PIERRE DESPRAT

« NOTRE TER­ROIR, UNE MINE D’OR »

La Montagne Entreprendre - - VINS -

Pierre Desprat, hé­ri­tier d’une fa­mille de né­go­ciants d’au­rillac,

s’est pro­gres­si­ve­ment im­po­sé comme le plus im­por­tant met­teur en mar­ché des vins d’au­vergne. Ce com­mer­cial-né porte une triple cas­quette de­puis qu’il a re­pris la di­rec­tion opé­ra­tion­nelle de la cave co­opé­ra­tive Saint-ver­ny et qu’il s’est as­so­cié avec Pierre Goi­goux, vi­gne­ron à Châ­teau­gay.

Où en est le vi­gnoble des côtes d’au­vergne ? L’image des côtes d’au­vergne a ter­ri­ble­ment pro­gres­sé lors des dix, quinze der­nières an­nées, pour deux rai­sons es­sen­tielles. La pre­mière, une frange de jeunes vi­gne­rons a été par­ti­cu­liè­re­ment in­ven­tive en terme de vi­ni­fi­ca­tion et culture de la vigne. La deuxième rai­son, c’est que l’image du ter­ri­toire au­ver­gnat a, elle-même, beau­coup chan­gé. La de­mande de clas­se­ment à l’unes­co, tout comme le fait que Lo­ne­ly pla­net classe l’au­vergne comme sixième ré­gion au monde à vi­si­ter en 2016 ont contri­bué à sus­ci­ter l’in­té­rêt des gens. Ce­la les in­cite à la dé­cou­verte des vins d’au­vergne. L’une des grandes réus­sites du vi­gnoble au­ver­gnat est la mul­ti­pli­ca­tion des vins de cé­page en IGP Puy-de-dôme donc hors de L’AOC côtes d’au­vergne... Oui, il y a de la sy­rah, du sau­vi­gnon, du pi­not gris. Le pi­not gris de l a cave Saint-ver­ny fait d’ailleurs un tel car­ton que nous n’en avons pas as­sez et que nous avons be­soin de sur­faces sup­plé­men­taires. Mais nous ne nous in­ter­di­sons rien pour l’ave­nir. Je pense no­tam­ment au cé­page ita­lien, neb­bio­lo. A Saint-ver­ny, nous avons le pro­jet de plan­ter 50 hec­tares sup­plé­men­taires dans les trois à cinq ans qui viennent. Nous man­quons de blancs, de tout ce qui est ori­gi­nal, comme le pi­not gris. Sur ce point et tous les autres, nous sommes com­plè­te­ment en phase avec Sé­bas­tien Vi­dal, le pré­sident de la cave Saint-ver­ny. L’atout maître du vi­gnoble au­ver­gnat pour l’ave­nir n’est-il pas d’être as­sis sur un vol­can ? Notre ter­roir vol­ca­nique, c’est une mine d’ or. Parce que d’ un coup, nous ne sommes plus en concur­rence avec le monde en­tier mais plus qu’avec 7 ou 8 vi­gnobles en Si­cile, aux Ca­na­ries, San­to­rin ou l’oré­gon. Ca, c’est la stra­té­gie de dé­ve­lop­pe­ment des côtes d’au­vergne. J’ai d’ailleurs trou­vé un slo­gan pour Saint- Ver­ny : les côtes d’au­vergne, le vi­gnoble des puys. J’es­père que les gens fi­ni­ront par se l’ap­pro­prier bien au-de­là de la cave. Dans les dix pro­chaines an­nées, en plus d’avoir un pro­duit de qua­li­té bien mar­ké­té, il fau­dra être ca­pable de ra­con­ter une his­toire et de dire pour­quoi nos vins ne res­semblent à au­cun autre. Votre grande idée est de fé­dé­rer les côtes d’au­vergne et saint- pour­çain avec les côtes du Fo­rez et les côtes roan­naises. Pour­quoi ? Ces deux vi­gnobles sont plus proches de l ’ Au­vergne que de Rhône- Alpes. J’ai cou­tume de dire que seul, on va plus vite mais en­semble, on va plus loin. Face aux deux gros vi­gnobles de Rhône-alpes, le beau­jo­lais et la val­lée du Rhône, les côtes du Fo­rez et les côtes roan­naises pour­raient s’af­fir­mer tout en conser­vant leurs propres spé­ci­fi­ci­tés et leur au­to­no­mie. L’idée est de tra­vailler en­semble au­tour d’une iden­ti­té, de pou­voir ra­con­ter une his­toire com­mune.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.