LES AFFRANCHIS(E)

« DE­VE­NIR LE UBER DE LA RÉ­PA­RA­TION »

La Montagne Entreprendre - - START-UP -

Drôle d’en­droit pour une start-up. Chez Les Affranchis(e), on re­çoit dans le ves­tiaire du ga­rage La­bonne, à Au­bière. Avant de se li­vrer, Ben­ja­min La­bonne trace son che­min entre les voi­tures à la car­ros­se­rie endommagée. Idéal pour se mettre dans le bain : « Cette voi­ture, par exemple, c’est une dame qui a frot­té toute son aile… contre le mur du com­mis­sa­riat, ra­conte-t-il. Mais pour l’ex­pert en­voyé par l’as­su­rance, c’est une fausse dé­cla­ra­tion. » C’est le ré­su­mé du cré­neau des Affranchis(e) : dé­fendre les as­su­rés contre les abus - et c’est un eu­phé­misme - des grandes com­pa­gnies d’as­su­rance. Ben­ja­min La­bonne a re­pris en 2011 la car­ros­se­rie que son père avait créé en 1973, après un doc­to­rat en… phy­sique théo­rique. Des dé­bou­chés ré­duits le dé­cident de re­ve­nir à la car­ros­se­rie, après un CAP en car­ros­se­rie, pein­ture et mé­ca­nique. Ben­ja­min La­bonne a alors dé­cou­vert les pra­tiques des as­su­rances : « Qu’ils jouent avec le sys­tème pour faire des bé­né­fices, on peut en­core l’ex­pli­quer. Mais qu’ils ba­fouent le droit des vic­times, non. » Il a alors dé­ci­dé de re­non­cer à l’agré­ment ac­cor­dé par les as­su­reurs. Un choix qui a aus­si été ce­lui de Flo­rian Mourgues : après dix ans d’ex­per­tise au­to pour des as­su­reurs, il s’est af­fran­chi. « On s’est ren­du compte cha­cun de son cô­té du pro­blème, et on s’est ren­con­tré sur cet axe mi­li­tant » , ex­plique l’ex­pert, pré­sident de­puis un an du syn­di­cat des ex­perts en au­to­mo­bile in­dé­pen­dants. La so­cié­té, dans la­quelle évo­lue éga­le­ment Steve Saez, ex­pert en dom­mages cor­po­rels, a va­li­dé son cré­neau en pre­nant en main de nom­breux dos­siers de si­nistres de­puis un an et de­mi. « Nous avons ga­gné tous les re­cours, tout sim­ple­ment parce que la lé­gis­la­tion nous est fa­vo­rable. » Les Affranchis(e) s’oc­cupent en par­ti­cu­lier d’en­ga­ger un re­cours en cas d’ac­ci­dent non- res­pon­sable contre l’as­su­reur de l’au­to­mo­bi­liste fau­tif, ce que les as­su­reurs ne font plus suite à la mise en place d’un pacte de non-agres­sion.

> Can­di­dats au Bi­vouac

L’étape sui­vante, c’est le mar­ché na­tio­nal, po­ten­tiel­le­ment énorme no­tam­ment avec les ges­tion­naires de flottes et les mul­ti-si­nis­trés. « On a dé­ci­dé de se mettre en mode start-up, ex­plique Ben­ja­min La­bonne. On vou­drait de­ve­nir le Uber de la ré­pa­ra­tion, mais pas pour pro­po­ser des pres­ta­tions à moindre coût. Avec la di­gi­ta­li­sa­tion, on peut créer une ap­pli­ca­tion mo­bile qui per­met­tra de mettre une re­la­tion les ex­perts in­dé­pen­dants, les garages et les clients. » C’est pour l an­cer cette plate- forme nu­mé­rique que la so­cié­té sou­haite être ac­com­pa­gnée par le Bi­vouac, à Clermont-fer­rand, dans le cadre de l’ap­pel à pro­jets lié au la­bel French Tech sur la mo­bi­li­té du­rable. Leur idée a dé­jà fait du che­min : en juin, Les Affranchis ont rem­por­té le concours de “pitch” start-up au sa­lon des en­tre­pre­neurs de Lyon Au­vergne-rhône-alpes.

Ben­ja­min La­bonne (der­rière), Steve Saez (à gauche)

et Flo­rian Mourgues (à droite) sont Les Affranchis.

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