Le sys­tème D au coeur du fonc­tion­ne­ment

La Montagne (Haute-Loire) - - Actualité -

Ray­mond Pic­co­li, à la tête du La­bo­ra­toire de re­cherche sur la foudre, sou­rit en pen­sant aux fa­ci­li­tés que lui donnent l’in­dé­pen­dance de la struc­ture.

« Cer­taines uni­tés de re­cherche ont des bud­gets de plu­sieurs di­zaines de mil­liers d’eu­ros pour réa­li­ser des pré­lè­ve­ments comme ce­lui­là, ex­plique­t­il. Nous, il y en a pour moins de 80 € par vol. »

Con­crè­te­ment, il faut payer le filtre, dont les fibres sont écar­tées de 20 mi­crons. Ce­la de­vrait coû­ter plus de 100 € pour chaque. Le la­bo­ra­toire re­cycle plu­tôt de vielles pièces de l’ar­mée. Coût : zé­ro. Reste à payer la pe­tite boîte qui isole le pré­lè­ve­ment une fois réa­li­sé : 1,50 €.

Cer­tains scien­ti­fiques du la­bo­ra­toire sont « as­so­ciés », dé­ta­chés d’uni­ver­si­tés pres­ti­gieuses, comme Har­vard, le MIT, Mi­lan, et payés par ces éta­blisse­ ments, qui gagnent un ac­cès aux don­nées, no­tam­ment. Gain pour le la­bo­ra­toire : des re­cherches qui dé­passent les dis­ci­plines. C’est ain­si que Ma­rie­Agnès Cour­ty, géo­logue à Per­pi­gnan, ap­porte une nou­velle ex­per­tise. Autre avan­tage, pas be­soin de payer le ma­té­riel, comme le mi­cro­scope car c’est ce­lui de l’uni­ver­si­té. Reste à fi­nan­cer le prix du co­lis.

En­fin, il faut un avion et du ké­ro­sène. L’Aé­ro­Club du Can­tal a tout de suite joué le jeu, et met à dis­po­si­tion le DR 400, qui n’a pas eu be­soin d’amé­na­ge­ments spé­ci­fiques pour pou­voir réa­li­ser les pré­lè­ve­ments. Pour Ray­mond Pic­co­li, c’est l’as­su­rance de pou­voir « ap­pe­ler le ma­tin et vo­ler l’après­mi­di si les condi­tions de vol sont in­té­res­santes. »

L’as­tro­phy­si­cien est « élève­pi­lote » à vie, ne passe pas le bre­vet et pré­fère le confort de se lais­ser pi­lo­ter. Coût du der­nier vol : 56,38 €. Au cen­time près.

Ef­fi­cace et pas cher

En­fin, le tra­cé du vol est sui­vi au cen­ti­mètre près, que ce soit en termes de par­cours ou d’al­ti­tude. Pas de lo­gi­ciel de la Na­sa ou du Pen­ta­gone der­rière tout ce­la : une ta­blette tac­tile, avec une ap­pli­ca­tion pour ran­don­neur qui in­tègre une carte pré­cise où Ray­mond Pic­co­li ajoute les im­pacts de foudres re­cen­sés. Tout sim­ple­ment.

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