Une ville spor­tive vic­time de son suc­cès

La Montagne (Haute-Loire) - - Issoire - Maxime Es­cot maxime.es­cot@cen­tre­france.com

Avec la ren­trée, des clubs doivent faire face à l’af­flux de nou­veaux pra­ti­quants qu’ils n’ont pas for­cé­ment les moyens de re­ce­voir cor­rec­te­ment.

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n 2016, Issoire a été dé­si­gnée ville la plus spor­tive du Mas­sif Cen­tral. Et si l’on en juge par les af­fluences ren­con­trées dans tous les équi­pe­ments de la ville de­puis la ren­trée, cette ré­pu­ta­tion est loin d’être usur­pée. Sauf que ce­la n’est pas sans po­ser pro­blème pour un cer­tain nombre d’as­so­cia­tions, qui doivent pous­ser les murs pour ac­cueillir tout le monde.

Et ce mal­gré la mise à dis­po­si­tion à nou­veau des deux gym­nases du 28e ré­gi­ment de trans­mis­sions. « Nous sommes un peu vic­times de notre suc­cès », re­con­naît Ni­cole Boeuf, pré­si­dente de l’USI. Avec ses 37 clubs, l’as­so­cia­tion compte au­jourd’hui pas moins de 5.800 li­cen­ciés, alors qu’ils étaient un mil­lier de moins il y a trois ou quatre ans.

Au gym­nase Mu­rat, par exemple, la salle de boxe n’est plus as­sez grande pour abri­ter tous les li­cen­ciés. La faute no­tam­ment aux boxeurs fran­çais, To­ny Yo­ka et Es­telle Mos­se­ly en tête, dont les ex­ploits aux JO de Rio l’an der­nier ont sus­ci­té de nom­breuses vo­ca­tions. « On a mul­ti­plié nos ef­fec­tifs par deux après les Jeux, confirme Ger­main Ma­ri­ve­la, le pré­sident du club. Mais au­jourd’hui, pour faire des en­traî­ne­ments co­hé­rents, on ne pour­ra pas ac­cueillir tout le monde ».

Un pro­blème que ren­contre éga­le­ment Na­tha­lie Froi­de­vaux. La pré­si­dente de l’USI gym a re­çu plus de 200 ap­pels cet été, pour presque au­tant de re­fus. « Je ne peux prendre de nou­velles gymnastes que si cer­taines s’en vont », se dé­sole­t­elle. Dans l’his­to­rique gym­nase de l’Is­soi­rienne, ce sont par­fois trois ca­té­go­ries d’âge qui, si­mul­ta­né­ment, évo­luent sur le ta­pis prin­ci­pal. « On a 130 li­cen­ciées cette an­née mais on pour­rait en ac­cueillir le double si nous avions une salle plus grande, d’au­tant que nous dis­po­sons dé­jà des équi­pe­ments », as­su­ret­elle.

Si cer­tains doivent se dé­brouiller seuls dans des salles exi­guës, d’autres doivent par­ta­ ger des équi­pe­ments plus im­por­tants. C’est le cas au gym­nase Pierre­de­Cou­ber­tin où bad­min­ton et vol­ley se cô­toient ré­gu­liè­re­ment. Le mer­cre­di soir, les filles du pôle es­poir vol­ley jouent ré­gu­liè­re­ment aux cô­tés des ba­distes is­soi­riens. « Quand elles jouent, il ne nous reste plus que trois ter­rains, ré­ser­vés pour les in­ter­clubs », re­grette Ma­ry­vonne Gi­rar­din, co­pré­si­dente de l’USI bad­min­ton dont les ef­fec­tifs sont en hausse. « Ça marche très bien donc on ne va pas s’en plaindre mais il faut don­ner les moyens à tout le monde, au bad­min­ton comme au vol­ley », glisse­t­elle, consciente ce­pen­dant de l’in­so­lu­bi­li­té de la si­tua­tion.

Pour cer­tains, ces sou­cis pour­raient être pré­ju­di­ciables à l’ave­nir. « On fait avec ce qu’on a, en op­ti­mi­sant la place mais on ne peut pas ac­cueillir plus de jeunes car on ne peut pas les for­mer cor­rec­te­ment, constate Ju­lien Ver­ney, à la tête de l’USI vol­ley. Du coup, les gens partent car ils n’y trouvent pas leur compte et ne sont pas bien pris en charge ».

« On ne peut pas ac­cueillir plus de jeunes car on ne peut pas les for­mer »

GYM­NASE PIERRE-DE-COU­BER­TIN. Les ba­distes sont tel­le­ment nom­breux qu’ils jouent tou­jours en double, sans comp­ter qu’ils doivent par­fois par­ta­ger le gym­nase avec les vol­leyeurs de l’USI ou du pôle es­poir fé­mi­nin.

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