« J’ai peur qu’il me tue »

Dix té­moins en­ten­dus hier pour le meurtre de Ril­hac­Ran­con

La Montagne (Creuse) - - Limousin Faits Divers - Jean-Paul Spor­tiel­lo jean-paul.spor­tiel­lo@cen­tre­france.com

Les re­la­tions conju­gales entre Va­lé­rie-So­phie Bay­rand et son com­pa­gnon au coeur des dé­bats de la 3e jour­née du pro­cès de Franck Du­cha­teau, ac­cu­sé d’as­sas­si­nat.

«Tu sais Mar­tine, j’ai très peur qu’il me tue si je le quitte. Il en est ca­pable. » Quand sa meilleure amie la voit pour la der­nière fois, quatre jours avant le drame du 24 mai 2013, Va­lé­rieSo­phie Bay­rand est ter­ro­ri­sée. Une peur que la jeune femme a ex­pri­mée à plu­sieurs re­prises à son en­tou­rage de­puis qu’elle avait quit­té Franck Du­cha­teau, suite à sa liai­son avec Sté­phane Thi­bault, un ami proche du couple.

« La Nifle »

Tour à tour, les proches du couple ont évo­qué une femme en souf­france, hu­mi­liée et ra­bais­sée par son com­pa­gnon dé­crit, lui, comme un per­son­nage au­to­ri­taire, égoïste et por­té sur la bois­son, un san­guin, te­nant vo­lon­tiers des pro­pos ra­cistes.

Franck Du­cha­teau sur­nom­mait sa concu­bine « La Nifle », un so­bri­quet mo­quant sa len­teur et sa non­cha­lance. « C’était sa chose », a rap­por­té un té­moin.

Va­lé­rie­So­phie Bay­rand est dé­crite par ses amis comme une femme gen­tille, douce mais vul­né­rable. Le couple s’est ren­con­tré 22 ans plus tôt dans le ga­rage du père de So­phie à Châ­teau­pon­sac où Franck avait tra­vaillé quelque temps comme mé­ca­ni­cien, avant d’être em­bau­ché à la TCL comme son père. Six ans plus tard, So­phie don­nait nais­sance à Flo­rian, leur seul en­fant le­quel s’est au­jourd’hui consti­tué par­tie ci­vile contre son père avec le­quel il a cou­pé les ponts.

Un go­de­mi­ché en PVC

Les re­la­tions du couple se sont ten­dues suite à une liai­son entre Va­lé­rieSo­phie et Sté­phane Thi­baut dé­but 2013. En mars, Franck et Va­lé­rie­So­phie se sé­parent. Se­lon lui, ils se quittent car ils sont en désac­cord sur l’édu­ca­tion de Flo­rian. Se­lon les pro­pos de Va­lé­rie à ses proches, elle se­rait par­tie parce que Franck lui au­rait fait des pro­po­si­tions sexuelles avec un go­de­mi­ché en PVC mu­ni d’un pré­ser­va­tif qu’il au­rait lui­même confec­tion­né. « Elle va y avoir droit », se se­rai­til van­té.

Peur pour sa vie. Le 1er mai 2013, Franck Du­cha­teau au­rait gi­flé sa com­pagne quand il ap­prend sa liai­son avec ce­lui qu’il consi­dé­rait comme un ami. Après qu’elle a quit­té le pa­villon de Ril­hac­Ran­con pour vivre chez des proches, Franck Du­cha­teau mul­ti­plie les in­jures et sur­tout les me­naces. « Si elle me quitte je la tue et je me tue après », au­rait­il cla­mé à plu­sieurs re­prises. La veille du drame, Franck ef­fec­tue un vi­re­ment sur le compte de son fils, alors âgé de 16 ans. Va­lé­rie­So­phie qui a peur pour sa vie l’au­rait en­ten­du dire qu’il avait trois car­touches « une pour elle, une pour lui et une pour l’autre ».

Va­lé­rie au­rait confié à une amie avoir ca­ché une arme au­des­sus de l’ar­moire de leur chambre. Se­rait­ce cette arme qu’elle te­nait à la main lors de leur face à face meur­trier du ven­dre­di 24 mai 2013 (nos édi­tions pré­cé­dentes) ?

Un an­cien col­lègue de la TCL se sou­vient que 20 ans plus tôt, lors d’une soi­rée, Franck Du­cha­teau lui au­rait lâ­ché cette phrase : « Si un jour elle me quitte, je la tue ». C’était en 1998. Comme une pré­mo­ni­tion ? ■

PHO­TO : J.-P. S.

DÉ­FENSE. Franck Du­cha­teau s’en­tre­tient avec ses avo­cats.

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