Les Bleus vident les rayons mais rem­plissent les verres

La Montagne (Creuse) - - Le Fait Du Jour - Pau­line Ra­pi­nat et Sé­bas­tien Du­bois

Avec le par­cours des Bleus, les ventes d’ar­ticles de sport ont ex­plo­sé, au point que les pro­duits se font de plus en plus rares. La consom­ma­tion aus­si est au beau fixe, no­tam­ment dans les bars.

Le par­cours des joueurs de l’équipe de France fait du bien au mo­ral des Fran­çais, qui se pa­rent de la te­nue du par­fait sup­por­ter ( lire ci­contre). Et sou­lage éga­le­ment les por­te­feuilles. Très vite, les ma­ga­sins de sports ont été pris d’as­saut, à tel point que le maillot of­fi­ciel de l’équipe de France se fait rare, très rare.

Les maillots en voie de disparition

Du cô­té de Sport 2000, dans la zone de Pop’A à Guéret, le ma­ga­sin s’est très vite re­trou­vé dé­va­li­sé de son stock. Seuls quelques shorts et t ­s hirt d’en­traî­ne­ment trônent sur le pré­sen­toir. « Dès que les Bleus ont com­men­cé à se qua­li­fier, les gens sont ve­nus ache­ter des ar­ticles », pré­cise Ma­rian, ven­deuse dans le ma­ga­sin. « La France est de­ve­nue une na­tion qui vend le plus au monde », pour­suit son col­lègue An­tho­ny. Et les sup­por­ters sont prêts à tout pour pos­sé­der le pré­cieux sé­same, quitte à ne pas prendre la bonne taille. « Il y a des femmes qui prennent des tailles homme », pour­suit An­tho­ny. Et rares sont les clients qui ne re­partent pas sans leur flo­cage. « Il y a des gens qui achètent un maillot bleu à 7 € dans le ma­ga­sin d’à cô­té et qui viennent pour avoir un flo­cage » , pré­cise Ma­rian. « C’est un maillot col­lec­tor ! ». Par­mi les joueurs qui ont la côte, le trio de tête gagnant : Ky­ lian Mbap­pé, Paul Pog­ba et An­toine Griez­mann.

Même constat dans le ma­ga­sin In­ter­sport, tou­jours à Guéret, où seuls deux maillots et un pan­ta­lon ont ré­sis­té à l’as­saut des sup­por­ters. Flo­rian, ven­deur dans le ma­ga­sin, a consta­té l’ef­fer ves­cence des sup­por­ters après leur match contre l’Ar­gen­tine. « Ca s’est ac­cen­tué de­puis qu’ils se sont qua­li­fiés en quart. Per­sonne ne se dou­tait du ré­sul­tat. Les ventes ont ex­plo­sé ». Et les clients sont ca­pables de tout pour pos­sé­der le maillot tant dé­si­ré. « Il y a un jeune homme, plu­tôt car­ré, qui a pris une taille en­fant. Ca le mou­lait beau­coup », se sou­vient le ven­deur. Et ce­la ne concerne pas que la Creuse mais bel et bien tout le Li­mou­sin.

« De­puis mar­di, on tourne à plein pot »

Sur la place De­nis­Dus­soubs, à Li­moges, la bière a cou­lé à flots, mar­di soir, avant, après et pen­dant la de­mi­fi­nale qui a vu les Bleus vaincre les Belges et ob­te­nir leur vi­sa pour la fi­nale de Mos­cou. Au CRIL de Laurent Man­don, les re­cords sont tom­bés : 15 fûts et 500 litres de bière. « La plus grosse soi­rée de­puis notre ou­ver ture, il y a trois ans », sou­ligne le pro­prié­taire du bar. « C’est plus qu’une fête de la mu­sique, sou­ligne­t­il. Nos trois plus grosses soi­rées, c’est le titre du CSP en 2015, la fi­nale France­Por­tu­gal en 2016 et donc la de­mie de mar­di soir. Il y a tou­jours une cor­ré­la­tion entre un évé­ne­ment spor­tif et nos plus grosses re­cettes. »

Pre­mière consé­quence, les dis­tri­bu­teurs de bois­son connaissent une se­maine char­gée. « Ça a com­men­cé à fré­mir pour les quarts de fi­nale, ana­lyse Ra­phaël Gaillard, res­pon­sable au sein de l’en­tre­prise Mes­pou­let, à Li­moges. De­puis mar­di, on tourne à plein pot, on fait des ro­ta­tions pour des dé­pan­nages au­près des bars. Si le sport re­met un peu de gaie­té chez les gens, tant mieux. » Le re­tour du beau temps et le bon par­cours de la France per­mettent en outre de com­pen­ser un mois de juin mo­rose. Avec un ef­fet sur le long terme ? ■

PHOTO ALEX OVERTON

RUP­TURE DE STOCK. Dans le ma­ga­sin In­ter­sport, à Guéret, seuls deux maillots et un pan­ta­lon trônent dans le rayon des sup­por­ters.

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