 ans »

Très vite adop­té par le Sta­dium, Sny­man a trou­vé sa place à Brive. Au point de se pro­je­ter en Cor­rèze, lui qui a pour­tant rou­lé sa bosse au­pa­ra­vant.

Même s’il n’a pas dis­pu­té les der­nières ren­contres du CA Brive, Joe Sny­man a ac­cueilli avec bon­heur sa se­maine de va­cances. Le Sud­Afri­cain avait op­té pour l’Écosse avec, au pro­gramme, un pe­tit saut dans la fa­mille de son épouse.

« En fait, tu penses quand même tout le temps au rugby

(rires) mais c’était le bon mo­ment pour un break, pour voir de la fa­mille. Ce n’est pas tant le fait de quit­ter Brive, c’est sur­tout de pou­voir cou­per avec la rou­tine, se dé­tendre… Ça fait vrai­ment du bien. Ça m’a aus­si don­né une se­maine de plus pour me re­mettre ».

En Écosse, le 2e ligne a donc pu voir autre chose, mais n’al­lez sur­tout pas croire qu’il en au­rait “sou­pé” de la Cor­rèze. Bien au contraire. Parce qu’à 31 ans, l’ex des Scar­lets n’a peut­être ja­mais été aus­si épa­noui que dans son pe­tit coin de France.

« On avait dé­jà eu des mai­sons, ja­mais de foyer »

Il y a des signes qui ne trompent pas : ce­lui qui a rou­lé sa bosse du Sud au Nord du globe a at­ten­du de dé­cou­vrir Brive et sa ré­gion pour pos­sé­der son propre lo­gis, avec son nom et ce­lui de son épouse ap­po­sés au bas d’un acte no­ta­rié, tout ce qu’il y a de plus of­fi­ciel et sym­bo­lique.

« Ce n’est pas un in­ves­tis­se­ment, c’est une mai­son pour y vivre. Si j’avais vou­lu in­ves­tir, on au­rait ache­té un ap­par­te­ment dans le centre, glisse le ci­toyen de Saint­For­tu­nade. On n’a pas fait ça, parce qu’on vou­lait un foyer. C’est très dif­fé­rent. Dans les autres pays où on a été, on avait des mai­sons, mais pas de foyer. Main­te­nant oui. C’est une mai­son pour vivre, pour y pas­ser sa vie. Bien sûr, après le rugby, il me fau­dra un tra­vail, et ça peut être dif­fi­cile mais je ne suis pas dé­cou­ra­gé. On veut res­ter ici. Pour les gens qu’on a ren­con­trés, la cul­ture… On m’avait dit en ve­nant : “Ce n’est pas Tou­lon, ou Pa­ris…” Brive est plus pe­tit, mais la taille ne compte pas. Ici c’est par­fait : beau, sûr, calme, bien si­tué ». De quoi en­vi­sa­ger l’après avec confiance. Mais c’est avant tout parce que le pré­sent a pris des contours in­at­ten­dus que les Sny­man ont épou­sé la Cor­rèze comme le Sta­dium a adop­té Joe.

« J’ai vé­cu en Afrique du Sud, en Nou­velle­Zé­lande, au pays de Galles. Pour moi, le plus im­por­tant c’est que ma femme a été 100 % heu­reuse en ar­ri­vant ici. Ça se pas­sait très bien au Scar­lets, j’ai ai­mé ces trois sai­sons, et si j’avais dû re­si­gner, elle m’au­rait sou­te­nu, mais elle n’était pas heu­reuse là­bas. On est ve­nu en France, et on ne sa­vait rien de ce pays. On ne par­ lait même pas la langue. J’étais plus in­quiet que pour n’im­porte le­quel des en­droits où j’ai vé­cu mais on a dé­bar­qué ici et mon épouse a été plus heu­reuse qu’elle ne l’avait ja­mais été ».

Et ce n’est pas ano­din pour le joueur Sny­man. « Ça a 100 % d’im­pact sur le rugby, in­siste le 2e ligne. J’ai 31 ans, et je vois en­core beau­coup d’an­nées de jeu. Là j’ai en­core deux ans de contrat mais après si c’est pos­sible je me vois bien conti­nuer ici. Quand tu es heu­reux dans ta vie, que ta fa­mille l’est, ça re­jaillit sur ton jeu. Et j’ap­pré­cie mon rugby plus en­core qu’il y a quelques an­nées ».

Ce car­bu­rant fa­mi­lial dans le mo­teur de Joe vient aus­si ali­men­ter une mé­ca­nique qui rentre dans ce qu’il es­time être ses meilleures an­nées. Alors quand il voit Koya­mai­bole se ré­ga­ler au­tant à 37 ans, for­cé­ment, ça lui parle. « C’est vrai pour Si­sa mais re­garde : Me­loche a joué jus­qu’à 36 ans, mais pour un 2e ligne, 35­36 ans, ce n’est pas rare à ce poste, les meilleures an­nées c’est entre 30 et 35 ans. Re­garde Matt­field, Bo­tha… Brad Thorn ? Oui, lui, il a du­ré jus­qu’à 40 ans, mais il était vrai­ment spé­cial » (sou­rires).

Sans re­gar­der si loin, Sny­man est pour l’ins­tant tour­né vers Pau, où il compte bien faire son re­tour après avoir été un tan­ti­net trop juste pour Pa­ris. Sa che­ville re­mise, le Bri­viste pos­tule donc pour ac­com­pa­gner son club vers la sor­tie de la zone rouge alors que le CAB n’est plus der­nier avant d’abor­der ce dé­pla­ce­ment. « De­puis plu­sieurs matchs, on pro­gresse, la confiance est là et puis ça fait du bien de ne plus être der­nier ». Brive rentre aus­si peu à peu ses bles­sés.

Et si les voyages font du bien à la tête, les deux va­drouilles à ve­nir, à Pau et Bordeaux, pour­raient per­mettre de ren­trer à la mai­son avec un pe­tit ca­pi­tal confiance (voire de points) en­core ren­for­cé. Et quand on se sent bien à la mai­son, le rugby n’en est que meilleur. Dixit un Sud­Afri­cain de Sainte­Fort’.

PHO­TOS F. LHERPINIÈRE

AVAN­CÉE. Ca­pable de faire la dif­fé­rence balle en main grâce no­tam­ment à sa puis­sance, le 2e ligne se­rait un atout de poids face à Pau.

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