Le Can­tal’ink n’au­ra pas lieu en 2018

La Montagne (Haute-Loire) - - Région -

Cer­tains ha­sards du ca­len­drier sont lourds de sens. Mi-juillet, Sté­phane Chau­de­saigues, or­ga­ni­sa­teur du fes­ti­val de ta­touage Can­tal’ink, confiait ses doutes.

Certes, cette édi­tion avait été la plus belle, mais faute de sou­tien pu­blic, comme d’équi­libre fi­nan­cier, il hé­si­tait à conti­nuer. Quelques jours plus tard, il re­ce­vait un cour­rier de la ré­gion Au­vergne­Rhô­neAlpes lui si­gni­fiant une fin de non­re­ce­voir quant à sa de­mande de sub­ven­tion. De­puis, les doutes se sont trans­for­més en cer­ti­tudes.

« Au fi­nal, on est seuls »

« En l’état ac­tuel des choses, il n’y au­ra pas de fes­ti­val l’an pro­chain », an­nonce Sté­phane Chau­de­saigues. Pas même a mi­ni­ma comme quand, voi­là deux ans, il avait or­ga­ni­sé « Ta­touage au vil­lage », une mo­deste édi­tion pour faire ré­agir le tis­su lo­cal.

« Non, là, il n’y a pas de coup de bluff. Juste une in­ter­ro­ga­tion de ma part. Pour­quoi notre fes­ti­val n’est­il pas plus sou­te­nu ? Parce qu’on n’en veut pas dans le Can­tal ? Parce que le ta­touage n’est pas bon pour l’image d’ici ? Parce qu’il reste trop sul­fu­reux, parce qu’on est des voyous ? Pour­tant, on tra­vaille pour l’image de la ville. Au­jourd’hui, Chaudes­Aigues, c’est l’eau, la gas­tro­no­mie, mais aus­si le ta­touage. »

En fait, il semble tout sim­ple­ment las de se battre, seul avec sa femme, pour or­ga­ni­ser un fes­ti­val qui a fait cette an­née 8.000 en­trées payantes. « Au­tant que le fes­ti­val de Saint­Ma­lo, 2.000 de moins que ce­lui d’Aix. Mais au fi­nal, on est seuls. »

Et las aus­si, de se sen­tir peu sou­te­nu par les col­lec­ti­vi­tés lo­cales. « Je suis très content que les Étoiles du sport ou le fes­ti­val du boo­gie­woo­gie soient lar­ge­ment sou­te­nus, et je leur sou­haite toute la réus­site pos­sible. Mais quand je com­pare aux aides qu’on touche (*), je me pose des ques­tions. Il nous manque peu pour at­teindre l’équi­libre, il nous manque peu pour of­frir la gra­tui­té to­tale sur le site. Mais on ne veut pas nous ai­der plus. On me dit, à la mai­rie, que je mets la barre trop haut. Mais c’est mon bou­lot d’es­sayer de faire un évé­ne­ment tou­jours plus réus­si. Et comme je ne me ré­sous pas a faire une édi­tion a mi­ni­ma, le Can­tal’ink est en stand­by. »

Une autre pos­si­bi­li­té au­rait été d’aug­men­ter les ren­trées pri­vées, no­tam­ment en ac­cep­tant les food trucks qui le sol­li­citent. « Je pour­rais le faire, mais ce n’est pas l’es­prit du fes­ti­val. J’ai la vo­lon­té de faire tra­vailler le mi­lieu éco­no­mique lo­cal. Pour ce qui est du ta­touage, c’est bon, on a fait des pe­tits, il y a quatre ou cinq conven­tions en Au­vergne main­te­nant. »

Pour le reste, son engagement dans la ci­té ther­male n’est pas com­pro­mis. Il garde son sa­lon, et va bien ou­vrir une crê­pe­rie, comme pré­vu. Mais son fes­ti­val est en som­meil, jus­qu’à nou­vel ordre.

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