Un per­son­nage mo­derne, dans ses in­ter­pré­ta­tions et son in­té­gri­té

La Montagne (Haute-Loire) - - Lemag' -

velle : « Quand elle a don­né son concert en Eu­ro­vi­sion à la fin des an­nées 50 à l’opé­ra de Pa­ris, le temps s’est ar­rê­té : tout le monde était de­vant sa té­lé… Pour se lais­ser em­por­ter par sa beau­té, son par­cours, sa voix. »

Avant de connaître l’amour et ce qui de­vien­dra le drame Onas­sis, Ma­ria Cal­las était dé­jà une grande tra­gé­dienne. Dès 1955, elle a éclip­sé les so­pra­nos co­lo­ra­ture. Elle a ame­né le drame au plus haut ni­veau, ré­in­ven­té

of­fert une de ré­fé­rence.

« Elle avait une grande voix. Je l’aime beau­coup mais je n’écoute pas que Cal­las. Il m’ar­rive de me pri­ver vo­lon­tai­re­ment de sa voix pour ne pas m’en­fer­mer dans son uni­vers. Elle a une éten­due ex­cep­tion­nelle sur trois oc­taves, un timbre im­mé­dia­te­ment re­con­nais­sable qu’elle a es­sayé de po­lir toute sa vie. Elle avait sur­tout cette ca­pa­ci­té de ne pas en faire uni­que­ment une grande voix, se di­sant : “oui j’ai un bo­lide mais je peux aus­si al­ler à 30 ki­lo­mètres/ heure pour lais­ser ex­plo­ser l’ex­pres­si­vi­té”. Elle l’a uti­li­sé comme une vé­ri­table mu­si­cienne qui peut al­lé­ger, vo­ca­li­ser. On ne pen­sait pas que ce type de voix était ca­pable de le faire. Elle est en­core de­vant toutes les autres, y com­pris Ne­treb­ko ou Yon­che­va dont cer­taines vo­ca­li­sa­tions sont en­core pa­taudes, lourdes. »

Entre 1958 et 1959, c’est donc la ren­contre avec cet homme qui lui fait voir autre chose que le tra­vail. Cette par­tie per­son­nelle de sa vie – dé­jà mar­quée par le re­jet de sa mère – l’a com­plè­te­ment in­fluen­cée pour la scène. Le drame a qua­si­ment cru­ci­fié son en­vie d’al­ler sur scène. Elle s’est don­né des contraintes ».

Pierre Thi­rion­Val­let ne veut re­te­nir que « le per­son­nage mo­derne, dans son in­ter­pré­ta­tion et dans son in­té­gri­té. Elle peut pa­raître quelque fois ter­ri­ble­ment da­tée avec ses ma­nières de di­va. Mais dans son tra­vail, sa fa­çon d’abor­der le tra­vail, elle a mar­qué une rup­ture ».

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