Temps de tra­vail : un ac­cord in­quiète les agents de la ville

La Montagne (Haute-Loire) - - La Une - Cé­dric De­dieu cedric.de­dieu@cen­tre­france.com

Une par­tie des agents de la Ville du Puy était mo­bi­li­sée hier, à l’ap­pel de la CGT, pour re­fu­ser l’har­mo­ni­sa­tion des règles de tra­vail avec le CCAS et l’Ag­glo­mé­ra­tion.

La Ville du Puy, le CCAS (Centre com­mu­nal d’action so­ciale) du Puy et la Communauté d’ag­glo­mé­ra­tion re­pré­sentent un ef­fec­tif d’en­vi­ron 1.200 sa­la­riés. Ces der­niers sont as­su­jet­tis à des règles dif­fé­rentes se­lon leur col­lec­ti­vi­té d’ori­gine.

Lo­ca­le­ment, la nou­velle ag­glo­mé­ra­tion agran­die et mu­tua­li­sée doit vo­ter ses prin­ci­pales règles de ges­tion du per­son­nel, « par sou­cis d’équi­té entre les agents ».

Pa­ral­lè­le­ment, ce type de col­lec­ti­vi­té doit ins­tau­rer un nou­veau ré­gime in­dem­ni­taire pour ses agents, « te­nant compte de leurs fonc­tions, des sug­ges­tions, de l’ex­per­tise et de l’en­ga­ge­ment pro­fes­sion­nel ».

Les élus du Puy ont donc sou­hai­té ou­vrir des né­go­cia­tions sur l’en­semble des me­sures à prendre.

La CGT de la mairie et du CCAS du Puy re­fuse, pour l’ins­tant, cette né­go­cia­tion et évoque « un re­cul so­cial » : « Nous re­fu­sons de pas­ser de 34 jours de congés payés à 28 jours, qui se­rait la consé­quence du pas­sage de 1.533 heures an­nuelles à 1.607 heures ». En clair, c’est l’ac­cord des 35 heures ob­te­nu en 2002 et amé­lio­ré en 2011 qui pose pro­blème. De plus, la CGT, par la voix de son dé­lé­gué Gé­rard Ri­vals, s’in­quiète concer­nant le ré­gime in­dem­ni­taire des agents, qui « pour­raient perdre, se­lon les cas, en­vi­ron 400 € de primes par an (ca­té­go­rie C) ».

Le syn­di­cat CGT a donc quit­té le groupe de tra­vail ins­tal­lé au prin­temps et s’op­pose à toute hy­po­thèse de mo­di­fi­ca­tion des règles de ges­tion du temps de tra­vail, compte te­nu de l’ab­sence d’obli­ga­tion lé­gale de la faire.

De son cô­té, Mi­chel Cha­puis, maire du Puy­en­Ve­lay, rap­pelle que la Chambre ré­gio­nale des Comptes consi­dère l’ac­cord 35 heures des agents de la ville comme étant « très fa­vo­rable, avec 1.533 heures par an au lieu de 1.607 se­lon la loi, ce qui in­dui­rait la perte pour la col­lec­ti­vi­té de 20 em­plois en équi­valent temps plein, soit un coût to­tal sa­la­rial es­ti­mé à 707.000 € ».

La col­lec­ti­vi­té ajoute que « Cet ac­cord fa­vo­rable n’a pas em­pê­ché la Ville et son CCAS de connaître un taux d’ab­sen­téisme im­por­tant (12,15 % en 2015) ni de voir les heures sup­plé­men­taires payées croître ex­po­nen­tiel­le­ment ».

Fort de ce constat, la Ville sou­haite un ac­cord dont l’ob­jet est la mise en place de primes liées à la ma­nière de ser­vir et à l’in­ves­tis­se­ment du per­son­nel, une vé­ri­table in­ci­ta­tion fi­nan­cière à la pro­tec­tion so­ciale des agents et un ac­cord 35 heures qui cor­res­ponde à la fois aux normes ju­ri­diques, tout en te­nant compte des si­tua­tions par­ti­cu­lières, no­tam­ment par l’ins­tau­ra­tion de jours d’an­cien­ne­té.

PHO­TOS CÉ­DRIC DE­DIEU

MOU­VE­MENT. Un ras­sem­ble­ment était or­ga­ni­sé à l’hô­tel de ville, hier ma­tin.

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