La ma­jo­ri­té à l’épreuve d’un pro­jet contro­ver­sé à l’As­sem­blée

■ LOI IM­MI­GRA­TION

La Montagne (Creuse) - - La Une -

Les dé­bats sans vote au Par­le­ment ont confir­mé, hier, les di­vi­sions po­li­tiques sur l’in­ter­ven­tion fran­çaise en Sy­rie, sou­te­nue par la ma­jo­ri­té mais vi­ve­ment cri­ti­quée par Les Ré­pu­bli­cains, la gauche de la gauche, ain­si que le FN.

De­vant un hé­mi­cycle clair­se­mé, par­ti­cu­liè­re­ment à droite, Édouard Phi­lippe a as­su­ré que la France ne ren­trait « pas dans une lo­gique d’es­ca­lade » et res­tait at­ta­chée « au mul­ti­la­té­ra­lisme ». Il a aus­si ré­cu­sé tout « sui­visme » des États­Unis.

« Oc­ca­sion man­quée »

Mais le chef de file des dé­pu­tés LR, Chris­tian Ja­cob, a dé­plo­ré « une oc­ca­sion man­quée » dans une in­ter­ven­tion ap­plau­die par les dé­pu­tés com­mu­nistes, In­sou­mis et FN. « En in­ter­ve­nant sans man­dat, nous crai­gnons que la France se soit en­core un peu plus iso­lée dans cette ré­gion du monde », a ar­gu­men­té Chris­tian Ja­cob, qui a re­gret­té que « l’on ne tra­vaille pas à une so­lu­tion par­ta­gée avec la Rus­sie ».

« Nous avons agi sans man­dat de l’ONU, c’est sans doute pour la France le coup le plus im­por­tant por­té à sa di­plo­ma­tie » se­lon le lea­der LFI, Jean­Luc Mé­len­chon.

Ces ora­teurs ont éga­le­ment dé­plo­ré qu’il n’y ait pas eu de vote hier. Em­ma­nuel Ma­cron avait rap­pe­lé di­manche que si la Cons­ti­tu­tion ga­ran­tis­sait une « in­for­ma­tion » du Par­le­ment, c’est aus­si elle qui « dé­cide que le chef des ar­mées, c’est le chef de l’État ».

Le chef de file LREM, Ri­chard Fer­rand, a dé­non­cé de la part de ces op­po­si­tions des « élu­cu­bra­tions de mau­vaise foi » qui « viennent dé­lé­gi­ti­mer l’ac­tion de nos ar­mées, le tra­vail de nos ser­vices de ren­sei­gne­ment mais éga­le­ment des ONG qui, sur place, ont re­layé l’atro­ci­té de l’at­taque per­pé­trée par le ré­gime sy­rien ».

Pour le pré­sident du groupe MoDem, Marc Fes­neau, « res­ter sans agir c’était se condam­ner à être les spec­ta­teurs pas­sifs d’actes bar­bare et d’une cer­taine fa­çon les lé­gi­ti­mer ». Même rai­son­ne­ment pour le co­pré­sident du groupe UDI­Agir­In­dé­pen­dants, Franck Ries­ter, pour qui « ne rien faire au­rait été un aveu d’im­puis­sance ». Cheffe de file des so­cia­listes, Va­lé­rie Ra­bault a ce­pen­dant dé­plo­ré que « la France a agi pour le droit in­ter­na­tio­nal et sans le droit in­ter­na­tio­nal ».

Mêmes cli­vages au Sé­nat, où seuls so­cia­listes et cen­tristes ont ap­puyé l’in­ter­ven­tion dé­fen­due par le mi­nistre des Af­faires étran­gères, Jean­Yves Le Drian. « La France n’est pas iso­lée. Elle dis­pose d’al­liés et de sou­tiens. C’est au contraire la Rus­sie qui s’est peu à peu iso­lée […] en sou­te­nant coûte que coûte al­As­sad », a plai­dé le chef des sé­na­teurs PS, Pa­trick Kan­ner.

À l’in­verse, le sé­na­teur FN Sté­phane Ra­vier a vu dans cette in­ter­ven­tion « une faute ma­jeure » alors que « le ré­gime de Da­mas est le seul ca­pable de s’op­po­ser à Daech ». ■

PHO­TO D’AR­CHIVES AFP

ÉDOUARD PHI­LIPPE. « Nous avons en­voyé un mes­sage ferme, un mes­sage clair, un mes­sage fort. »

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