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La Montagne (Creuse) - - Cinéma -

ien ne des­ti­nait Ade­line d’Her­my à de­ve­nir ac­trice. Éle­vée à Noyelles­Go­dault, une bour­gade du Pas­de­Ca­lais « que per­sonne ne connaît », un père cadre et peintre ama­teur et une mère di­rec­trice d’une gar­de­rie, elle s’est pas­sion­née très tôt, dès l’âge de cinq ans, pour la danse. À 15 ans, elle in­tègre le conser­va­toire de Lille en danse contem­po­raine.

« Je vou­lais vrai­ment être dan­seuse », se sou­vient­elle. Brillante en in­ter­pré­ta­tion, elle pèche en re­vanche par la tech­nique et ses pro­fes­seurs l’ai­guillent vers le théâtre. « Je ne connais­sais ab­so­lu­ment rien au monde du théâtre, je n’y avais ja­mais été », avoue­t­elle.

Mais l’idée fait son che­min. Elle en­tend par­ler du cours Florent. « Ni une ni deux, j’ai tout aban­don­né » pour in­té­grer la cé­lèbre école pri­vée de for­ma­tion d’ac­teurs à Pa­ris, ra­conte Ade­line d’Her­my.

Un pro­fes­seur, Bru­no Blai­ret, la pousse alors à se pré­sen­ter au concours du Conser­va­toire na­tio­nal su­pé­rieur d’art dra­ma­tique. La pre­mière ten­ta­tive est la bonne, en dé­pit d’une sé­lec­tion im­pi­toyable. Ade­line d’Her­my n’a pas fi­ni la for­ma­tion de trois ans au Conser­va­toire qu’elle est dé­jà re­pé­rée et con­tac­tée par Mu­riel Mayette, alors di­rec­trice de la Co­mé­die­Fran­çaise. En­trée fin 2010 dans la vé­né­rable ins­ti­tu­tion, elle est vite de­ve­nue so­cié­taire.

Après des pe­tits rôles dans des films comme de Noé­mie Lvovs­ky ou

de Ja­lil Les­pert, elle crève l’écran dans le deuxième long­mé­trage de Guillaume Gal­lienne, lui aus­si de la Co­mé­die­Fran­çaise.

« Guillaume c’est comme un par­rain » qui lui a fait un « énorme ca­deau » en lui confiant le rôle prin­ci­pal dans

confie Ade­line d’Her­my. Elle in­ter­prète une jeune femme qui part de son pe­tit vil­lage pour de­ve­nir co­mé­dienne à Pa­ris, sans être bien ar­mée pour se dé­fendre dans ce monde nou­veau, pas tou­jours tendre.

« J’ai écrit ce scé­na­rio en pen­sant à Ade­line dès le dé­but parce que Ade­line est mo­deste, humble. Ce­la ne se crée pas, on ne peut pas le com­po­ser », ex­plique Guillaume Gal­lienne. « Elle est très im­pres­sion­nante » dans son rôle de tai­seuse, pour­suit le réa­li­sa­teur.

Le pa­tron de la Co­mé­die­Fran­çaise, l’ac­teur Eric Ruf, qui lui donne la ré­plique, tout comme Va­nes­sa Pa­ra­dis, voient en elle « une des grandes pro­messes du théâtre ».

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