« La pré­sence du loup n’est pas ex­clue »

La Montagne (Haute-Loire) - - Région -

Les au­to­ri­tés n’ex­cluent pas qu’un loup soit à l’ori­gine des at­taques que su­bissent ces der­niers mois des éle­vages de l’Aubrac.

Ré­gine et Jean­Claude Che­vrère, éle­veurs à SaintUr­cize, ont re­trou­vé un de leurs agneaux mort, une plaie béante au ni­veau du coup. L’ani­mal, qui a été tué dans la nuit du 1er au 2 sep­tembre, porte éga­le­ment les stig­mates de l’at­taque au torse et au ventre.

« Plein le dos »

Pour ce couple, au­cun doute, c’est l’oeuvre d’un loup. Au mois d’avril, l’éle­vage a dé­jà per­du une agnelle dans des cir­cons­tances si­mi­laires. Elle aus­si re­trou­vée égor­gée et par­tiel­le­ment dé­vo­rée à quelques di­zaines de mètres du lieu d’ha­bi­ta­tion. Jean­Claude Che­vrère ne cache plus son aga­ce­ment.

« J’en ai plein le dos de me faire dé­vo­rer des bêtes. Les an­ciens tuaient le loup, il faut conti­nuer ». Le 2 sep­tembre, l’éle­veur contacte la gen­dar­me­rie de Chaudes­Aigues.

L’après­mi­di même, deux agents de l’Of­fice na­tio­nal de la chasse et de la faune sau­vage (ONCFS) ef­fec­tuent un constat de dom­mages et des pré­lè­ve­ments sur l’ovin. Quan­ti­té de viande consom­mée, taille des per­fo­ra­tions… Les ana­lyses sont im­mé­dia­te­ment confiées au ré­seau loup­lynx du Mas­sif cen­tral et des pièges pho­to­gra­phiques dis­po­sés au­tour de la car­casse lais­sée in si­tu.

Le pro­cé­dé a dé­jà fait ses preuves. À quelques cen­taines de mètres de là, au mois de juin, deux bre­bis ont été re­trou­vées mortes. Des bles­sures iden­tiques. « J’ai pu voir les cli­chés sur les­quels on iden­ti­fie un loup re­ve­nu la nuit sui­vante pour fi­nir la car­casse », ex­plique Ch­ris­tian Re­ver­sat, chez qui pais­saient les mou­tons, mais qui n’en est pas le pro­prié­taire.

Plu­sieurs at­taques ont eu lieu sur un pé­ri­mètre de 500 mètres. Ber­nard Por­te­neuve, conseiller mu­ni­ci­pal à Saint­Ur­cize, a lui aus­si per­du une agnelle d’une tren­taine de ki­los. « Je suis pour la pré­sence du loup mais je ne suis pas sa­tis­fait quand une bête meurt. Et ici, ça a un double im­pact, car on a la lé­gende de la Bête du Gé­vau­dan ».

Tous les éle­veurs vont être in­dem­ni­sés. « Le doute pro­fite à l’éle­veur car la pré­sence du loup n’est pas ex­clue », confirme la direction dé­par­te­men­tale des ter­ri­toires par la voix de Pa­trick La­lo.

Les ser­vices de l’État sont for­mels : « Un à deux in­di­vi­dus ont été iden­ti­fiés dans l’Aubrac lo­zé­rien, avey­ron­nais et can­ta­lien. C’est une zone à peu près cer­taine du loup ». Pour les éle­veurs, le doute ne semble plus per­mis.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.