L’EN­TRE­PRISE SO­CIALE ET SO­LI­DAIRE

La Montagne Entreprendre - - SOMMAIRE - Jean-yves Vif Ré­dac­teur en chef La Mon­tagne

Le mo­dèle unique n’existe pas, sur­tout en éco­no­mie en dé­pit des cou­rants, de Keynes à l’al­ter­na­tif et au li­bé­ra­lisme fi­nan­cier. C’est plu­tôt une suc­ces­sion d’ini­tia­tives, sou­vent exem­plaires, telle l’éco­no­mie so­ciale et so­li­daire avec son ap­proche ré­for­miste qui ouvre les pistes de l’ en­tre­prise, groupe so­cial de demain, plus ré­ac­tif, plus créa­tif et hu­ma­niste.

EN­TRE­PRISE. Avec 8 mil­lions d’em­plois, soit 10 % de l’emploi sa­la­rié, en France, l’éco­no­mie so­ciale et so­li­daire (ESS) pro­gresse dans un monde éco­no­mique où elle se pose en al­ter­na­tive que cré­di­bi­lise sa ca­pa­ci­té à in­no­ver. Elle pèse fort en Au­vergne avec ses 17 % de l ’ emploi (20 % dans le Can­tal), soit 53.000 sa­la­riés is­sus de sec­teurs di­vers : banques, co­opé­ra­tives, mu­tuelles, as­su­rances gé­né­ra­le­ment des ini­tia­tives de ci­toyens et d’ac­teurs de ter­rain. Pré­ci­sé­ment, le do­maine dit as­so­cia­tif concentre l’ac­ti­vi­té (73 % du sa­la­riat) de­vant les co­opé­ra­tives (17 %), les mu­tuelles (8 %) et les Fon­da­tions (2 %).

SO­CIALE. A ceux qui ré­duisent L’ESS à une éco­no­mie de ré­pa­ra­tion, qui l ’ a certes fait naître, ou en­core au sec­teur de l’in­ser­tion, le dé­men­ti vient des nou­velles en­tre­prises, start- up ou repre- neur de sa­voir- faire, toutes avec un ob­jec­tif col­la­bo­ra­tif. Les mo­ti­va­tions les plus fré­quentes : le mode de gou­ver­nance qui as­so­cie l e per­son­nel, une sou­plesse d’ini­tia­tive et un par­tage des idées qui li­bère et sus­cite la ca­pa­ci­té d’in­no­va­tion. De l’idée au pro­jet, jus­qu’à la dé­ci­sion de la gou­ver­nance, le cir­cuit, rac­cour­ci et col­lec­tif, li­bère ré­ac­ti­vi­té et dia­logue per­ma­nent.

SO­LI­DAIRE. Le choix de L’ESS re­lève ce­pen­dant au­tant, peut-être avant tout, d’une vi­sion du monde, d’une ap­proche de la « re­la­tion tra­vail » et des liens entre les pro­duits et le mar­ché. Là, pas de ca­pi­taux ex­té­rieurs ni de ré­mu­né­ra­tion des ac­tion­naires mais une gou­ver­nance ac­ces­sible en rai­son d’un mi­ni­mum de filtres ! Les dif­fé­rences de po­si­tion­ne­ment sur l’ éco­no­mie de mar­ché entre le ré­seau na­tio­nal des Banques Po­pu­laires de Do­mi­nique Mar­ti­nie ou GESAC Trem­plin d’ab­dou Dial­lo, ap­pa­raissent certes évi­dentes. Mais les deux struc­tures ne se re­trouvent- telles pas sur leur proxi­mi­té au mar­ché ain­si que sur l’as­so­cia­tion étroite avec les clients ? Ain­si que par une vi­sion de leur ter­ri­toire qu’ils in­carnent. L’ESS qui de­vra par­fois se li­bé­rer des fi­nan­ce­ments pu­blics, ne rem­place pas le mar­ché, ni l’état, mais elle s’ouvre à des pra­tiques ver­tueuses orien­tées au­tour de la so­li­da­ri­té et de la du­ra­bi­li­té des ter­ri­toires qui, en Au­vergne bé­né­fi­cient d’un ac­cueil fa­vo­rable. Au nom des va­leurs so­ciales elles ins­pirent même dé­sor­mais tout un pan de l’en­tre­pre­na­riat.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.